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Pierre Lemieux
Pierre Lemieux | |||||
Économiste | |||||
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Dates | 1947 - | ||||
Tendance | Anarcho-capitaliste | ||||
Nationalité | Canada | ||||
Articles internes | Autres articles sur Pierre Lemieux | ||||
Citation | |||||
Interwikis sur Pierre Lemieux | |||||
Pierre Lemieux, né à Sherbrooke en 1947, est un économiste canadien (Québec). Il enseigne à l'Université du Québec en Outaouais (UQO) et il est research fellow à l'Independent Institute (Oakland, Californie).
C'est un penseur qui a favorablement fait connaître les idées de l'anarcho-capitaliste, en France dès les années 1980. Il est l'auteur notamment du Que sais-je ? n° 2406 : "L’anarcho-capitalisme" (1988). Il fait également partie des 100 auteurs du livre Libres ! 100 idées, 100 auteurs. Il a également traduit en français Les limites de la liberté de James Buchanan et L'Éthique de la liberté de Murray Rothbard. Il a aussi dirigé avec Alain Laurent la collection "Iconoclastes" aux Belles Lettres.
Contestation du concept de liberté collective
Pierre Lemieux remet en question la validité du concept de liberté collective en mettant en avant les limites et les risques associés à la priorité accordée aux droits collectifs par rapport aux droits individuels. Il avance plusieurs arguments, tirés de son ouvrage Du libéralisme à l'anarcho-capitalisme publié en 1983. Voici quelques-uns de ces arguments :
- Confusion entre pouvoir du peuple et liberté du peuple : Pierre Lemieux soutient que le concept de liberté collective est une confusion entre le pouvoir du peuple, tel qu'il s'exprime dans les démocraties, et la véritable liberté individuelle. Il se réfère ainsi à Montesquieu pour illustrer cette confusion.
- Liberté individuelle vs. Liberté collective : Il remet en question l'idée que la démocratie représente la véritable liberté. Selon lui, présenter la liberté individuelle comme le pouvoir de l'argent ou la liberté de mourir de faim est une interprétation erronée. Il utilise l'exemple d'un esclave libéré qui se retrouve soumis aux décisions de la majorité pour illustrer les limites de la liberté collective.
- Droit individuel contre la tyrannie de la majorité. Pierre Lemieux soulève la question de la protection des droits individuels contre la tyrannie de la majorité dans un système basé sur la liberté collective. Il soutient que les droits individuels doivent exister en dehors du pouvoir politique majoritaire pour éviter des abus, tels que l'extermination des juifs ou l'expropriation d'une minorité.
- Minorités et droits individuels : Pierre Lemieux critique l'idée de protéger les droits collectifs des minorités comme moyen de concilier l'individu et la collectivité. Selon lui, cette approche pose des problèmes, car la quête de droits pour les minorités peut finalement conduire à la reconnaissance des droits individuels, qui sont par nature opposés aux droits collectifs de la majorité. Il suggère que la protection excessive des droits collectifs des minorités peut conduire à une tyrannie de la minorité, en soulignant que la minorité ultime est l'individu. Il met en garde contre le fait que la protection privilégiée des droits collectifs des minorités peut conduire à des déséquilibres dans la reconnaissance des droits individuels, et que cela pourrait finalement aboutir à une forme de tyrannie exercée par une minorité qui bénéficie d'une protection excessive. Pour lui, la quête des droits des minorités devrait être considérée avec prudence pour éviter des conséquences indésirables sur l'équilibre global des droits individuels et collectifs.
Informations complémentaires
Notes et références
Publications
- Pour une liste détaillée des œuvres de Pierre Lemieux, voir Pierre Lemieux (bibliographie)
Articles
En français
- 1995(fr) [pdf]Chaos et Anarchie sous la direction de Alain Albert, Chaos and society, Amsterdam, IOS Press, 1995
- 1996(fr)Divisibilité du territoire et nature de l'État
- (fr)Une économie sans efficacité sociale a-t-elle un sens? Exposé d'ouverture dans le cadre d'un débat avec Ignacio Ramonet, organisé par le Mondial de la Communication, Hull, le 18 mars 1996
- (fr)Sommes-nous moralement tenus d'obéir aux lois?, Publié dans Le Figaro-Économie , 12 septembre 1996
- (fr)L'économie de la guerre civile, Publié dans Le Figaro-Économie, 21 novembre 1996
- 1997(fr)Un plan pour résoudre le problème des finances publiques au Québec Publié dans La Presse, 15 janvier 1997
- « L'économie de la résistance fiscale », Publié dans Le Figaro-Économie, 30 janvier 1997
- (fr)Le jeu et l'argent Publié dans Le Figaro-Économie, 20 février 1997
- (fr)Théorie des probabilités et scrutins étatiques Publié (en version légèrement modifiée) dans Le Figaro-Économie, 4 septembre 1997
- 1998(fr)L'ordre caché de l'économie Publié dans Le Québécois libre, 14 mars 1998
- 1999« Les armes et la légitime défense », Publié dans Le Figaro-Économie, 5 février 1999
- (fr)L'économie comme science expérimentale, Publié dans Le Figaro-Économie, 9 avril 1999
- (fr)La fin de la monnaie, Publié dans Le Figaro-Économie, 18 juin 1999
- 2000(fr) [pdf]La Banque mondiale et le coût social du tabac
- (fr)Le coût social du tabac, Publié dans Le Figaro-Économie, 18 février 2000
- (fr)Économie de l'exception française, Publié dans Le Figaro-Économie, 15 septembre 2000
- « Libéraux et libertariens devant l'impôt », Publié le 1er novembre 2000
