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Différences entre les versions de « Racisme »

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Le '''racisme''' est un phénomène qui peut désigner :
[[Image:Racism-Ron-Paul.jpg|right|thumb|Le racisme est une forme laide de [[collectivisme]]. C'est un état d'esprit qui considère strictement les humains comme les membres d'un groupe particulier plutôt que comme des individus.]]
* un ensemble de théories ou [[idéologie]] fondée sur des critères raciaux, comme par exemple le [[nazisme]], aboutissant dans un racisme d'extermination
Le racisme est un phénomène qui peut désigner :


* un fait observable, un comportement d'hostilité, de violence ou de profonde antipathie à l'égard d'une ethnie différente.
* Un ensemble de théories ou d'[[idéologie]] fondées sur la croyance en la séparation de l'humanité en groupes par essence distincts et caractérisés par des propriétés intrinsèque d'ordre naturel ou culturel. Ces propriétés caractéristiques sont innées, immuables, héréditairement transmissibles et déterminent des traits et comportements qui permettent une évaluation comparative, qui elle-même permet une hiérarchisation entre les groupes qui justifient la domination d'un groupe sur l'autre. Comme par exemple la classification raciale du [[nazisme]] qui met les peuples germaniques du Nord (Allemands, Norvégiens, Suédois, Anglais et Danois) au sommet de la hiérarchie, « racialement pur », alors que les Juifs, Tsiganes et Africains sub-sahariens sont tout en bas et justifient leur mise à l'écart des autres dans la société, leur déportation voire leur extermination.


Généralement, le racisme se caractérise comme un ensemble de préjugés et attitudes d'aversion et animosité visant une certaine catégorie de personnes jugées selon leur couleur de peau, forme de nez, des yeux, bouche et même selon leur caractéristique comportementale et culturelle. Formant une opinion fortement partagée, elle devient motif de marginalisation, division et même élimination.
* Un ensemble d'attitude négatives « déterminées par l’appartenance perçue de l’individu ciblé à tel ou tel groupe conventionnellement défini comme « racial ». Ces états mentaux à dominante affective – plutôt que cognitive – comprennent la haine, des formes d’animosité moins intenses, la peur, le dégoût, le mépris, l’irrespect ou une simple indifférence à l'égard du bien-être et des intérêts légitimes de la personne visée » <ref>https://www.sciencespo.fr/research/cogito/home/le-racisme-anti-blancs-existe-t-il/</ref>


[[Image:Racism-Ron-Paul.jpg|right|thumb|Le racisme est une forme laide de [[collectivisme]]. C'est un état d'esprit qui considère strictement les humains comme des membres d'un groupe particulier plutôt que comme des individus.]]
* Un système comprenant l'ensemble des facteurs causals qui contribuent à la production et à la reproduction d'inégalité entre groupes raciaux. Cette conception est désignée par le nom de « racisme systémique », qui est une conception holiste contraire à l'[[individualisme méthodologique]].


== Cadre conceptuel ==
Généralement, le racisme se caractérise par l'assignation à une catégorie raciale d'individus perçus comme appartenant à un groupe altérisé (comme autre que soi) considéré comme homogène, selon des critères comme la couleur de peau ou la manière d'être etc. <ref>https://www.liberation.fr/debats/2017/11/23/blanchite-racise-racisme-d-etat-m-blanquer-ces-concepts-sont-legitimes-dans-le-debat-public_1612004/</ref>. Quand il forme une opinion fortement partagée, ce racisme peut se traduire par un [[étatisme]] menant à une politique de marginalisation (apartheid) et même d'élimination.
{{...}}
La notion de race n'est pas facile à cerner, elle peut même être pourvue d'une certaine ambiguïté. En effet, l'usage du mot génère des positions différentes au point qu'il est difficile d'établir une définition définitive et sans équivoques. Le même type de difficultés est apparu avec le mot {{guil|espèce}}. Nous sommes donc face à une définition à géométrie variable.


Selon une certaine optique, parler de ''races'' est un peu comme parler de ''classes'', de classifications, étiquetages et hiérarchisations. C'est ainsi sans doute que le terme est apparu scientifiquement. Nous avons là un élément classificatoire de la nature humaine et l'existence de différentes couleurs de peau ou de cheveux. Notons que la classification de la nature humaine peut aussi être faite entre peuples, populations, ethnies ou cultures. Nous notons encore qu'en classant ce sont des particularités qui apparaissent, de ces mêmes particularités naissent aussi des particularismes. Nous pouvons à ce stade affirmer que la notion de ''races'' naît de l'idée de diviser les différents groupes humains en groupes particuliers.
À ne pas confondre avec la xénophobie, qui est plus proche d'un processus de stéréotypisation que de racialisation.


{{...}}
== Cadre conceptuel ==
La race, telle que les racialistes des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles l'entendaient, constitue un modèle médiocre de la véritable variation génétique chez l'humain. Le modèle des sous-ensembles imbriqués donne un ajustement bien meilleur<ref>https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19226648/</ref>, et il est incompatible avec la conception racialiste.


