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Moyen Âge

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Le Moyen Âge est une période historique située entre le Ve siècle et le XVIe siècle. Cette période est elle-même divisée en deux grandes périodes, le haut Moyen Âge compris entre le Ve siècle et le XIe siècle, et le bas Moyen Âge compris entre le XIe siècle et le XVe siècle. Durant le haut Moyen Âge, le système de commerce est fondé sur le troc tandis que la monnaie apparait lors du bas Moyen Âge. Les cités-États comme Venise, Florence et Gênes assurent une meilleure confiance dans la monnaie grâce aux nombreux et riches marchands qui l'utilisent.

Les idées de liberté au Moyen-Âge

Le Moyen-âge est la période de la première reconnaissance de l'individu[1] en tant que tel. En Angleterre, à partir du Ve siècle environ, les Anglo-Saxons disposaient d'un régime foncier bien développé et sophistiqué. Le pouvoir de la monarchie était également restreint. Certains rois étaient nommés par le Witan, un conseil de nobles, qui fixait également des limites à leurs pouvoirs. Bien que ces droits et contraintes aient été balayés par les envahisseurs normands en 1066, ils ont refait surface en 1215 dans la Magna Carta, la « grande charte » qui énonçait les principes importants des droits de propriété et de la justice. Plus tard, les rois ont cherché à réaffirmer leur propre pouvoir, mais au XVIIe siècle, Sir Edward Coke a relancé les principes de la Magna Carta qui résonnent encore dans le monde anglophone d'aujourd'hui.

Le changement de nature du commerce au Moyen-Âge

Après la chute de l'Empire romain, le commerce en Europe a décliné. Les invasions barbares ont rendu les routes peu sûres. Celles-ci étaient donc de moins en moins entretenues car devenues inutiles. Alors, elles sont tombées en mauvais état. Les voies romaines furent délaissées au profit des parcours strictement vicinaux. Cependant, le commerce n'a pas disparu. Il s'est concentré sur les marchés locaux des petites villes. Puis, à partir du XIe siècle, de nouvelles routes commerciales se sont ouvertes grâce à l'innovation de quelques artisans armateurs qui ont fourni des bateaux plus sûrs évitant ainsi les voies terrestres dominées par les brigands éparpillés ici ou là. La plupart des échanges commerciaux se faisaient alors par voie d'eau, soit par voie maritime par cabotage, soit le long des grands fleuves qui traversaient le continent. Ensuite, dans l'Atlantique Nord, des navires à coque ronde, appelés cogs, transportaient les cargaisons tandis qu'en Méditerranée les galères nécessitaient parfois 200 rameurs.

Peu à peu, les marchés se sont organisés sur les lieux, appelés les foires. Celles-ci n'auraient pas pu se faire sans des entrepreneurs aventuriers, explorateurs et navigateurs[2] comme Marco Polo. Au début, les marchands se déplaçaient à dos de mulet ou sur des charrettes fragiles. Puis, ils ont négocié les chargements entiers de navires avec leurs lots de marchandises. Le Moyen-Âge est une période qui a connu des progrès techniques extraordinaires dans l'activité de la navigation. L'innovation s'est produite dans la construction des navires et dans l'apparition de nouveaux instruments de navigation. La boussole représente le symbole de cette ère d'innovation. Même si elle n'a pas été inventée au Moyen-Âge par les chinois, il semblerait que ce soit les navigateurs Arabes qui l'introduisirent en Europe avec d'autres instruments, l'astrolabe et le sextant, qui permettaient de mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon.

Les Flandres devinrent le centre du commerce textile et Bordeaux celui du vin. L'importation de la laine[3] venait d'Angleterre pour être transformée. De même, le lin était cultivé aux Pays-Bas, importé dans les Flandres pour y être tissé. La marchandise était exportée sous forme de tissus, de tapis et de tapisseries. Elle était vendue en Italie, mais elle était également commercialisée jusqu'en Égypte. Les colorants pour teinter la laine et le lin étaient d'une importance cruciale pour les tisserands des Flandres. Parmi eux, l'alun était utilisé pour fixer les colorants. Le pastel était cultivé en Flandre même, mais le kermès, qui donner la couleur écarlate, était fabriqué à partir de petits poux, parasites des chênes verts, et importé du Portugal, d'Arménie et de Crète. Les Génois avaient obtenu le monopole du commerce de l'alun, qui venait d'Asie Mineure via l'île de Chios.

