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Réchauffement climatique

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Le réchauffement climatique est un phénomène d'augmentation, à l'échelle mondiale et sur plusieurs décennies, de la température moyenne des océans et de l'atmosphère. Sur une échelle des temps, le phénomène s'accentue depuis la fin du XXe siècle se prolongeant durablement tout au long du XXIe siècle. On utilise également les termes de changement climatique, ou de dérèglement climatique, pour parler de la modification durable et / ou irréversible des climats terrestres.

L'existence et l'ampleur du réchauffement climatique, ainsi que son origine humaine (changement climatique anthropogénique), est un sujet qui fait un certain consensus parmi la majorité des scientifiques, néanmoins ce consensus n'est pas absolu et rencontre certaines objections de la part d'autres scientifiques (voir la liste de scientifiques sceptiques sur le réchauffement climatique). Ce sujet, qui réuni à la fois les sciences du climat, mais aussi des experts et des politiques, est orthogonal au libéralisme. L'objet principal de cet article n'est donc pas de couvrir toutes les théories scientifiques sur le sujet, mais de revenir sur les réponses, pouvant s'avérer pertinentes, à apporter au sujet du réchauffement climatique et d'interroger sur les motivations de ceux qui peuvent utiliser l'argument du réchauffement climatique à des visées surtout politiques ou idéologiques.

Quelques réponses libérales aux enjeux du réchauffement climatique

Les questions soulevées par les débats au sein des communautés scientifiques sont orthogonales au libéralisme, il en est de même pour le problème du réchauffement climatique. Être libéral et être climatosceptique sont ainsi des sujets sans rapport direct. Les libéraux, préoccupés sur tout sujet par la défense de la liberté, sont néanmoins extrêmement attentifs à l'utilisation déraisonnée de la science pour justifier l'interventionnisme étatique, que ce soit par la représentation erronée de la science, le passage sous silence des incertitudes, ou la défense de politiques inefficaces ou excessives. Le rôle des libéraux est de s’assurer que cette intervention étatique soit minimale et respectueuse des libertés individuelles. L'intervention de l’État doit à tout prix rester utilitariste et limitée à des objectifs précis.

Comme l'interventionnisme et l'étatisme ont échoués sur l'économie, il n'y a pas de raison de penser qu'il soit plus adapté pour trouver des réponses scientifiques ou économiques au changement climatique. De la même manière que les mesures d'intervention publique n'ont pas marché sur la plupart des sujets, les libéraux défendent le recours aux solutions qui marchent, comme l'écologie de marché, ou l'utilisation large des acteurs privés. Ainsi Benjamin Faucher d'écrire sur Contrepoints : « Le rôle de l’État pourrait se limiter à déclarer « dans cinq ans, le plastique est complètement interdit », et laisser les acteurs privés trouver des solutions pour le remplacer. », mais surtout pas de chercher à dire quoi faire ni comment[1].

Erwan Queinnec propose pour sa part une réponse libérale aux enjeux écologiques (dont le réchauffement climatique), qui repose sur les piliers suivant[2] :

L'environnement est le mieux protegé dans une économie libérale

Environmental Performance Index 2020 (Université Yale).svg

Force est de constater le fait prouvé depuis longtemps que plus la société est riche, plus la qualité de l'environnement est grande. Il suffit de comparer les niveaux de pollution entre les pays développés et les autres[3], ou encore la qualité de l'environnement au XXIe siècle avec celle des années 1950, bien inférieure (pollution automobile et industrielle, chauffage urbain au charbon, etc.). L'Environemental Performance Index de l'université de Yale aux États-Unis souligne ainsi le lien fort entre protection de l'environnement et richesse[4].

A l'inverse, on pourra souligner les désastres économiques de l'URSS, comme l'assèchement de la mer d'Aral[5]. Aujourd’hui encore, sur les dix endroits les plus pollués de la planète, cinq sont situés en Russie ou en Asie centrale dans l'ancienne URSS[6]

Encourager les politiques libérales, qui encouragent la création de richesses et la prospérité collective, est donc un axe efficace de toute politique environnementale.

