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Le '''closed shop''' (''Boutique fermée'') désigne un système généralement établi par convention entre [[patronat]] et [[syndicat]] dans lequel l'employeur ne peut embaucher que des salariés syndiqués<ref>Gérard Cornu, ''Vocabulaire juridique'', 4e édition, p.157</ref>. Les libéraux le condamnent car il s'agit d'une entrave à la liberté du travail. A l'inverse il s'agit souvent de mesures défendues par certains syndicats pour favoriser leurs adhérents au détriment du reste des travailleurs.
Le '''closed shop''' désigne un système juridiquement soutenu dans les relations collectives du travail. Cette pratique est établie, par un accord entre un employeur et un syndicat qui exclut les travailleurs sans syndicat de l'emploi initial ou de la liberté de continuer leur contrat de travail. Autrement dit, l'employeur ne peut embaucher que des salariés syndiqués<ref>Gérard Cornu, ''Vocabulaire juridique'', 4e édition, p.157</ref>. Les libéraux le condamnent car il s'agit d'une entrave à la liberté du travail. Il s'agit souvent de mesures défendues par certains syndicats pour favoriser leurs adhérents au détriment du reste des travailleurs. A l'inverse du closed-shop, le contrat "yellos-dog", établit un accord entre un employeur et un employé dont la condition d'emploi initiale et de poursuite du contrat de travail repose sur le fait que l'employé doit être non syndiqué à la signature du contrat et qu'il doit le rester tout au long de son contrat de travail.


Il a été historiquement présent au [[Royaume-Uni]] ou aux [[États-Unis]]. En France, il a été mis en place par la [[CGT]] dans les imprimeries ou encore parmi les [[Ports en France|dockers]]. Les tisseurs de Roanne obtinrent le même système<ref>Gérard Noiriel, ''Les ouvriers dans la société française (XIX{{e}} - {{s-|XX|e}})'', Points Histoire, Seuil, 1986, 317 p.</ref>.  
Le '''closed shop''' a été historiquement présent au [[Royaume-Uni]] ou aux [[États-Unis]]. En France, il a été mis en place par la [[CGT]] dans les imprimeries ou encore parmi les [[Ports en France|dockers]]. Les tisseurs de Roanne obtinrent le même système<ref>Gérard Noiriel, ''Les ouvriers dans la société française (XIX{{e}} - {{s-|XX|e}})'', Points Histoire, Seuil, [[1986]], 317 p.</ref>. En Colombie, il a été mis en place en [[1944]] par le président Alfonso López Pumarejo dans le cadre d'un plan de mesures favorables aux syndicats.  


En Colombie, il a été mis en place en 1944 par le président Alfonso López Pumarejo dans le cadre d'un plan de mesures favorables aux syndicats.
Critiqué car discriminant les non-syndiqués et introduisant dès lors des inégalités, le closed shop a été interdit aux [[États-Unis]] en [[1947]] par la Loi Taft-Hartley. [[Margaret Thatcher]] l'a aboli progressivement au Royaume-Uni par des ''Employment Acts'' successifs en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. L'''Employment Act'' de 1990 par John Major a aboli strictement le ''closed shop'', jugé, à raison, attentatoire à la liberté de ne pas se syndiquer.  
 
Critiqué car discriminant les non-syndiqués et introduisant dès lors des inégalités, le closed shop a été interdit aux [[États-Unis]] en 1947 par la Loi Taft-Hartley. [[Margaret Thatcher]] l'a aboli progressivement au Royaume-Uni par des ''Employment Acts'' successifs en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. L'''Employment Act'' de 1990 par John Major a aboli strictement le ''closed shop'', jugé, à raison, attentatoire à la liberté de ne pas se syndiquer.  