Le commerce des soies exotiques et des épices était très précieux. Les marchands arabes et indiens apportaient du cumin et du gingembre, du poivre, de la noix de muscade, de la cannelle et des aromates tels que la myrrhe et l'encens d'Égypte via la mer Rouge. Les commerçants des cités-États italiennes avaient leurs funduqs ou auberges et, après avoir payé une lourde taxe, ils pouvaient acheter ces marchandises, ainsi que de l'ivoire d'éléphant, des perles, des turquoises, des émeraudes, des saphirs et des rubis.

Les marchands et les artisans exerçant la même profession se sont réunis au sein d'associations d'entraide appelées corporations, métiers, guildes[4], frairie, confrérie en obtenant du seigneur un statut officiellement reconnu avec certains privilèges et quelquefois leurs propres juridictions codifiées. En Angleterre, seuls ceux qui appartenaient à la fraternité pouvaient faire le commerce de la laine. Celui-ci, donc, était entre les mains d'un groupe de marchands qui travaillaient sous mandat royal. Les moutons eux paissaient sur les terres des grands seigneurs féodaux ou des monastères. Ils attendaient qu'on vienne les tondre. La laine brute était ensuite vendue, triée, classée et préparée pour l'exportation.

Les seigneurs[5] prennent conscience de l'intérêt du développement du commerce. Ils prélèvent diverses redevances sur le transport des marchandises, lors de la traversée des ponts[6], ou à l'entrée des villes (tonlieu). Les villes[7] commencent à prendre de plus en plus d'ampleur et émergent en fonction des activités économiques émergentes[8].

Dans les ports de la mer du Nord et de la Baltique, les marchands de cités commerçantes, telles Lùbeck ou Hambourg, se sont développées durant la seconde moitié du XIIe siècle. Les guildes se sont regroupés en communautés, appelées les hanses (de l'allemand ancien hansa, troupe, bande). Puis, elles se transformèrent elles-mêmes en ligues de villes marchandes. La confédération de la Hanse teutonique a créé de nombreux comptoirs en Europe du Nord et de l'Est (Londres, Dinant-sur-Meuse, Bruges, Novgorod, Riga, Dantzig, etc.) pour constituer un réseau continu de la Manche à la mer Baltique. Elle s'est spécialisée dans le commerce des fourrures, du vin, du sel, des draps, du poisson séché et du blé.

L'émergence de l'industrie du financement au Moyen Âge

Il y a de nombreuses années, à l'époque médiévale, certains des commis du roi Edouard III subvenaient à leurs besoins en prêtant de l'argent sur la garantie des engagements inscrits (Ralph Pugha: 1968). Walter Langton, évêque de Coventry et de Lichfield, ainsi que William Melton, archevêque d'York, ont fait la même chose, bien qu'en accordant leurs nombreux prêts, les prélats accordaient également d'autres formes de sécurité. William Melton semble avoir prêté presque toujours par charité chrétienne, les motivations de Walter Langton semblent avoir été manifestement usuraires. Mais peu importe leurs activités bienveillantes ou intéressées, tous les deux devinrent des hommes de plus en plus riches. Ils jouissaient non seulement des avantages des allocations archiépiscopales ou épiscopales, mais chacun servait de trésorier d'État. Que les clercs du roi puissent prêter de l'argent est sans doute surprenant qui mérite une attention au moins égale à celle qui a été accordée aux usuriers épiscopaux. L'industrie du financement de la couronne[9]a vite pris son essor étant donné le lamentable sens d'organisation des souverains, leur soif de dépense et leur appétit dès leur éducation à guerroyer contre leurs cousins proches ou contre des croisés éloignés.

Avec le développement du commerce se créent, dans les villes marchandes et de foires, les premiers marchés monétaires comme celui de Bruges[10] ou de Tournai[11].

