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Victor Hugo

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Victor Hugo (Besançon, 26 février 1802 – Paris, 22 mai 1885), le plus célèbre écrivain français du XIXe siècle, a été aussi une figure politique de son temps. Ses idées ont fluctué et n’ont cessé également d’être contradictoires. Aussi, par certains aspects, il est parfois proche du libéralisme.

Victor Hugo
auteur, homme politique

Dates 1802-1885
Victor Hugo
Tendance
Nationalité France France
Articles internes Autres articles sur Victor Hugo

Citation
Interwikis sur Victor Hugo

Un parcours politique sinueux

Élevé par sa mère bretonne dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie. Pendant la Restauration, il soutient Charles X. En cela, il s'inscrit dans la ligne politique de Chateaubriand.

Il devient confident de Louis-Philippe en 1844, puis pair de France en 1845. Son premier discours en 1846 est pour défendre le sort de la Pologne écartelée entre plusieurs pays, puis en 1847 il défend le droit au retour des bannis dont celui de Jérôme Napoléon Bonaparte. Lors de la Révolution de 1848, Victor Hugo, pair de France, prend d'abord la défense de la Monarchie de Juillet.

Au début de la Révolution de 1848, il est nommé maire du 8e arrondissement de Paris, puis député de la Seconde République et il siège parmi les conservateurs. Lors des émeutes ouvrières de juin 1848, Victor Hugo, lui-même, va participer à la répression, en commandant des troupes face aux barricades, dans l'arrondissement parisien dont il se trouve être le maire. Il devait en regretter plus tard le caractère sanglant.

Il fonde, avec ses fils, le journal L'Événement en août 1848 qui mène une campagne contre le président du conseil, le républicain Cavaignac, et soutient la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à l'élection présidentielle de 1848. Étant contre le principe de l'assemblée législative unique, il ne vote pas la Constitution du 4 novembre 1848.

Après la dissolution de l'assemblée nationale, il est élu en 1849 à l'assemblée législative et prononce son « Discours sur la misère ». Il rompt avec Louis-Napoléon Bonaparte lorsque celui-ci soutient le retour du pape à Rome et il se bat progressivement contre ses anciens amis politiques dont il réprouve la politique réactionnaire. En janvier 1850, Victor Hugo combat la loi Falloux sur l'enseignement ; en mai, il combat la loi qui restreint le suffrage universel et, en juillet, il intervient contre la loi Rouher qui limite la liberté de la presse.

Lors du coup d'État du 2 décembre 1851, Victor Hugo s'exile volontairement à Bruxelles, puis à Jersey en condamnant vigoureusement pour des raisons morales, le coup d'État et son auteur Napoléon III dans un pamphlet publié en 1852, Napoléon le petit, ainsi que dans Histoire d'un crime, écrit au lendemain du coup d'État et publié 25 ans plus tard et dans Les Châtiments.

Chassé de Jersey en 1855 pour avoir critiqué la reine Victoria, il s'installe à Guernesey dans sa maison Hauteville House. Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l'amnistie décidée quelque temps après.

Victor Hugo retourne en France en septembre 1870 après la défaite de l'armée française à Sedan et la chute du Second Empire. Il reçoit de la part des Parisiens un accueil triomphal. Il participe activement à la défense de Paris assiégé. Mais il est à Bruxelles en mars 1871 pour régler la succession de son fils Charles lorsque éclate la Commune.

« Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. » (Actes et paroles, depuis l’exil)

Il ne soutient ni la Commune ni sa répression par le gouvernement d'Adolphe Thiers. Expulsé de Belgique, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il y achève le recueil L'Année terrible. Il retourne en France fin 1871 puis à Guernesey où il écrit en 1872, le roman Quatre-vingt-treize. En 1873, il est à Paris : il reçoit beaucoup, hommes politiques et littéraires, les Goncourt, Lockroy, Clemenceau, Léon Gambetta... Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur et milite pour l'amnistie des communards. Il s'oppose à Mac Mahon quand celui-ci dissout l'assemblée.

Les idées sociales de Victor Hugo

S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches capitalisant leurs gains sans les réinjecter dans la production. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique, mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la Déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime.

Dans son discours d'ouverture du congrès littéraire international de 1878, il se positionne pour le respect de la propriété littéraire mais aussi pour le fondement du domaine public : « Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. » (Discours d’ouverture du Congrès littéraire international, 7 juin 1878)

Hugo est un farouche adversaire de la peine de mort. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il va lutter contre. Le Dernier Jour d'un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l'injustice et l'inefficacité du châtiment suprême. Chambre des Pairs, Assemblée, Sénat : Victor Hugo va saisir toutes les tribunes pour défendre l'abolition comme dans son discours du 15 septembre 1848.

L’apothéose

Jusqu'à sa mort, en 1885, il reste une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée.

Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'a lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise mais le premier juin, suite au décret du 26 mai 1885, il est finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. Avant son transfert, son cercueil est exposé une nuit sous l'Arc de triomphe. On considère que plus d'un million de personnes et de nombreuses délégations se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage, le cortège vers le Panthéon s'étire sur plusieurs kilomètres. Il est alors l'écrivain le plus populaire de son temps.

Informations complémentaires

Publications

  • 1988, "Ninety—Three", New York: Carroll & Graf
  • 1992, "The Last Day of a Condemned Man", New York: Oxford UniVersity Press
  • 1992, "Les Misérables", New York: Modern Library

Littérature secondaire

  • 1942, Matthew Josephson, "Victor Hugo: A Realistic Biography of the Great Romantic", Garden City, N .Y.: Doubleday, Doran
  • 1956, André Maurois, "Victor Hugo", London: Jonathan Cape
  • 1971, Samuel Edwards, "Victor Hugo: A Tumultuous Life", New York: David McKay
  • 1980, Hubert Juin, "Victor Hugo" Vol I: 1802-1843, Paris: Flammarion
  • 1984, Hubert Juin, "Victor Hugo" Vol II: 1844-1870, Paris, Flammarion
  • 1986, Hubert Juin, "Victor Hugo" Vol III: 1870-1885, Paris: Flammarion
  • 1997, Graham Robb, "Victor Hugo", New York: Norton

Citations

  • Il y a des axiomes en probité, en honnêteté, en justice, comme il y a des axiomes en géométrie, et la vérité morale n’est pas plus à la merci d’un vote que la vérité algébrique. La notion du bien et du mal est insoluble au suffrage universel. Il n’est pas donné à un scrutin de faire que le faux soit le vrai et que l’injuste soit le juste. On ne met pas la conscience humaine aux voix.
  • En général, en France, on abandonne trop volontiers la liberté, qui est la réalité, pour courir après l’égalité, qui est la chimère. C’est assez la manie française de lâcher le corps pour l’ombre. (lettre à sa femme, 6 juillet 1836)
  • Le romantisme, tant de fois mal défini, n’est, à tout prendre, et c’est là sa définition réelle, si on ne l’envisage que sous son côté militant, que le libéralisme en littérature. La liberté dans l’art, la liberté dans la société, voilà le double but auquel doivent tendre d’un même pas tous les esprits conséquents et logiques.

Citations sur Victor Hugo

  • (...) un vieillard conformiste, révolutionnaire contre l'Empire, niaisement humanitaire, patriote sur ses vieux jours et en fait exclusivement bourgeois, qui a laissé en tout et pour tout une petite douzaine de poèmes à apprendre dans les lycées. (Antonin Artaud, août 1934)


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