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Hyperinflation

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L'hyperinflation est une inflation extrêmement élevée échappant à tout contrôle. Elle entraîne en général une forte récession économique. L'économiste américain Phillip D. Cagan la définit en 1956 comme une période durant laquelle le niveau d'inflation se maintient au-dessus de 50 % par mois (soit un seuil annuel de plus de 12500 % : en moins de 2 mois, les prix doublent, et sont multipliés chaque année par au moins 129 = 1,512).

L'hyperinflation dans l'histoire de France

La situation financière qui régnait en France à partir de 1790 était la condition classique d'une inflation délibérément provoquée par une longue période continue d'accumulation de dettes en raison de dépenses gouvernementales supérieures aux recettes[1]. Finalement, le temps fut venu, comme c'est inévitablement le cas, où la prolongation de cette condition déséquilibrée ne pouvait conduire qu'à un effondrement économique général. C'est alors que l'Assemblée générale a pris la décision de remédier à la situation par l'émission de la monnaie papier, appelés assignats pour combler la dette.

Pour faire face à ses dépenses, l'État français a continué à augmenter l'émission de monnaie durant la révolution, provoquant ainsi l'hyperinflation. Dans son introduction à l'essai d'Andrew D. White sur l'inflation de la monnaie fiduciaire en France durant la période révolutionnaire, Henry Hazlitt souligne que sous l'inflation, le pouvoir d'achat réel de l'épargne est constamment érodé, que tous les épargnants sont trompés, que l'épargne est découragée et que la source d'investissement est desséché. Ainsi, non seulement l'inflation vole le citoyen frugal en détruisant la valeur de son argent, mais elle nuit également à l'économie en diminuant le flux des capitaux d'investissement.

L'effet bénéfique des assignats fur de court terme. Le support monétaire semblait donner confiance à la population ils devaient être garantis par des hypothèques sur les vastes propriétés de l'église récemment saisies par l'État. De plus, ils portaient intérêt à 3 pour cent. La campagne d'endettement fut lancée en grande pompe et reçu l'acclamation générale. Mais, l'économie n'est pas aveugle à de telles supercheries. Il y eut une réponse immédiate. Certains paiements ont servi à l'accroissement de la dette publique ; la pression sur le Trésor a été relâchée ; le crédit fut relancé et le commerce a augmenté en un court instant. Les belles prédictions de ceux qui avaient favorisé et parrainé les assignats semblaient en passe de se réaliser. Mais, l'émission initiale de 395 millions de francs fut bientôt doublée, triplée, quadruplée, par les émissions suivantes[2]. Au bout de sept ans, la bulle éclata et ruina des milliers d'épargnants et le porte monnaie de millions d'habitants s'amaigrît et leur santé s'affaiblît. Certains moururent de faim. Le système politique fut ébranlé au point d'accueillir un dictateur, Napoléon, pire que les monarques absolus précédents.

Seule la baisse des dépenses budgétaires de l'État met fin à l'hyperinflation (dans le cas de la République de Weimar, ce fut grâce à la réduction d'un tiers du nombre de fonctionnaires et la réduction des réparations à la suite du plan Dawes).

Les effets de l'hyperinflation

Les effets de l'hyperinflation sont les suivants :

  • dans les entreprises, la gestion de la trésorerie prend le pas sur les décisions de production et d'investissement ;
  • le système fiscal est affaibli en raison du délai entre le moment où l'impôt est payé et le moment où il entre dans les caisses de l'État (il n'a alors quasiment plus de valeur) ;
  • problème du transport de sommes de monnaie (brouettes de billets lors de l'épisode d'hyperinflation allemand de 1923) ; on rajoute des zéros aux billets mais très souvent l'État n'arrive pas à suivre le rythme d'explosion des prix ;
  • la monnaie perd toutes ses fonctions d'intermédiaire des échanges, de réserve de valeur et d'unité de compte. Le troc réapparaît ou d'autres monnaies plus fiables circulent.

Steve Hanke[3], qui dénombre un total de 57 hyperinflations, donne une liste des "records" connus en la matière :

  • le record de tous les records a été enregistré en Hongrie en juillet 1946 : hausse des prix de 207 % par jour ;
  • au Zimbabwe à la mi-novembre 2008, l’hyperinflation culmine avec un record mensuel de 79.000.000.000 % sur un mois (usage de billets de 100000 milliards de dollars zimbabwéens pour les achats courants) ;
  • en Yougoslavie l'inflation atteint un chiffre de 13.000.000 % en janvier 1994. Des billets de 500 milliards de dinars sont imprimés.

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Ce que les journalistes et les économistes appellent communément aujourd'hui, par l'euphémisme trompeur, de financement soutenable de la dette, permettant à la dette de rester simplement impayée sur une longue période
  2. Les assignats furent retirés et remplacés par d'autres projets de loi appelés mandats qui se révélèrent tout autant sans valeur. En seulement sept ans (en 1797), les millions de mandats et les milliards d'assignats finirent dans les égouts de l'histoire économique.
  3. Interview du 29 octobre 2012, à Russ Roberts, du Liberty Fund, sur Econtalk.

Bibliographie

  • 1991, Edwin Dolan, "On the Threat of Hyperinflation in the Transition Period", Economics and Mathematical Methods (en Russe)

Liens externes