Vous pouvez contribuer simplement à Wikibéral. Pour cela, demandez un compte à adminwiki@liberaux.org. N'hésitez pas !


Mary Wollstonecraft

De Wikiberal
Aller à la navigation Aller à la recherche
Mary Wollstonecraft
'

Dates (1759-1797)
Ce que à quoi pourrait ressembler Mary Wollstonecraft aujourd'hui dans toute sa modernité
Tendance Féminisme libertarien
Nationalité Royaume-Uni Royaume-Uni
Articles internes Autres articles sur Mary Wollstonecraft

Citation
Interwikis sur Mary Wollstonecraft

Au cours de sa courte vie, Mary Wollstonecraft (née en 1759 à Londres dans une famille ouvrière - décédée en 1797)[1] a ouvert la voie au féminisme libéral en élargissant la théorie des droits naturels pour l'appliquer aux femmes. Comme l'écrit Wendy McElroy (2008) dans sa biographie, "La vie de Marie Wollstonecraft a embrassé le drame et la tragédie alors qu'elle poursuivait l'indépendance intellectuelle, financière et sexuelle promue par ses écrits".

Les femmes sont des créatures rationnelles qui doivent avoir les mêmes droits que les hommes

En 1784, Mary Wollstonecraft cofonde une école dans le village de Newington Green, où elle se lie d'amitié avec son pasteur, Richard Price[2]. Grâce à son mentor, elle fit la connaissance des principaux réformateurs anglais dont l'éditeur radical Joseph Johnson qui lui a confié la rédaction de la brochure « Réflexions sur l'éducation des filles » (1787). Elle rejetait les méthodes traditionnelles d'instruction des filles, en exigeant que leur éducation soit en accord avec celles consacrées par les vues des Lumières. En 1788, elle publie ses deux premiers livres, un roman biographique, "Mary, a Fiction", qui décrit comment les limitations sociales des femmes les oppriment ; et un autre livre pour enfants, "Original Stories from Real Life". Elle a commencé à travailler en tant que critique pour une revue mensuelle "Analytical Review"[3] et en tant que traductrice en anglais de Jacques Necker, "On the Importance of Religious Opinions".

Elle rencontre son futur époux, William Godwin, à la fin du XVIIIe siècle, lorsqu'elle est devenue membre d'un cercle londonien d'auteurs libertariens où figurait également le poète Percy Bysshe Shelley. Dans ce cadre qui rappelle la philosophie des Lumières, la raison est placée au cœur de l'identité humaine et de son évolution. Dans un monde de plus en plus ouvert et en cours de changement, non seulement industriellement, mais aussi socialement et intellectuellement, Mary Wollstonecraft voulait donner à la femme la place d'honneur qu'elle méritait au sein de la société, dans son foyer et pour son intimité. Aussi, elle appliqua le principe de la liberté personnelle dans le domaine sexuel et elle insista sur la simple évidence, tautologie d'aujourd'hui, que les femmes sont des créatures rationnelles.

Les femmes doivent caresser de nobles ambitions en exprimant leurs capacités et leurs talents

Mary Wollstonecraft considéra un peu hâtivement que la Révolution française, en 1789, était l'expression de la lutte pour la liberté individuelle contre la monarchie tyrannique. Alors, dans "A Vindication of the Rights of Men" (1790), elle proposa de remplacer le système aristocratique par une république et elle s'attaqua au traditionalisme évoqué par Edmund Burke dans son ouvrage défendant la monarchie française en l'accusant d'être le mal qui étouffe le progrès et la rationalité.

