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Religion

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Athéisme Et Sens Moral
Monothéisme
Un vrai libéral croit-il en Dieu ?
Traité D'athéologie, Michel Onfray
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Preuve Objective De L'existence De Dieu

Définition

Une religion est un ensemble de croyances (dogmes, doctrines) d'ordre métaphysique, de pratiques (rites...) et d'attitudes morales, propres en général à une communauté humaine, qui peuvent reposer sur des textes ou une transmission orale. Les croyances touchent à la place de l'homme dans le monde, sa nature, son origine ou sa destinée, le comportement qu'il doit adopter dans sa vie.

D'autres définitions, beaucoup plus réductrices que la précédente, caractérisent la religion par :

  • la croyance au "sacré" (dualisme entre un domaine humain et un domaine suprahumain) ;
  • la croyance au "surnaturel" (dualisme entre la nature et un ordre supérieur à la nature : intervention divine, magie, esprits...) ;
  • la croyance en l'existence d'une vie après la mort.

Position libérale

Les libéraux, quelles que soient leurs tendances et leur école, sont partisans de la tolérance religieuse et de la liberté de conscience. Ils font leur le mot de Condorcet, pour qui "la religion ne doit pas plus être l'objet des lois que la manière de s'habiller ou de se nourrir".

Une religion peut être examinée pour juger de sa plus ou moins grande conformité avec les principes du libéralisme, notamment sur les points suivants :

  • tolérance de la libre pensée et du libre examen (cas extrême : fanatisme religieux, suppression de la liberté d'expression) ;
  • lien plus ou moins étroit entre la religion et la politique (cas extrême : théocratie ou hiérocratie) ;
  • statut des femmes ou des minorités (cas extrême : oppression, statut inférieur) ;
  • conséquences de l'apostasie (cas extrême : mise à mort des apostats[1]).

Les religions ont-elles eu une influence sur le libéralisme ?

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Intéressant Article Sur Le "nouvel" Athéisme

Ce point est très discuté, et les arguments ne manquent pas en faveur :

  1. du christianisme, sous sa version catholique (accent sur l'amour de son prochain, théories du droit naturel - qui ont remis au goût du jour le droit romain privé pour mieux contrer la puissance des princes civils) ou protestante (libéralisme théologique, éthique protestante, ascèse du travail, selon Max Weber) ;
  2. voire de religions plus anciennes (judaïsme, taoïsme, etc.). D'autres religions sont sous certains aspects contraires à l'esprit libéral (l'hindouisme et le système des castes, certains articles du droit musulman ), d'autres y sont indifférentes (bouddhisme, qui prôna cependant l'abolition des castes).

Il est certain que l'éthique et le respect d'autrui qui accompagne d'ordinaire une religion a pu être favorable au développement des idées libérales. Cependant une telle condition (l'environnement religieux) n'est ni nécessaire ni suffisante - les sphères religieuses et politiques étant relativement bien séparées aujourd'hui, au moins en Occident. Le point commun entre le libéralisme et la plupart des religions réside dans l'éthique libérale.

Les auteurs libéraux séparent en général leur conception du libéralisme de toute considération religieuse, excepté les objectivistes randiens qui rejettent la religion et la foi comme fantaisistes et irrationnelles, tendant de plus à considérer que l'homme est un être inférieur[2].

Religion et économie

La religion est, pour l'entrepreneur, un schème de pensée. Une culture religieuse donne une idée du futur et de la possibilité de le modifier. Une religion à fort contenu fataliste développe peu le sentiment de modifier "sa destinée" au contraire d'autres cultures religieuses.

La religion chrétienne, pour ne prendre que celle-ci, autorise l'individu à agir sur le cours des événements, et ceci même dans le cas du calvinisme où l'on professe la prédestination (voir L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme).

Cela ne veut pas dire que d'autres religions ne soient pas aussi favorables à l'entreprise mais elles peuvent contenir des critères de résignation fataliste et inhibitrice. La liberté formelle, instituée dans une constitution, par exemple, n'est donc pas la seule garantie de la liberté de marché. Il existe d'autres conditions de développement comme la culture religieuse[3].

