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FAQ Révolution

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Comment passer du régime étatiste au régime anarcho-capitaliste ?

Contexte historique des processus des révolutions

Généralement, les révolutions se sont déroulées, d'abord, de façon "libérale", puis elles ont été "gauchies" et ont basculé vers des Terreurs idéologiques d'État et vers des totalitarismes brutaux et liberticides, avec constitution de partis uniques, une police politique, et une mainmise idéologique sur toute la société.

Ainsi la Révolution française a débuté, sous la Constituante, par la Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen de 1789, et a dérivé vers la Terreur, sous la Convention Montagnarde, avec le Comité de salut public.

Le même processus a eu lieu en Russie, par la Révolution Libérale de Kerensky, en Février 1917, puis a basculé vers la Révolution d'Octobre de 1917 sous la férule des communistes (Tchéka puis NKVD).

De même en Allemagne démocratique, mais de façon particulière : l'effondrement du Régime du Kaiser, en 1918, a laissé la place à la République de Weimar, avant que les Nationaux-Socialistes, en 1933, fassent aussi basculer l'Allemagne vers la Terreur nazie (SA, SS et Gestapo).

Ce processus historique peut-il être inversé sans violence ?

"Comment passer du régime étatiste au régime anarcho-capitaliste ?"

Une "révolution" n'impliquant en général qu'un changement de pouvoir par la violence et l'arrivée à la tête de la machine étatique d'autres dirigeants à la place des dirigeants renversés, les anarcho-capitalistes ne croient pas à l'efficacité des actions violentes. Ils croient davantage au pouvoir des idées pour faire comprendre aux citoyens que l'État n'est ni juste, ni nécessaire, ni profitable (excepté pour les classes dirigeantes). Il n'y a donc pas de méthode toute faite de transition du régime étatiste au régime anarcho-capitaliste. En revanche, toute diminution de l'emprise de l’État va dans le bon sens. L'action individuelle (économie souterraine, marché noir ou gris, évasion fiscale, désobéissance civile) est un autre facteur qui peut accélérer le « dépérissement » de l'État (voir aussi agorisme), tandis que l'action collective pourrait mener à des "privatisations révolutionnaires".

La disparition de l'État ne signifie pas le désordre ni l'écroulement de la société. Il ne faut pas confondre l'État, organisation coercitive comparable à une mafia, et les fonctions utiles qu'il prend en charge de façon monopolistique.

Les fonctions que remplit l'État peuvent être divisées en 3 catégories :

  • les fonctions rentables : elles peuvent être prises en charge par des entreprises ;
  • les fonctions non rentables : si elles ont un quelconque intérêt (ou plutôt si assez de personnes y trouvent intérêt), elles peuvent être prises en charge par des organisations à but non lucratif (associations, fondations…) ;
  • les fonctions inutiles (banque centrale, diplomatie, organismes de "régulation") ou nuisibles (fisc, douane, inspection du travail…) : elles disparaîtront d'elles-mêmes.

Il peut être impossible de déterminer a priori si une fonction est rentable ou non (culture, sport, musées, gestion des monuments publics, etc.) : c'est le marché, c'est-à-dire l'intérêt des gens pour ces fonctions, qui en décidera. À titre d'exemple, une institution étatique telle que l'Académie française pourrait aussi bien devenir une entreprise culturelle qu'une association de sauvegarde de la langue française (ou disparaître complètement faute d'intérêt suffisant).

Un problème particulier est posé par les fonctions régaliennes (police, justice, défense), celles qui constituent en quelque sorte le "cœur de métier" de l'État, monopole de la violence, censé disparaître en régime anarcho-capitaliste. Certains théoriciens voient les sociétés d'assurance comme les acteurs principaux sur ce terrain (voir Robert P. Murphy, "Chaos Theory: Two Essays on Market Anarchy"). On peut mentionner aussi des milices volontaires, la généralisation de la possession d'armes, le mercenariat, la mise à prix de la tête de chefs d'État agresseurs, etc. Il est faux de penser qu'une armée centralisée "classique" soit le seul moyen de répliquer à l'attaque d'États étrangers agresseurs.

La caractéristique principale du régime anarcho-capitaliste est l'absence totale de monopoles de droit, y compris dans le domaine de la sécurité, les fonctions de sécurité étant réparties entre différentes agences de protection se partageant le marché de la sécurité. Une seule agence ne peut s'emparer du monopole de la sécurité, sous peine d'être combattue par les autres ; à défaut, on retombe dans un système étatique classique, ou, si on est plus optimiste, dans un État minimal nozickien.

Dans Vers une société sans État, David Friedman donne des pistes pour un passage graduel à une société anarcho-capitaliste.

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Voir aussi

Citations

  • Perdure la croyance en l’État "notre" ami, toute réforme est impossible. Abandonnée la superstition, seule l’abolition est concevable. (François-René Rideau)

Liens externes


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