Pour plus d'informations lire : [http://gusevlab.org/projects/hsq/#h.v8wagygagcry Concepts: race and genetic ancestry] et [https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2322874121#sec-4 Genes, culture, and scientific racism]


== Libéralisme et problème racial ==
== Libéralisme et racisme ==


{{...}}
En se focalisant sur le groupe et non sur l'individu, et en promouvant généralement une [[société fermée]] à l'opposé de la [[société ouverte]] libérale théorisée par [[Karl Popper]], le racisme s'inscrit en contradiction avec les idées libérales. Le racisme est assurément condamnable du point de vue [[éthique]] et humain. Les libéraux préconisent en particulier d'éviter la racialisation de tout rapport social, pour se centrer sur l'individu. Comme l'écrit le libertarien américain [[Ron Paul]] : « Le racisme n'est qu'une forme détestable de collectivisme, une mentalité qui ne voit les êtres humains qu'en tant que membres d'un groupe plutôt que comme des individus. Les racistes croient que sont semblables tous les individus qui partagent de superficielles caractéristiques physiques ; en tant que collectivistes, ils ne pensent qu'en termes de groupes ».


: {{guil|L'oppression, ou le fait d'y aspirer, est le premier symptôme par lequel on peut voir qu'une société n'est pas parvenue à la vraie solution des problèmes qui l'agitent}}. [[Isaiah Berlin]]
Pour [[Ayn Rand]] « Le racisme n'est pas un problème légal mais un problème moral ». Ainsi, une stratégie pour résoudre ce problème moral pourrait être d'utiliser les outils de la science comme la génétique, non pas pour justifier une hiérarchie raciale instituée par l’État et contraire à l'[[égalité en droit]], mais pour mieux connaître les différences entre les populations. Une autre stratégie concernant le racisme serait de promouvoir les interactions entre les membres des différentes populations placés sur un pied d'égalité, tenus de coopérer pour atteindre un but commun sous une autorité accepté par tous, tel que la ''Intergroup Contact Theory'' le décrit. C'est par exemple ce que fait [[Singapour]]<ref>https://www.sg101.gov.sg/social-national-identity/multicultural/</ref>. Les succès de l'équipe suisse de football composée de personnes issues de l'immigration a amélioré la perception des réfugiés en Suisse<ref>https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0147176719300458</ref> ou la réussite du musulman Mohamed Salah, dans l'équipe de Liverpool a réduit l'[[islamophobie]] chez les supporters<ref>https://www.cambridge.org/core/journals/american-political-science-review/article/can-exposure-to-celebrities-reduce-prejudice-the-effect-of-mohamed-salah-on-islamophobic-behaviors-and-attitudes/A1DA34F9F5BCE905850AC8FBAC78BE58</ref>.


Bien que les dérives du racisme ne se résument pas uniquement à des échanges verbaux sarcastiques et vexants, ils s'inscrivent dans une volonté de nuisance. Ces comportements pernicieux, pouvant devenir systématiques, peuvent aussi prendre une place délétère dans la vie quotidienne. Le racisme, s'il se retrouve en territoire d'indifférence et complaisance, peut devenir un véritable outil d'oppression et de division de la société. Même en absence d'emploi direct de la force et [[violence]], les comportements peuvent vite tomber dans un bourbier de violence incontrôlable.
Comme l'écrivait la philosophe américaine [[Ayn Rand]] :


Le racisme est assurément condamnable du point de vue [[éthique]] et humain, mais ni tous les rapports humains sont simples, il est alors nécessaire d'éviter de tomber dans la racialisation de tout rapport social, comme si tout pouvait être expliqué dans ce sens. Avoir des éclaircissements nous évite de voir du racisme partout, nous évite aussi de faire de l'antiracisme une solution simplificatrice de lutte contre toutes les discriminations.
{{citation bloc | Le racisme est la forme la plus abjecte et la plus brutalement primitive du [[collectivisme]]. Le racisme reconnaît un groupe et attribue ses vertus ou ses défauts, sa supériorité ou son infériorité à son origine raciale. Or il n'y a que des esprits individuels et des réalisations individuelles. [...] Le racisme est porté par le collectivisme et son corollaire l'[[étatisme]]. Son seul antidote est la philosophie individualiste et son corollaire le [[capitalisme]] de laissez-faire.|[[Ayn Rand]]}}


Du point de vue du [[droit]], le sujet est délicat et difficile à traiter si celui-ci reste uniquement focalisé sur l'appréciation des préjudices moraux subis par l'effet cumulatif de jugements dévalorisants ou dégradants. Toutefois il peut être plus facile à traiter dans la mesure où le racisme se traduit en actes [[Violence|violents]] qui lèsent autrui dans sa personne ou dans sa [[propriété]]. En effet, d'un point de vue juridique, obtenir un matériau complet d’enquête afin d'apporter des preuves n'est pas toujours chose aisée.
Le racisme ne se résume pas uniquement à des échanges verbaux sarcastiques et vexants. Il peut aussi s'inscrire dans une volonté de nuisance. Quand le racisme se traduit par des actions qui atteignent un individu ([[propriété de soi]]) ou sa propriété, les libéraux s'accordent aussi pour condamner clairement les actes en question. Ces comportements pernicieux pouvant devenir systématiques prennent une place délétère dans la vie quotidienne. S'il se retrouve en territoire d'indifférence et complaisance, le racisme peut devenir un véritable outil d'oppression et de division de la société. Même en l'absence d'emploi direct de la force et de la [[violence]], les comportements peuvent vite tomber dans un bourbier de violence incontrôlable.


