Vous pouvez contribuer simplement à Wikibéral. Pour cela, demandez un compte à adminwiki@liberaux.org. N'hésitez pas !
Euthanasie
L'euthanasie comme un droit individuel
L'euthanasie, en tant que décision prise par le patient, est un droit fondamental de l'être humain (comme le suicide), car elle ressortit à la liberté de chaque individu. Chaque individu est libre d'agir comme bon lui semble tant qu'il n'agresse personne. En ce sens, l'euthanasie, tant qu'elle ressortit à la volonté du malade, ne constitue pas un acte offensif - quel que soit le jugement moral que l'on porte sur ce comportement.
Chaque individu doit être libre d'utiliser son corps (pour courir, dormir, etc.), d'en tirer profit (en louant sa force de travail, en se prostituant, en vendant ses organes, etc.) et d'en abuser (en se droguant, en se suicidant, en se mutilant, en consommant trop de sel ou de sucre, en devenant obèse, en ne pratiquant aucun sport, etc.). Si une loi punit des médecins qui pratiquent l'euthanasie à la demande de leur malade, une telle sanction est illégitime au regard des droits naturels.
L'euthanasie comme le droit de tuer ?
A ce titre, toute intrusion de l'État dans un domaine aussi sensible d'un point de vue éthique ne peut mener qu'à des dérives inacceptables. On se souvient ainsi que les nazis parlaient d'euthanasie pour l'extermination des handicapés. Lorsque le choix de prolonger la vie implique une forte dépense, et que la bureaucratie a confisqué pour elle-même le pouvoir d'ordonner ou d'interdire cette dépense, le bureaucrate, qu'il soit médecin de la Sécurité sociale ou simple fonctionnaire, a le pouvoir de vie et de mort sur quiconque a le malheur de tomber malade entre ses mains. On peut lire sous la plume d'un étatiste socialiste une justification de l'euthanasie pour réduire "les coûts pour la collectivité" :
- « Dès qu'on dépasse 60/65 ans, l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il coûte cher à la société. »
- « D'où je crois que dans la logique même de la société industrielle, l'objectif ne va plus être d'allonger l'espérance de vie, mais de faire en sorte qu'à l'intérieur même d'une durée de vie déterminée, l'homme vive le mieux possible mais de telle sorte que les dépenses de santé seront les plus réduites possible en terme de coûts pour la collectivité. (...) En effet, du point de vue de la société, il est bien préférable que la machine humaine s'arrête brutalement plutôt qu'elle ne se détériore progressivement. C'est parfaitement clair si l'on se rappelle que les deux tiers des dépenses de santé sont concentrées sur les derniers mots de vie. »
- « L'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figures. » (Jacques Attali, L’avenir de la vie, 1981, Seghers)
De telles propositions découlent de façon naturelle des thèses collectivistes : votre vie ne vous appartient pas, elle appartient à la collectivité, qui vous soigne et veille sur vous. Donc pourquoi prolonger votre vie, si vous n'apportez rien à la communauté ? On est bien loin de l'euthanasie comme choix individuel face à la souffrance, mais on est bien près du totalitarisme dans toute son inhumanité.
Il faut donc distinguer deux sens possibles (et opposés) pour le terme d'euthanasie : le droit de mourir dans la dignité, choix volontaire, et ce que Murray Rothbard appelle le "droit de tuer dans la dignité", exercé pour des raisons comptables ou utilitaristes par des administrations, des médecins, voire approuvé par la justice, qui fait totalement fi du consentement du patient.
Liens externes
- The Right to Kill, with Dignity ? par Murray Rothbard
- The State vs. Doctors par Ron Paul
- L'euthanasie, un choix individuel dans une société libertarienne par Michaël Marrache
- Angels of Death par Sabine Barnhart
- Euthanasie en droit suisse
- Le libertarisme, la propriété de soi, et l’homicide consensuel par Peter Vallentyne
![]() |
Accédez d'un seul coup d’œil au portail sur les sujets de société. |