Réchauffement climatique et équité

Beaucoup de commentateurs soulignent les effets plutôt néfastes du changement climatique car il creuserait davantage les inégalités entre individus au niveau mondial. Sont notamment pointés du doigt les pays dits riches en termes de PIB, et les pays les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. Les efforts de réduction des gaz à effet de serre touchent aussi les pays et populations les plus vulnérables, car ces pays devront faire face à une baisse de leur niveau de vie. On pourrait également souligner que considérer le réchauffement climatique intégralement comme un mal est probablement hâtif. Dans certains endroits il pourrait avoir des effets bénéfiques, comme dans l'océan Arctique, où la fonte de la banquise permettrait d'ouvrir de nouvelles routes commerciales entre continents, plus courtes et donc plus économes en carburant. Dans d'autres endroits (Atlantique Nord), c'est au contraire un refroidissement qu'on peut craindre. En rendant cultivable des terres actuellement gelées, le réchauffement pourrait aussi avoir des effets bénéfiques. On ne voit pas pourquoi un phénomène aussi complexe devrait être globalement négatif, et en particulier qu'il serait négatif pour tous.

On peut aussi reprendre un des critères de justice de John Rawls pour réfléchir à la question. Nos enfants et nos petits-enfants seront, même dans des hypothèses de croissance assez pessimistes, plusieurs fois plus riches que nous. Or, il n'est pas juste qu'un pauvre paie pour un riche : en l'occurrence, il n'y a pas lieu de « préserver » aujourd'hui la richesse future de générations non encore nées, alors que lesdites générations pourront traiter ce problème (en remédiant à ses causes ou bien à ses conséquences) bien plus aisément que nous.

Une nécessaire modestie scientifique et politique

Une partie importante de l'alarmisme autour du climat découle du recours large à de la modélisation future (les scénarios du GIEC, annonçant ainsi des scénarios possibles de hausse de température de x%, etc.). Si la modélisation du futur a un intérêt certain, elle doit être utilisée avec modestie, et en permanence revisitée au vu de l'évolution constatée. Les scientifiques eux-même ont été surpris par le long plateau de températures de 1998 à 2012[7]. Le niveau de confiance que l'on peut accorder à des modélisations en chambre sur un phénomène aussi complexe que le climat reste limitée. Avant de prendre des mesures coûteuses, liberticides, il convient de prendre avec toute la mesure de cette incertitude, et investir au mieux les fonds disponibles.

Beaucoup de sujets dramatiques sont ignorés au profit de la lutte actuelle contre le réchauffement climatique. C'est ce que souligne le statisticien danois Bjørn Lomborg, professeur à la Copenhagen Business School, par exemple dans False Alarm[8] : dans un monde de ressources finies, il faut prioriser les investissements faits pour améliorer la situation de l'humainité. Lomborg reconnaît sans hésitation l'existence du réchauffement climatique, et pointe les coûts démesurés pour y faire face, en comparaison d'autres sujets sociétaux essentiels. Pour le succès du Protocole de Kyoto, il fallait 150 milliards $, chaque année. C'est le triple de l'aide publique au développement, pour ne repousser que de six ans les effets du réchauffement climatique. En comparaison, pour la moitié du coût (75 milliards $ par année), on pouvait offrir de l’eau potable, des services sanitaires, des services de santé de base et une éducation à chaque humain sur la planète, selon l’ONU en 2010[9].

Prudence sur le climat comme cache sexe politique

Global-warming-Thatcher.jpg

Les libéraux rappellent qu'il convient enfin de juger avec la prudence nécessaire les motivations de ceux qui défendent les mesures les plus radicales face au réchauffement climatique. Sans sous-estimer les bonnes intentions qui peuvent diriger ces politiques contre le réchauffement climatique, ces dernières restent largement prises en otage par différents mouvements étatistes qui trouvent là une nouvelle raison d'être. Le sujet n'est depuis longtemps plus uniquement scientifique, mais aussi contaminé par la politique.