D'un point de vue social, [[Crime|criminaliser]] l'expression du dit {{guil|racisme ordinaire}} revient à vouloir établir une sorte de police de la pensée morale, ce qui implique des restrictions contre la [[liberté d'expression]]. Mais il est presque tout aussi certain que l'idéal de liberté d'expression soit fortement compromis dans un monde de conflit permanent d'opinions sans qu'un critère de vérité vienne mettre un terme à ce conflit. En effet, si la condition de liberté des opinions repose sur la vacuité ou une boucle incessante d'opinions inconsistantes, laissant place à un monde de vaines et futiles opinions où tout n'est qu'apparences, la valeur même de la recherche d'une connaissance valable perd tout son intérêt légitime. De cette manière, sans l'étalon d'un critère de vérité, mais toujours au nom de la liberté d'expression, n'importe quel discours justifiant la mise en place d'un génocide de masse ne trouverait aucun obstacle auprès d'un vaste auditoire prêt à l'action.
D'un point de vue social, [[Crime|criminaliser]] l'expression du dit racisme ordinaire revient cependant à vouloir établir une sorte de police de la pensée morale, ce qui implique des restrictions contre la [[liberté d'expression]], et renforce bien plus encore les racistes qui peuvent jouer sur une victimisation supposée. Au final, si les libéraux se refusent à en appeler à une condamnation pénale des idées racistes, qu'elles soient exprimées oralement ou par écrit, ils s'y opposent moralement tout en refusant leur prohibition. À la censure politique, ils préfèrent par conséquent la libre expression des opinions, fussent-elles les plus contraires à leurs principes. Un libertarien comme [[François Guillaumat]] écrit ainsi : « Lorsqu'un crime ou un délit raciste est commis, ce n'est pas son racisme qui en fait un crime ou un délit. C'est le crime qui fait le crime et non le motif du crime, ni la race de la victime, et pas davantage l'arme du crime. »


{{...}}
Le philosophe [[Lysander Spooner]] écrivait aussi :
{{citation bloc | Les vices sont les actes par lesquels un homme nuit à sa propre personne ou à ses biens. Les crimes sont les actes par lesquels un homme nuit à la personne ou aux biens d’autrui. Les vices sont simplement les erreurs que commet un homme dans la recherche de son bonheur personnel. Contrairement aux [[crime]]s, ils n’impliquent aucune intention criminelle envers autrui, ni aucune atteinte à sa personne ou à ses biens.|}}


==Racisme inversé : la haine de sa propre race==
== Racisme inversé ? ==
{{PertinenceSection|date=25/02/2021}}


La culpabilisation de soi-même, ou de sa propre "race", est une forme de racisme qui résulte de la haine de soi-même, conjuguée paradoxalement à une forme de sentiment de supériorité plus ou moins conscient. Le prétexte le plus souvent invoqué est l'antiracisme : pour défendre les autres "races", on commence par abaisser la sienne, ce qui est une façon pathologique d'affirmer sa supériorité.
La culpabilisation de soi-même, ou de sa propre « race », est une forme de racisme qui résulte de la haine de soi-même, conjuguée paradoxalement à une forme de sentiment de supériorité plus ou moins conscient. Le prétexte le plus souvent invoqué est l'antiracisme : pour défendre les autres « races », on commence par abaisser la sienne, ce qui est une façon pathologique d'affirmer sa supériorité.


La notion de [[privilège]] en sciences sociales (et notamment celle de "[http://fr.wikipedia.org/wiki/Privil%C3%A8ge_blanc privilège blanc]"), avancée par les "guerriers de la justice sociale" ("check your privilege"), relève du même type de racisme : on aurait, de par sa naissance ou son statut social, certains [[privilège]]s par rapport à d'autres catégories sociales. Selon cette théorie, les "privilégiés" n'ont pas forcément l'intention de nuire aux "non privilégiés", mais ils le font quand même parce qu'ils ne sont pas conscients de leur « privilège » : ce sont donc des racistes qui s'ignorent. Ce point de vue, loin de toute [[isonomie]], prétendant combattre un "racisme systémique", cherche à instaurer des [[discrimination]]s des personnes selon leur classe sociale, leur âge, leur état de santé, leur catégorie raciale ou ethnique, leur sexe, leur orientation sexuelle, leur religion, etc.<ref>Voir ici une parodie qui caricature cette pratique : [https://www.youtube.com/watch?v=iKcWu0tsiZM Modern Educayshun].</ref>
La notion de [[privilège]] en sciences sociales (et notamment celle de « privilège blanc »), avancée par les « guerriers de la justice sociale »(''Social Justice Warriors'', ''check your privilege''), relève du même type de raisonnement holistique qu'on peut rapprocher du racisme par certains aspects : de par sa naissance ou son statut social, on aurait certains [[privilège]]s par rapport à d'autres catégories sociales. Selon cette théorie, les « privilégiés » n'ont pas forcément l'intention de nuire aux « non privilégiés », mais ils le font quand même parce qu'ils ne sont pas conscients de leur « privilège » : ce sont donc des racistes qui s'ignorent. Par de nombreux aspects, ce raisonnement pèche par les mêmes excès et généralisation que le racisme usuel. Ainsi de certains qui demandent à ce que seul un traducteur noir puisse traduire un écrivain noir car lui seul pourrait le comprendre<ref>[https://www.contrepoints.org/2021/03/07/392591-polemique-amanda-gorman-faut-il-etre-noir-pour-traduire-un-noir « Polémique Amanda Gorman : faut-il être Noir pour traduire un Noir ? Entretien avec Sophie Bastide-Foltz, traductrice. »]</ref>.