Religion et socialisme

Bien que le socialisme collectiviste, le socialisme scientifique se targue d’origines récentes et que le communisme, accomplissement du socialisme, ne prétende parfois remonter au début du XIXe siècle, il est hors de doute que les différentes écoles socialistes comptent de nombreux précurseurs, surtout parmi les sectes chrétiennes du Moyen âge. En France, en Allemagne, dans les Pays-Bas et ailleurs ont abondé les socialistes ou communistes qui prétendaient tirer des idées évangéliques leurs idées d’égalité économique, de mise en commun de la richesse collective. Ils ont d’ailleurs des successeurs contemporains. Les épisodes historiques auxquels Albigeois, Vaudois, Anabaptistes, Niveleurs et bien d’autres encore ont attaché leur nom et dû de passer à la postérité en sont une preuve suffisante ; au temps de Cromwell, Winstanley le piocheur rédigeait une charte collectiviste.

(...)

D’ailleurs, l’idée d’égalité économique a toujours persisté, latente, parmi les chrétiens hétérodoxes : c’est une tradition qui paraît remonter loin, à l’agglomération judéo-chrétienne de Jérusalem qui, au lendemain de la disparition du fondateur du christianisme, se constituait en groupement collectiviste volontaire. Légende, peut-être, qui ne ferait que prouver l’ancienneté de la tradition. Quoi qu’il en soit, la forme scientifique du collectivisme ou du communisme contemporain n’est qu’une adaptation économique à l’esprit des temps actuels du christianisme, surtout du catholicisme. Sous une terminologie différente le socialisme et le christianisme préconisent l’amour entre les hommes, tous les hommes, qu’ils appellent chacun et tous au banquet de la vie sans réclamer d’effort autre qu’une adhésion extérieure à un programme, nous allions dire l'obéissance à un credo. C’est avec raison qu’on a pu qualifier le socialisme : « la religion du fait économique ».
Émile Armand, L’Initiation individuelle anarchiste (1923), partie 1.8. "Les origines du socialisme. Les précurseurs socialistes".

Notes et références

  1. Voir par exemple Les musulmans ont-ils le droit d’apostasier en France ?.
  2. Ayn Rand interviewed by James Day 1/2
  3. François Facchini, dans un working paper en 1998, cite I. Adelman et C. T. Morris, (1973, Economic Growth and Social Equity in developing Countries, Stanford University press, Stanford, California, p38) arguant que les religions aidant les individus à croire qu'ils contrôlent leur destin leur offrent la possibilité d'être responsables des résultats de leurs actions en produisant "des attitudes plus favorables aux développements que les religions où l'homme ne peut pas influer sur son destin".

Bibliographie

  • 1997, Laurence R. Iannaccone, Roger Finke et Rodney Stark, "Deregulating Religion: The Economics of Church and State", Economic Inquiry, 35, April, pp350–364
  • 1998, Laurence R. Iannaccone, "Introduction to the Economics of Religion", Journal of Economic Literature, 36, September, pp1465–1496
  • 1999, Davis N. Zemon, “Religion and Capitalism Once Again ? Jewish Merchant Culture in the Seventeenth Century”, In: S. B. Ortner, dir., "The Fate of Culture : Geertz and Beyond", Berkeley, University of California Press, pp56-85

Voir aussi

Liens externes

Citations

  • Quiconque ose dire « hors de l'Église point de salut », doit être chassé de l'État. (Rousseau)
  • Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu'ils le font par conviction religieuse. (Blaise Pascal)
  • Nous devons respecter la religion de notre prochain, mais seulement dans le sens et dans la mesure où nous respectons sa conviction que sa femme est belle et ses enfants intelligents. (Henry Louis Mencken)
  • Toutes les personnes sont respectables, mais aucune croyance n'est respectable. (Alain)
  • Il y a de plus en plus de gens pour qui la religion remplace la morale. Ils te parlent du licite et de l’illicite, du pur et de l’impur, avec des citations à l’appui. Moi j’aimerais qu’on se préoccupe plutôt de ce qui est honnête, et de ce qui est décent. Parce qu’ils ont une religion, ils se croient dispensés d’avoir une morale. (Amin Maalouf)


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