Certains écologistes et politiciens ne cachent d'ailleurs pas leurs intentions, qui vont bien au-delà des préoccupations environnementales[10] : {{citation bloc|Peu importe que la science soit complètement bidon, il y a des bénéfices collatéraux pour l'environnement... Le changement climatique nous donne la meilleure chance d'apporter la justice et l'égalité dans le monde. C'est un excellent moyen pour redistribuer les richesses.|Christine Stewart, ministre canadienne de l'environnement de 1997 à 1999.

D'autres, comme l'économiste Ottmar Edenhofer (GIEC) d'ajouter[11] :

« Mais on doit dire clairement que nous redistribuons, de facto, les richesses du monde au moyen de la politique du climat. Évidemment, les propriétaires de charbon ou de pétrole ne seront pas enthousiasmés par cette idée. On doit se libérer de l'illusion que la politique internationale pour le climat est une politique environnementale. Ceci n'a presque plus rien à voir avec une politique pour l'environnement, avec des problèmes comme la déforestation ou le trou de la couche d'ozone. »

Patrick Moore (ancien dirigeant et co-fondateur de Greenpeace) voit deux raisons à l'apparition de ce radicalisme climatique :

  • la banalisation du message écologiste réclamait une position radicale sur de nouveaux thèmes, et celui du réchauffement planétaire était approprié ;
  • l'échec du communisme a entraîné le recyclage des activistes marxisants vers des sujets écologiques qui leur permettent d'exprimer leur anticapitalisme et leurs thèses antimondialistes.

Le président tchèque Václav Klaus jugeait ainsi en 2007 les activités des défenseurs de l'environnement plus dangereuses que le communisme : « Le communisme a été remplacé par la menace d'un environnementalisme ambitieux. (...) Le raisonnement (des écologistes) s'appuie sur des observations historiquement courtes et incomplètes et sur des données qui ne peuvent nullement justifier des conclusions catastrophiques »[12].

Citations

  • « Le temps de l'Inquisition est revenu. Or la science – on ne le répétera jamais assez – n'a progressé que dans la liberté d'expression, dans la diversité des opinions que l'on confronte. C'est ainsi que naissent des idées nouvelles, qui bousculent les anciennes. La simple idée d'une « vérité scientifique » établie par une commission de l'ONU, c'est un crime contre l'intelligence. Non seulement il faut mettre fin au GIEC, mais il faut interdire à tout jamais que pareil processus se reproduise si on veut demain réunir avec succès des scientifiques pour avoir un avis sur tel ou tel aspect qui concerne la planète... » (Claude Allègre, Dominique de Montvallon, L'imposture climatique, PLON, 2010)
  • « C’est connu, le réchauffement est la faute du marché. Ce dernier serait incapable de valoriser les effets externes positifs (les transports en commun) et ou négatifs (la pollution). Tous ces hommes politiques et ingénieurs, conseillers du Prince, qui ont construits des centrales nucléaires en grand nombre, et vont en construire d’autres, sans se soucier de l’avenir quand il faudra les fermer ou les recycler, ne sont pas d’affreux capitalistes, ce sont des hommes de l’État. On aimerait entendre la CGT les dénoncer pour avoir mis en œuvre cette politique si dangereuse pour l’environnement le jour où ces centrales ne pourront plus être démantelées faute d’argent public. » (Bertrand Lemennicier[13])
  • « Selon les écologistes et l’idéologie qu’ils ont imposée au monde politique, il est indiscutable que le climat se détériore et que le réchauffement est dû aux activités humaines, en particulier par l’émission de dioxyde de carbone. On notera, par coïncidence, mais est-ce une coïncidence, combien cette doctrine du réchauffement climatique recoupe les intérêts des États dont les pouvoirs sortent renforcés, qu’elle incrimine le capitalisme et expédie les sceptiques au bûcher. Avancer, par exemple, que le réchauffement climatique est réel mais qu’il n’est pas récent et que, peut-être, d’autres facteurs interviennent que le dioxyde de carbone, vous voici taxé de « négationniste » : le négationniste, pour mémoire, est celui qui nie l’existence de l’Holocauste, un nazi donc. » (Guy Sorman, L'écologie est-elle une religion ?, 09 octobre 2015)[14]