- (fr)Du permis de conduire à l'autorisation d'avoir des enfants, Publié dans Le Figaro-Économie, 8 décembre 2000
- 2001(fr)À quoi servent les économistes ? Publié dans Le Figaro-Économie, 19 janvier 2001
- 2009(fr)L'illusion keynésienne Publié dans La Tribune (Paris), 13 janvier 2009, p. 8
- 2013(fr), Du libéralisme à l’anarcho-capitalisme, trente ans plus tard, Pierre Lemieux revient sur son ouvrage publié en 1983
Littérature secondaire
- 1988, France Giroux, commentaire du livre de Pierre Lemieux, "La souveraineté de l'individu: essai sur les fondements et les conséquences du nouveau libéralisme", Canadian Journal of Political Science / Revue canadienne de science politique, Vol 21, n°2, pp429-431
Citations
- « Il est difficile d’imaginer l’avenir de l’humanité sous le joug de cette institution fruste et dangereuse qu’est l’État. Des troupeaux d’hommes sont forcés, officiellement pour leur propre bien, de payer des impôts qui servent essentiellement à favoriser certains d’entre eux et à enrégimenter et contrôler tout le monde. À la manière dont les choses progressent, l’argument de Rothbard selon lequel nous n’avons rien à perdre à essayer l’anarchie risque fort de devenir incontournable. »[1]
- « Le droit naturel s'entend de deux manières. D'une part, il s'agit d'un produit de l'ordre spontané, d'une loi naturelle qui se découvre par un processus de développement spontané du droit à la manière de la Common Law britannique. D'autre part, le droit naturel anarcho-capitaliste réfère aussi à un ensemble de principes fondamentaux – des principes lockéens chez Rothbard – accessibles à la raison et sur la base desquels peut ensuite s'arranger le développement spontané des règles de droit. Autrement dit, le développement du droit relèverait de la jurisprudence des tribunaux privés qui découvriraient la loi et corrigeraient le droit coutumier à lumière des principes rationalistes du droit libertarien. De là, selon Rothbard, résulterait un « code de lois » dérivé à la fois du droit coutumier et de l'éthique rationaliste libertarienne. » (L'Anarcho-capitalisme)
- « La privatisation des tribunaux civils est tout à fait concevable et réaliste. Il existe présentement aux États-Unis des milliers d'arbitres privés auxquels les parties à un contrat peuvent librement recourir pour régler un litige, et pareil recours est souvent prévu à l'avance dans les contrats. Devant l'inefficacité des tribunaux de l'État, observe Rothbard, les sociétés d'arbitrage privées sont florissantes. » (L'Anarcho-capitalisme)
- « Avec la plus méchante des multinationales, vous pouvez choisir de n'avoir aucune relation : vous vous passerez de ses produits et elle n'obtiendra pas un sou de vous. Puis essayez de faire la même chose avec l'État : refusez ses services et cessez de payer l'impôt. Vous verrez qui a le pouvoir dans le poulailler. »
- « Je déclare être un individu souverain à qui personne n'a le droit moral d'imposer quoi que ce soit sans son consentement, à part l'obligation générale de respecter la souveraineté égale des autres individus. Je déclare donc que, à l'instar de M. Henry David Thoreau, "je ne veux être considéré membre d'aucune société à laquelle je n'ai pas adhéré" (La Désobéissance civile, 1849). Cette déclaration s'adresse à tout individu, maître-esclavagiste, groupe, mafia ou État qui prétendrait m'imposer des charges auxquelles je n'ai pas consenti soit dans mon intérêt, soit comme contribution libre et volontaire au bien commun. »[2]
- « Le principal problème de la dette est de permettre une expansion de l'État qui semble sans douleur — jusqu'à ce que la douleur devienne insupportable et menace l'ensemble de l'économie. Mais le problème porte peut-être en lui sa propre solution, la crise actuelle des dettes souveraines offrant une chance inespérée : enchaîner Léviathan. Presque partout, l'État est fauché, et devra réduire fortement ses dépenses ou faire défaut sur sa dette. En vérité, un défaut l'obligerait également à réduire ses dépenses en bloquant son accès aux marchés financiers. » (Les Dettes Souveraines, Libres ! 100 idées, 100 auteurs)
- « Comment expliquer cette préférence perverse de l’État pour la sécurité des criminels plutôt que celle des honnêtes gens ? Parce que l’État se veut le seul dispensateur de salut : appelez la police. L’État déteste le sentiment de souveraineté individuelle que favorise la possession d’une arme. Et si l’État avait peur de ses sujets au début du 20e siècle, alors que les rumeurs de révolution servirent de prétexte aux premiers contrôles généralisés (1911 à New York, 1920 en Angleterre), il les craint bien davantage à l’aube du 21e. » (Confessions d’un coureur des bois, 2001)
- « En comparaison, le voleur de grand chemin fait même figure de gentleman : il ne pousse pas l'hypocrisie jusqu'à se prétendre dépositaire d'une légitimité ou d'un humanitarisme fictifs quand, comme le gouvernement, il profère « la bourse ou la vie ». Et une fois son exaction accomplie, le voleur ordinaire laisse sa victime en paix, il cesse de la harceler, il ne la réduit pas à une servitude continuelle. »[3]
- « Conçue comme liberté collective et règne de la majorité, la démocratie, qui institutionnalise la propriété collective, n’est qu’une forme de l’esclavage. »
Liens externes
- (fr)Site personnel de Pierre Lemieux, en sommeil
- (fr)Posts de Pierre Lemieux sur Econlib (actif)
- (fr)L'anarcho-capitalisme (coll. Que sais-je ?)
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