Ce racisme inversé aboutit à des inégalités de traitement. Par exemple, les fautes des [[Occident]]aux sont estimées impardonnables, alors que celles des non-Occidentaux sont vénielles, le sous-entendu étant que ces derniers sont tellement inférieurs aux Occidentaux qu'on ne peut exiger d'eux le même niveau de moralité (ou bien, étant donnée leur infériorité manifeste, il faut rétablir une sorte de justice en leur faveur en leur donnant un "contre-privilège"). Cela explique de nombreux jugements injustes en Occident : le criminel non-Occidental est pardonné quelle que soit la gravité de ses crimes, alors qu'une "faute" légère d'un Occidental (concernant l'[[écologie]], la [[liberté d'expression]], la [[discrimination]], etc.) est sévèrement sanctionnée. Une bavure policière commise sur un individu considéré comme appartenant à une minorité ethnique ou raciale soulève l'indignation et mène parfois à de larges émeutes ; une bavure commise sur une autre personne ne rencontre que la plus grande indifférence. L'[[esclavage]] est imputé aux seuls Occidentaux (alors qu'il existait largement en Afrique et dans les pays arabes avant leur arrivée). Les Occidentaux contemporains sont également rendus responsables du [[colonialisme]], qui était l'affaire des siècles passés (et d'un très petit nombre de "colonialistes") et ne concerne plus du tout les générations actuelles.
== Bibliographie ==


Ce type de discrimination repose aussi bien sur la haine de soi-même d'une partie de la population que sur le racisme ordinaire de prétendus "opprimés" qui cherchent ainsi à prendre une revanche sur les autres. [[Nietzsche]] explique que, par une sorte de [[loi du plus faible]], ceux qui s'estiment opprimés transforment leur ressentiment en une volonté de puissance qui peut mener à une forme de racisme inversé :
* [[1981]], [[Anne Wortham]], The Other Side of Racism: A Philosophical Study of Black Race Consciousness, Ohio State University Press
:Les déshérités, les décadents de toute espèce sont en révolte contre leur condition et ont besoin de victimes pour ne pas éteindre, sur eux-mêmes, leur soif de destruction (ce qui en soi, pourrait paraître raisonnable). Mais il leur faut une apparence de droit, c'est-à-dire une théorie qui leur permette de se décharger du poids de leur existence, du fait qu'ils sont conformés de telle sorte, sur un bouc émissaire quelconque. Ce bouc émissaire peut être Dieu — il ne manque pas en Russie de pareils athées par ressentiment —, ou l'ordre social, ou l'éducation et l'instruction, ou les Juifs, ou les gens nobles, ou bien, en général, tous ceux qui ont réussi de quelque façon que ce soit. « C'est un crime d'être né sous des conditions favorables : car de la sorte on a déshérité les autres, on les a mis à l'écart, condamnés au vice et même au travail. »


Le racisme d'autoculpabilité, comme le racisme "classique", relève du [[collectivisme]] : on endosse volontairement les présumées "fautes" de ses ancêtres ou de ceux qui appartiennent à la même "race" que nous.
* [[1982]], [[George Reisman]], Capitalism: The Cure for Racism, The Intellectual Activist, Vol. 2, n°20, September 8


== Bibliographie ==
* [[1981]], [[Anne Wortham]], The Other Side of Racism: A Philosophical Study of Black Race Consciousness, Ohio State University Press
* [[1982]], [[George Reisman]], Capitalism: The Cure for Racism, The Intellectual Activist, Vol. 2, n°20, September 8
* [[1987]], [[Mark D. Hughes]], [http://mises.org/journals/fm/fm787.pdf Racial Discrimination vs. the Free Market], The Free Market, Juillet, pp8, 6
* [[1987]], [[Mark D. Hughes]], [http://mises.org/journals/fm/fm787.pdf Racial Discrimination vs. the Free Market], The Free Market, Juillet, pp8, 6
* [[1989]], Jennifer Roback, Racism and Rent Seeking, Economic Inquiry, Vol 27, n°4
* [[1989]], Jennifer Roback, Racism and Rent Seeking, Economic Inquiry, Vol 27, n°4
* [[1990]], Lee Nichols, [https://cdn.mises.org/The%20Freeman%201990_2.pdf "The Military's Secret War Against Racism. Reporting the story of the successful racial integration of the armed forces"], [[The Freeman]], July, Vol 40, n°7, pp244-246
* [[1995]], Dinesh D’Souza, "The End of Racism", New York: Free Press