Le terme d'union shop désignent un système proche, dans lequel des non syndiqués peuvent être embauchés mais doivent se syndiquer après leur embauche sous peine d'être licenciés. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais en perte de vitesse. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais en perte de vitesse puisque partiellement interdit (autorisé encore dans certains états). Ses effets sont régulièrement critiqués; Richard Vedder de l'université de l'Ohio calcule qu'entre 2000 et 2008, plus d'un américain par minute a bougé d'un état dans lequel l'union shop existait vers un état sans union shop, ce dernier ayant des conséquences négatives sur l'emploi<ref>"Labour pains", ''[[The Economist]]'', 13 février 2010, p.50</ref>.
Le terme d'union shop désignent un système proche, dans lequel des non syndiqués peuvent être embauchés mais doivent se syndiquer après leur embauche sous peine d'être licenciés. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais en perte de vitesse. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais en perte de vitesse puisque partiellement interdit (autorisé encore dans certains états). Ses effets sont régulièrement critiqués; Richard Vedder de l'université de l'Ohio calcule qu'entre 2000 et 2008, plus d'un américain par minute a bougé d'un état dans lequel l'union shop existait vers un état sans union shop, ce dernier ayant des conséquences négatives sur l'emploi<ref>"Labour pains", ''[[The Economist]]'', 13 février 2010, p.50</ref>.

Version du 17 mai 2011 à 10:28

Le closed shop désigne un système juridiquement soutenu dans les relations collectives du travail. Cette pratique est établie, par un accord entre un employeur et un syndicat qui exclut les travailleurs sans syndicat de l'emploi initial ou de la liberté de continuer leur contrat de travail. Autrement dit, l'employeur ne peut embaucher que des salariés syndiqués[1]. Les libéraux le condamnent car il s'agit d'une entrave à la liberté du travail. Il s'agit souvent de mesures défendues par certains syndicats pour favoriser leurs adhérents au détriment du reste des travailleurs. A l'inverse du closed-shop, le contrat "yellos-dog", établit un accord entre un employeur et un employé dont la condition d'emploi initiale et de poursuite du contrat de travail repose sur le fait que l'employé doit être non syndiqué à la signature du contrat et qu'il doit le rester tout au long de son contrat de travail.

Le closed shop a été historiquement présent au Royaume-Uni ou aux États-Unis. En France, il a été mis en place par la CGT dans les imprimeries ou encore parmi les dockers. Les tisseurs de Roanne obtinrent le même système[2]. En Colombie, il a été mis en place en 1944 par le président Alfonso López Pumarejo dans le cadre d'un plan de mesures favorables aux syndicats.

Critiqué car discriminant les non-syndiqués et introduisant dès lors des inégalités, le closed shop a été interdit aux États-Unis en 1947 par la Loi Taft-Hartley. Margaret Thatcher l'a aboli progressivement au Royaume-Uni par des Employment Acts successifs en 1980, 1982, 1984, 1987 et 1988. L'Employment Act de 1990 par John Major a aboli strictement le closed shop, jugé, à raison, attentatoire à la liberté de ne pas se syndiquer.

Le terme d'union shop désignent un système proche, dans lequel des non syndiqués peuvent être embauchés mais doivent se syndiquer après leur embauche sous peine d'être licenciés. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais en perte de vitesse. Il est encore autorisé aux Etats-Unis mais en perte de vitesse puisque partiellement interdit (autorisé encore dans certains états). Ses effets sont régulièrement critiqués; Richard Vedder de l'université de l'Ohio calcule qu'entre 2000 et 2008, plus d'un américain par minute a bougé d'un état dans lequel l'union shop existait vers un état sans union shop, ce dernier ayant des conséquences négatives sur l'emploi[3].

Notes et références

  1. Gérard Cornu, Vocabulaire juridique, 4e édition, p.157
  2. Gérard Noiriel, Les ouvriers dans la société française (XIXe - XXe siècle), Points Histoire, Seuil, 1986, 317 p.
  3. "Labour pains", The Economist, 13 février 2010, p.50

Bibliographie

  • 1942, J. E. Johnsen, The Closed Shop
  • 1982, Charles G. Hanson, Sheila Jackson et Douglas Miller, The Closed Shop: A Comparative Study of Public Policy and Trade Union Security in Britain, the Usa, and West Germany, Palgrave, ISBN 0312144911

Voir aussi

Liens externes


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