Son autre production intellectuelle majeure, "Vindication of the Rights of Women", est datée de 1792. Cet ouvrage est largement considéré comme le premier grand traité féministe. Dans celui-ci, Mary Wollstonecraft nomme les femmes, les co-héritières, avec les hommes de la tradition individualiste. Il faudra encore 56 ans de plus avant que ses paroles ne soient suivies d'une action politique aux États-Unis par Elizabeth Cady Stanton[4] et par l'apparition du féminisme libertarien[5] Elle souligne à quel point les femmes sont essentielles dans la société et, pas uniquement pour l'éducation des enfants. Elle préconisait une meilleure éducation pour les femmes, non pas pour les avantages que cela procure aux hommes mais elle insistait sur le fait que le modèle d'éducation devait être identique à celui des hommes. Les femmes, pensait-elle, étaient freinées par l'ardeur des hommes à louer leur beauté et leur modestie ainsi que d'autres fausses valeurs de la classe moyenne. Elle souhaitait que les femmes deviennent des êtres ambitieuses et civilisées. Leur destin, invoquait-elle, n'est pas de se soucier d'inspirer l'amour mais les femmes doivent caresser de plus nobles ambitions, de sorte que leurs capacités, leurs talents, leurs vertus et leurs réussites imposent le respect auprès de tous les membres de la société.

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Elle est décédée à l'âge de 38 ans, peu après avoir donné naissance à son deuxième enfant, la future romancière Mary Shelley (17971851), célèbre internationalement pour son ouvrage, "Frankenstein".
  2. Richard Price était l'un des dirigeants d'un groupe connu sous le nom de Rational Dissenters et l'auteur d'un livre influent intitulé "Review of the Principal Questions of Morals" (1758), qui soutenait que la conscience et la raison individuelles devaient déterminer les choix moraux. Lors de la révolution française en 1789, il affirma publiquement que la Grande-Bretagne devait soutenir les droits que les Français exerçaient pour détrôner un mauvais roi. Edmund Burke répondit dans son ouvrage, "Réflexions sur la Révolution en France" dans lequel il plaida en faveur de la monarchie française.
  3. dont Joseph Johnson était le directeur de la publication.
  4. L'Américaine Elizabeth Cady Stanton a écrit "The Declarations of Sentiments and Resolutions", en 1848 qui revendiquait la reconnaissance des droits des femmes. En tant qu'héritière intellectuelle de Mary Wollstonecraft, elle a également combattu le 14e amendement parce qu'il définissait les citoyens comme des hommes; elle a également organisé la National Woman Suffrage Association en 1869
  5. Suzanne La Follette signa sans doute le second traité le plus important du féminisme libertarien en 1926, "Concerning Women".

Publication

  • 1788,
    • a. "Mary, a Fiction"
    • b. "Original Stories from Real Life"
  • 1790, "A Vindication of the Rights of Men"
    • Nouvelle édition en 1959, "A Vindication of the Rights of Men, in a Letter to the Honourable Edmund Burke", New York: Facsimile & Reprints
  • 1792, "A Vindication of the Rights of Women" ("Une revendication des droits de la femme")
    • Nouvelle édition en 1992, Miriam Brody, dir., "A Vindication of the Rights of Woman", London: Penguin

Littérature secondaire

  • 1798, William Godwin, "Memoirs of the Author of a Vindication of the Rights of Woman", London
    • Nouvelle édition en 1987, New York: Penguin
  • 1966, Ralph M. Wardle, "Mary Wollstonecraft: A Critical Biography", Lincoln: University of Nebraska Press
  • 1970, Margaret George, "One Woman’s “Situation”: A Study of Mary Wollstonecraft", Urbana: University of Illinois Press
  • 1972, Eleanor Flexner, "Mary Wollstonecraft", New York: Putnam
  • 1984, Moira Ferguson, Janet Todd, "Mary Wollstonecraft", Boston: Twayne
  • 1992, Claire Tomalin, "The Life and Death of Mary Wollstonecraft", London: Penguin
  • 2002, Roberta Modugno, "Mary Wollstonecraft. Diritti umani e Rivoluzione francese", Rubbettino, Soveria Mannelli
  • 2020, Nancy E. Johnson, Paul Keen, dir., "Mary Wollstonecraft in Context", Cambridge University Press