* [[2008]], [[Clint Bolick]], [ftp://ftp.sagepub.com/SAGE_US%20Library%20and%20Reference%20Documents/EBSCO%20SRO/Hamowy%20-%20PDF%20-%20Encyclopedia%20of%20Libertarianism%20%28libertarianism%29/Hamowy%20%28Encyc%29%20Final%20Pdf.pdf#page=449 "Racism"], In: [[Ronald Hamowy]], dir., [ftp://ftp.sagepub.com/SAGE_US%20Library%20and%20Reference%20Documents/EBSCO%20SRO/Hamowy%20-%20PDF%20-%20Encyclopedia%20of%20Libertarianism%20%28libertarianism%29/Hamowy%20%28Encyc%29%20Final%20Pdf.pdf "The Encyclopedia of Libertarianism"], [[Cato Institute]] - Sage Publications, pp411-412
* [[2008]], [[Clint Bolick]], [ftp://ftp.sagepub.com/SAGE_US%20Library%20and%20Reference%20Documents/EBSCO%20SRO/Hamowy%20-%20PDF%20-%20Encyclopedia%20of%20Libertarianism%20%28libertarianism%29/Hamowy%20%28Encyc%29%20Final%20Pdf.pdf#page=449 "Racism"], In: [[Ronald Hamowy]], dir., [ftp://ftp.sagepub.com/SAGE_US%20Library%20and%20Reference%20Documents/EBSCO%20SRO/Hamowy%20-%20PDF%20-%20Encyclopedia%20of%20Libertarianism%20%28libertarianism%29/Hamowy%20%28Encyc%29%20Final%20Pdf.pdf "The Encyclopedia of Libertarianism"], [[Cato Institute]] - Sage Publications, pp411-412
* [[2012]], [[Jean-Philippe Feldman]], "Racisme et antisémitisme", In: [[Mathieu Laine]], dir., "Dictionnaire du libéralisme", Paris: Larousse, pp510-511


== Citations ==
== Citations ==
* {{citation bloc | Les vices ne sont pas  des crimes : comme toutes sortes d'autres raisons d'en commettre, le vice peut inspirer le crime, mais il ne le constitue pas : il n'y a [[crime]] que s'il y a violation du Droit légitime de quelqu'un.|[[François Guillaumat]]}}
* {{citation bloc | Lorsqu'un crime ou un délit raciste est commis, ce n'est pas son racisme qui en fait un crime ou un délit. C'est le crime qui fait le crime et non le motif du crime, ni la race de la victime, et pas davantage l'arme du crime.|[[François Guillaumat]]}}
* {{citation bloc | Lorsqu'un crime ou un délit raciste est commis, ce n'est pas son racisme qui en fait un crime ou un délit. C'est le crime qui fait le crime et non le motif du crime, ni la race de la victime, et pas davantage l'arme du crime.|[[François Guillaumat]]}}


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* {{citation bloc | Ceux en particulier qui depuis des décennies, ont admis l'incitation à la haine de classe et à la discrimination contre les riches n'auront pas à s'étonner si l'origine ethnique devient à son tour un prétexte à des politiques de discrimination. Il n'y a pas de différence, en morale ni en Droit, entre la discrimination politique contre les riches et celle qui frappait les juifs. Le nazisme est d'abord un socialisme.|[[François Guillaumat]]}}
* {{citation bloc | Ceux en particulier qui depuis des décennies, ont admis l'incitation à la haine de classe et à la discrimination contre les riches n'auront pas à s'étonner si l'origine ethnique devient à son tour un prétexte à des politiques de discrimination. Il n'y a pas de différence, en morale ni en Droit, entre la discrimination politique contre les riches et celle qui frappait les juifs. Le nazisme est d'abord un socialisme.|[[François Guillaumat]]}}
* {{citation bloc | Les vices sont les actes par lesquels un homme nuit à sa propre personne ou à ses biens. Les crimes sont les actes par lesquels un homme nuit à la personne ou aux biens d’autrui. Les vices sont simplement les erreurs que commet un homme dans la recherche de son bonheur personnel. Contrairement aux [[crime]]s, ils n’impliquent aucune intention criminelle envers autrui, ni aucune atteinte à sa personne ou à ses biens.|[[Lysander Spooner]]}}
* {{citation bloc | Le racisme est la forme la plus abjecte et la plus brutalement primitive du [[collectivisme]]. Le racisme reconnaît un groupe et attribue ses vertus ou ses défauts, sa supériorité ou son infériorité à son origine raciale. Or il n'y a que des esprits individuels et des réalisations individuelles. [...] Le racisme est porté par le collectivisme et son corollaire l'[[étatisme]]. Son seul antidote est la philosophie individualiste et son corollaire le [[capitalisme]] de laissez-faire.|[[Ayn Rand]]}}


* {{citation bloc | Le racisme n'est pas un problème légal mais un problème moral et ne peut être combattu que par des moyens privés, tels que le boycott économique ou l'[[ostracisme]] social.|[[Ayn Rand]]}}
* {{citation bloc | Le racisme n'est pas un problème légal mais un problème moral et ne peut être combattu que par des moyens privés, tels que le boycott économique ou l'[[ostracisme]] social.|[[Ayn Rand]]}}
* {{citation bloc | Le racisme n'est qu'une forme détestable de [[collectivisme]], une mentalité qui ne voit les êtres humains que comme les membres d'un groupe plutôt que comme des individus. Les racistes croient que sont semblables tous les individus qui partagent de superficielles caractéristiques physiques ; en tant que collectivistes, ils ne pensent qu'en termes de groupes.|[[Ron Paul]]}}


* {{citation bloc | Les classes et les races trop faibles pour maîtriser les nouvelles conditions de vie doivent laisser le champ libre. (...) [Elles doivent] périr dans l’holocauste révolutionnaire.|[[Karl Marx]]|Journal}}
* {{citation bloc | Les classes et les races trop faibles pour maîtriser les nouvelles conditions de vie doivent laisser le champ libre. (...) [Elles doivent] périr dans l’holocauste révolutionnaire.|[[Karl Marx]]|Journal}}