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Frederick Goldin, 1975, "The Discovery of the Individual, 1050–1200", Speculum, 50 (3), pp529-532
  2. Comme le viking Leifr Erickson, Le voyageur de l'Islam Ibn Battuta (1304-1378); Le vainqueur du cap de l'enfer, Gil Eanes ; Le moine franciscain Guillaume de Rubrouk ou les voyageurs maritimes de l'extrême : Marco Polo Vasco de Gama, Zheng He (surnommé le Dragon des quatre océans)
  3. Sylvia Thrupp, 1978, "The English Wool Trade in the Middle Ages", Speculum, 53 (4), pp826-827
  4. Meera Abraham, 1989, "Two Medieval Merchant Guilds of South India", Manohar Publications, New Delhi
    • Meenakshi Tyagarajan, 1990, "Medieval Merchants", commentaire du livre de Meera Abraham, "Two Medieval Merchant Guilds of South India", Economic and Political Weekly, Vol 25, n°27, p1458
    • Walter Goffart, 1972, "From Roman Taxation to Mediaeval Seigneurie: Three Notes", Speculum, 47 (2), pp165-187
    • Walter Goffart, 1972, "From Roman Taxation to Mediaeval Seigneurie: Three Notes", Speculum, 47 (2), pp373-394
    • Walter Goffart, 1972, "From Roman Taxation to Mediaeval Seigneurie: Three Notes", Speculum, 47 (3), pp373-394
  5. Fredric Cheyette, 1978, commentaire du livre de Marjorie Nice Boyer, "Medieval French Bridges: A History", Speculum, 53 (3), p563
  6. John H. Mundy, 1969, commentaire du livre de Howard Saalman, "Mediaeval Cities", Speculum, 44 (3), pp491-492
  7. John H. Mundy, 1969, commentaire du livre de Maurice Beresford, "New Towns of the Middle Ages: Town Plantation in England Wales, and Gascony", Speculum, 44 (3), pp446-448
  8. John Bell Henneman, 1975, commentaire du livre de Richard W. Kaeuper, "Bankers to the Crown: The Riccardi of Lucca and Edward I", Speculum, 50 (4), pp730-732
  9. J. Bergier, 1972, commentaire du livre de Raymond de Roover, Hyman Sardy, "The Bruges Money Market Around 1400", Speculum, 47 (4), pp756-759
  10. Bryce Lyon, 1972, commentaire du livre de Marcel Hoc, "Histoire Monétaire de Tournai", Speculum, 47 (4), pp769-770

Bibliograhie

  • 1968,
    • Gaines Post, "The Individual and Society in the Middle Ages", Speculum, 43 (2), pp387-390
    • Ralph Pugha, "Some Mediaeval Money lenders", Speculum, 43 (2), pp274-289
  • 1969, J. Gilchrist, "The Church and Economic Activity in the Middle Ages", Macmillan, London
  • 1970, Bryce Lyon, commentaire du livre de Robert-Henri Bautier, Janine Sornay, "Les Sources de l'Histoire Économique Et Sociale du Moyen Âge. I: Provence-Comitat Venaissin, Dauphiné, États de la Maison de Savoie. Archives des Principautés Territoriales Et Archives Seigneuriales", Speculum, 45 (2), pp270-271
  • 1973,
    • Richard Face, "The Commercial Revolution of the Middle Ages, 950–1350", Speculum, 48 (2), pp381-383
    • David Herlihy, commentaire du livre de Robert-Henri Bautier, Heather Karolyi, "The Economic Development of Medieval Europe", Speculum, 48 (2), pp339-340
  • 1974, Lynn White Jr, "Transport and Communication in Early Medieval Europe, AD 500–1100", Speculum, 49 (3), pp577-579
  • 1975, David Herlihy, commentaire du livre de Gerald A. J. Hodgett, "A Social and Economic History of Medieval Europe", Speculum, 50 (1), p129
  • 1978, Bert Hall, commentaire du livre de Jean Gimpel, "The Medieval Machine: The Industrial Revolution of the Middle Ages", Speculum, 53 (2), pp366-368
  • 1980, Alan Harding, "Political Liberty in the Middle Ages", Speculum, 55 (3), pp423-443
  • 1999, E. S. Hunt, J. M. Murray, J. Murray, "A history of business in medieval Europe, 1200–1550"; Cambridge University Press
  • 2003, S. Todd Lowry, "Ancient and Medieval Economics", In: Jeff Biddle, John Davis, Warren Samuels, dir., "Companion to the History of Economic Thought", Oxford, UK: Basil Blackwell Publishers, pp11-27

Liens externes


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