Notes et références

  1. Environnement, climat… quelle place pour les libéraux ?
  2. Réguler l’écologie au moyen de la liberté : Bref plaidoyer en faveur de « l’écolibéralisme », Journal des Libertés, été 2019
  3. Environnement : les pays riches sont plus propres et plus sûrs que les pays pauvres, Ferghane Azihari, Contrepoints
  4. EPI, Yale
  5. La question environnementale en URSS : productivisme et bureaucratie
  6. Marxisme, communisme et gestion des ressources naturelles, Thomas Harbor, Contrepoints
  7. Global Warming Hiatus, Wikipedia
  8. False Alarm, Bjorn Lomborg, 2020
  9. Il y a pire que le réchauffement, David Descôteaux
  10. "No matter if the science is all phony, there are collateral environmental benefits... Climate change provides the greatest chance to bring about justice and equality in the world. It's a great way to redistribute wealth".(1998, cité par le journal Calgary Herald)
  11. IPCC Official: “Climate Policy Is Redistributing The World's Wealth” (18 November 2010)
  12. "Communism was replaced by the threat of ambitious environmentalism. [..] Their reasoning is based on historically short and incomplete observations and data series which cannot justify the catastrophic conclusions they draw", Communication au Sénat américain sur le changement climatique, 21 mars 2007, [lire en ligne]
  13. Billet d'humeur : la conférence de Paris sur le réchauffement climatique., Bertrand Lemennicier, 2015
  14. COP21 : L'écologie est-elle une religion ?

Bibliographie

  • 2004, Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Tome 1, Canicules et glaciers XIIIe-XVIIIe siècles, Éditeur : Fayard, Collection : Divers histoire, 740 pages, ISBN 2213619212
  • 2006, Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Tome 2, Disettes et révolutions (1740-1860), Editeur : Fayard, Collection : LITT.GENE, 611 pages, ISBN 221362738X
  • 2007,
    • Claude Allègre, Ma vérité sur la planète
    • Wilfred Beckerman et C. Hepburn, “Ethics of the Discount Rate in the Stern Review on the Economics of Climate Change”, World Economics, Jan-March
    • Emmanuel Le Roy Ladurie, Abrégé d'histoire du climat : Du Moyen Age à nos jours , Fayard, Collection : LITT.GENE, 176 pages, ISBN 2213635420
    • Cécile Philippe, C'est trop tard pour la Terre, JC Lattès, ISBN 2709629194
  • 2009,
    • Michael Heberling, "Global Warming Revisited. Climate Change is a Godsend for Big-Government Enthusiasts", The Freeman, May, Vol 59, n°4
    • Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Tome 3, Le réchauffement de 1860 à nos jours, Editeur : Fayard, Collection : LITT.GENE, 460 pages, ISBN 2213635315
  • 2013, Graham Dawson, "Austrian economics and climate change", Review of Austrian Economics, Vol 26, n°2, Juin
  • 2018, Steven Pinker, Le Triomphe des Lumières, Les Arènes, Acheter en ligne


  • 2019, Mikayla Novak, "Climate Change: What Should Liberals Do?", Journal of Contextual Economics – Schmollers Jahrbuch, Vol 139, n°2-4, pp325–347

Voir aussi

Liens externes

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