* {{citation bloc | Je vous défie de soutenir jusqu'au bout votre thèse qui repose sur l'égalité, la liberté, l'indépendance des races inférieures. Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures.|[[Jules Ferry]]|Débats parlementaires du 28 juillet 1885}}
* {{citation bloc | La notion de race a un immense avantage pour les nations subalternes ou décadentes qui trouvent en elle un remède grossier mais efficace au sentiment d’infériorité qui les ronge. La supériorité d’une race ne se mesure pas, en effet, aux services rendus, elle est indépendante du jugement motivé de l’histoire. Pour l’établir, il suffit de prouver qu’elle s’est conservée intacte, fût-ce dans la médiocrité, qu’importe ? Eût-elle vécu des siècles sous la plus humiliante sujétion, on se contentera de dire qu’elle a été opprimée injustement, que des peuples artificieux, qui ne la valaient pas, ont abusé de sa robuste simplicité, de sa vigoureuse innocence, comme Ulysse fit de Polyphème ou Dalila de Samson. Car les mystiques de la race ont toujours marqué un grand dédain pour l’Esprit. La mystique complémentaire de la mystique de la Race est celle de l’Instinct.|Georges Bernanos|Race contre nation}}
 
* {{citation bloc | La notion de race a un immense avantage pour les nations subalternes ou décadentes qui trouvent en elle un remède grossier mais efficace au sentiment d’infériorité qui les ronge. La supériorité d’une race ne se mesure pas, en effet, aux services rendus, elle est indépendante du jugement motivé de l’histoire. Pour l’établir, il suffit de prouver qu’elle s’est conservée intacte, fût-ce dans la médiocrité, qu’importe ? Eût-elle vécu des siècles sous la plus humiliante sujétion, on se contentera de dire qu’elle a été opprimée injustement, que des peuples artificieux, qui ne la valaient pas, ont abusé de sa robuste simplicité, de sa vigoureuse innocence, comme Ulysse fit de Polyphème ou Dalila de Samson. Car les mystiques de la race ont toujours marqué un grand dédain pour l’Esprit. La mystique complémentaire de la mystique de la Race est celle de l’Instinct.|Georges Bernanos|Race contre nation}}
 
* {{citation bloc | Il y a beaucoup de travail pour les antiracistes, s'ils veulent bien enlever leurs lunettes idéologiques pour regarder la réalité en face, et cesser de travailler au profit des racistes (...). Veulent-ils intégrer les immigrés en maîtrisant l'immigration, ou bien (ce qui est sûrement le rêve des adeptes du "fusionnement" léniniste) ouvrir les frontières au tiers-monde, c'est-à-dire démolir notre civilisation "bourgeoise"? Elle est déjà menacée. Trois composants forment un mélange explosif. D'abord, le comportement incivique ou criminel de certains immigrés. Puis le comportement démagogique des antiracistes-idéologues qui ne grondent pas les coupables, mais injurient les victimes, calomnient et gênent l'action nécessaire de la police, empêchent la solution démocratique des problèmes, engendrés par l'immigration massive du tiers-monde. Ensuite, c'est le désespoir de la population devant la surdité, la lâcheté des pouvoirs, terrorisés par les idéologues et incapables de neutraliser les bourreaux de la cité.|[[Jacob Sher]]|Comment stopper les racistes, réflexions d'un ex-immigré, 1997}}


* {{citation bloc | "Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu'elles exercent, ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation". Voilà en propres termes la thèse de M. Ferry, et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs.|[[Georges Clemenceau]]|La colonisation est-elle un devoir de civilisation ?, Discours à la Chambre des députés, 31 juillet 1885}}
* {{citation bloc | "Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu'elles exercent, ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation". Voilà en propres termes la thèse de M. Ferry, et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs.|[[Georges Clemenceau]]|La colonisation est-elle un devoir de civilisation ?, Discours à la Chambre des députés, 31 juillet 1885}}


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Version actuelle datée du 18 janvier 2025 à 20:24

Le racisme est une forme laide de collectivisme. C'est un état d'esprit qui considère strictement les humains comme les membres d'un groupe particulier plutôt que comme des individus.

Le racisme est un phénomène qui peut désigner :

  • Un ensemble de théories ou d'idéologie fondées sur la croyance en la séparation de l'humanité en groupes par essence distincts et caractérisés par des propriétés intrinsèque d'ordre naturel ou culturel. Ces propriétés caractéristiques sont innées, immuables, héréditairement transmissibles et déterminent des traits et comportements qui permettent une évaluation comparative, qui elle-même permet une hiérarchisation entre les groupes qui justifient la domination d'un groupe sur l'autre. Comme par exemple la classification raciale du nazisme qui met les peuples germaniques du Nord (Allemands, Norvégiens, Suédois, Anglais et Danois) au sommet de la hiérarchie, « racialement pur », alors que les Juifs, Tsiganes et Africains sub-sahariens sont tout en bas et justifient leur mise à l'écart des autres dans la société, leur déportation voire leur extermination.
  • Un ensemble d'attitude négatives « déterminées par l’appartenance perçue de l’individu ciblé à tel ou tel groupe conventionnellement défini comme « racial ». Ces états mentaux à dominante affective – plutôt que cognitive – comprennent la haine, des formes d’animosité moins intenses, la peur, le dégoût, le mépris, l’irrespect ou une simple indifférence à l'égard du bien-être et des intérêts légitimes de la personne visée » [1]
  • Un système comprenant l'ensemble des facteurs causals qui contribuent à la production et à la reproduction d'inégalité entre groupes raciaux. Cette conception est désignée par le nom de « racisme systémique », qui est une conception holiste contraire à l'individualisme méthodologique.

Généralement, le racisme se caractérise par l'assignation à une catégorie raciale d'individus perçus comme appartenant à un groupe altérisé (comme autre que soi) considéré comme homogène, selon des critères comme la couleur de peau ou la manière d'être etc. [2]. Quand il forme une opinion fortement partagée, ce racisme peut se traduire par un étatisme menant à une politique de marginalisation (apartheid) et même d'élimination.

À ne pas confondre avec la xénophobie, qui est plus proche d'un processus de stéréotypisation que de racialisation.

Cadre conceptuel

La race, telle que les racialistes des XIXe et XXe siècles l'entendaient, constitue un modèle médiocre de la véritable variation génétique chez l'humain. Le modèle des sous-ensembles imbriqués donne un ajustement bien meilleur[3], et il est incompatible avec la conception racialiste.

Pour plus d'informations lire : Concepts: race and genetic ancestry et Genes, culture, and scientific racism

Libéralisme et racisme

En se focalisant sur le groupe et non sur l'individu, et en promouvant généralement une société fermée à l'opposé de la société ouverte libérale théorisée par Karl Popper, le racisme s'inscrit en contradiction avec les idées libérales. Le racisme est assurément condamnable du point de vue éthique et humain. Les libéraux préconisent en particulier d'éviter la racialisation de tout rapport social, pour se centrer sur l'individu. Comme l'écrit le libertarien américain Ron Paul : « Le racisme n'est qu'une forme détestable de collectivisme, une mentalité qui ne voit les êtres humains qu'en tant que membres d'un groupe plutôt que comme des individus. Les racistes croient que sont semblables tous les individus qui partagent de superficielles caractéristiques physiques ; en tant que collectivistes, ils ne pensent qu'en termes de groupes ».

Pour Ayn Rand « Le racisme n'est pas un problème légal mais un problème moral ». Ainsi, une stratégie pour résoudre ce problème moral pourrait être d'utiliser les outils de la science comme la génétique, non pas pour justifier une hiérarchie raciale instituée par l’État et contraire à l'égalité en droit, mais pour mieux connaître les différences entre les populations. Une autre stratégie concernant le racisme serait de promouvoir les interactions entre les membres des différentes populations placés sur un pied d'égalité, tenus de coopérer pour atteindre un but commun sous une autorité accepté par tous, tel que la Intergroup Contact Theory le décrit. C'est par exemple ce que fait Singapour[4]. Les succès de l'équipe suisse de football composée de personnes issues de l'immigration a amélioré la perception des réfugiés en Suisse[5] ou la réussite du musulman Mohamed Salah, dans l'équipe de Liverpool a réduit l'islamophobie chez les supporters[6].

Comme l'écrivait la philosophe américaine Ayn Rand :

«  Le racisme est la forme la plus abjecte et la plus brutalement primitive du collectivisme. Le racisme reconnaît un groupe et attribue ses vertus ou ses défauts, sa supériorité ou son infériorité à son origine raciale. Or il n'y a que des esprits individuels et des réalisations individuelles. [...] Le racisme est porté par le collectivisme et son corollaire l'étatisme. Son seul antidote est la philosophie individualiste et son corollaire le capitalisme de laissez-faire. »
    — Ayn Rand

Le racisme ne se résume pas uniquement à des échanges verbaux sarcastiques et vexants. Il peut aussi s'inscrire dans une volonté de nuisance. Quand le racisme se traduit par des actions qui atteignent un individu (propriété de soi) ou sa propriété, les libéraux s'accordent aussi pour condamner clairement les actes en question. Ces comportements pernicieux pouvant devenir systématiques prennent une place délétère dans la vie quotidienne. S'il se retrouve en territoire d'indifférence et complaisance, le racisme peut devenir un véritable outil d'oppression et de division de la société. Même en l'absence d'emploi direct de la force et de la violence, les comportements peuvent vite tomber dans un bourbier de violence incontrôlable.

D'un point de vue social, criminaliser l'expression du dit racisme ordinaire revient cependant à vouloir établir une sorte de police de la pensée morale, ce qui implique des restrictions contre la liberté d'expression, et renforce bien plus encore les racistes qui peuvent jouer sur une victimisation supposée. Au final, si les libéraux se refusent à en appeler à une condamnation pénale des idées racistes, qu'elles soient exprimées oralement ou par écrit, ils s'y opposent moralement tout en refusant leur prohibition. À la censure politique, ils préfèrent par conséquent la libre expression des opinions, fussent-elles les plus contraires à leurs principes. Un libertarien comme François Guillaumat écrit ainsi : « Lorsqu'un crime ou un délit raciste est commis, ce n'est pas son racisme qui en fait un crime ou un délit. C'est le crime qui fait le crime et non le motif du crime, ni la race de la victime, et pas davantage l'arme du crime. »

Le philosophe Lysander Spooner écrivait aussi :

«  Les vices sont les actes par lesquels un homme nuit à sa propre personne ou à ses biens. Les crimes sont les actes par lesquels un homme nuit à la personne ou aux biens d’autrui. Les vices sont simplement les erreurs que commet un homme dans la recherche de son bonheur personnel. Contrairement aux crimes, ils n’impliquent aucune intention criminelle envers autrui, ni aucune atteinte à sa personne ou à ses biens. »

Racisme inversé ?

La culpabilisation de soi-même, ou de sa propre « race », est une forme de racisme qui résulte de la haine de soi-même, conjuguée paradoxalement à une forme de sentiment de supériorité plus ou moins conscient. Le prétexte le plus souvent invoqué est l'antiracisme : pour défendre les autres « races », on commence par abaisser la sienne, ce qui est une façon pathologique d'affirmer sa supériorité.

La notion de privilège en sciences sociales (et notamment celle de « privilège blanc »), avancée par les « guerriers de la justice sociale »(Social Justice Warriors, check your privilege), relève du même type de raisonnement holistique qu'on peut rapprocher du racisme par certains aspects : de par sa naissance ou son statut social, on aurait certains privilèges par rapport à d'autres catégories sociales. Selon cette théorie, les « privilégiés » n'ont pas forcément l'intention de nuire aux « non privilégiés », mais ils le font quand même parce qu'ils ne sont pas conscients de leur « privilège » : ce sont donc des racistes qui s'ignorent. Par de nombreux aspects, ce raisonnement pèche par les mêmes excès et généralisation que le racisme usuel. Ainsi de certains qui demandent à ce que seul un traducteur noir puisse traduire un écrivain noir car lui seul pourrait le comprendre[7].

Bibliographie

  • 1981, Anne Wortham, The Other Side of Racism: A Philosophical Study of Black Race Consciousness, Ohio State University Press
  • 1982, George Reisman, Capitalism: The Cure for Racism, The Intellectual Activist, Vol. 2, n°20, September 8
  • 1989, Jennifer Roback, Racism and Rent Seeking, Economic Inquiry, Vol 27, n°4
  • 1995, Dinesh D’Souza, "The End of Racism", New York: Free Press

Citations

  • «  Lorsqu'un crime ou un délit raciste est commis, ce n'est pas son racisme qui en fait un crime ou un délit. C'est le crime qui fait le crime et non le motif du crime, ni la race de la victime, et pas davantage l'arme du crime. »
        — François Guillaumat

  • «  Il faut supprimer le délit de racisme, tout simplement parce qu'on ne peut pas punir quelqu'un pour ce qu'il a dans la tête. Chacun d'entre nous doit avoir le droit de penser du mal de son voisin – donc de ceux qui sont plus éloignés – et de le dire, les seules limites étant données par les convenances sociales. Toute attitude raciste me paraît insupportable et stupide, mais je ne me reconnais pas le droit de la punir. Plus généralement, toute attitude qui consiste à évaluer une personne humaine à partir de son appartenance à une catégorie arbitrairement définie me paraît insupportable et stupide, mais je ne me reconnais pas d'autre droit que celui de faire des efforts de persuasion. »
        — Pascal Salin, Libéralisme, 2000

  • «  Ceux en particulier qui depuis des décennies, ont admis l'incitation à la haine de classe et à la discrimination contre les riches n'auront pas à s'étonner si l'origine ethnique devient à son tour un prétexte à des politiques de discrimination. Il n'y a pas de différence, en morale ni en Droit, entre la discrimination politique contre les riches et celle qui frappait les juifs. Le nazisme est d'abord un socialisme. »
        — François Guillaumat

  • «  Le racisme n'est pas un problème légal mais un problème moral et ne peut être combattu que par des moyens privés, tels que le boycott économique ou l'ostracisme social. »
        — Ayn Rand

  • «  Les classes et les races trop faibles pour maîtriser les nouvelles conditions de vie doivent laisser le champ libre. (...) [Elles doivent] périr dans l’holocauste révolutionnaire. »
        — Karl Marx, Journal

  • «  La notion de race a un immense avantage pour les nations subalternes ou décadentes qui trouvent en elle un remède grossier mais efficace au sentiment d’infériorité qui les ronge. La supériorité d’une race ne se mesure pas, en effet, aux services rendus, elle est indépendante du jugement motivé de l’histoire. Pour l’établir, il suffit de prouver qu’elle s’est conservée intacte, fût-ce dans la médiocrité, qu’importe ? Eût-elle vécu des siècles sous la plus humiliante sujétion, on se contentera de dire qu’elle a été opprimée injustement, que des peuples artificieux, qui ne la valaient pas, ont abusé de sa robuste simplicité, de sa vigoureuse innocence, comme Ulysse fit de Polyphème ou Dalila de Samson. Car les mystiques de la race ont toujours marqué un grand dédain pour l’Esprit. La mystique complémentaire de la mystique de la Race est celle de l’Instinct. »
        — Georges Bernanos, Race contre nation

  • «  "Les races supérieures ont sur les races inférieures un droit qu'elles exercent, ce droit, par une transformation particulière, est en même temps un devoir de civilisation". Voilà en propres termes la thèse de M. Ferry, et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ? races inférieures, c'est bientôt dit ! Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation, et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs. »
        — Georges Clemenceau, La colonisation est-elle un devoir de civilisation ?, Discours à la Chambre des députés, 31 juillet 1885

Notes et références

Voir aussi

Liens externes


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