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Privatisation

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B0.jpg Discussions sur le forum
"Qu'est-ce Qu'une "libéralisation"? Attention, sujet difficile et extrêmement important" (for)
"Privatisations Du Gouvernement Villepin" (for)
"Secteurs économiques Stratégiques. Le débat nationalisation-privatisation" (for)
"Si J'étais Ministre Des Finances. Votre programme ?" (for)

La privatisation est une action consistant à transférer au secteur privé des pans d'activité dépendant préalablement de la puissance publique.

Les privatisations menées en général, surtout ces dernières années, n'ont concerné que la distribution, pas les réseaux. Autrement dit, les sociétés gestionnaires ne sont partout que des concessions. Quand il y a une société privée dans le jeu, elle n'est chargée QUE de la distribution. Le réseau et les ressources sont publics, donc personne ne se soucie de la moindre économie.

Le problème est analogue pour l'exploitation outrancière de certaines forêts dans le monde.

Pour les libéraux, il est nécessaire de TOUT privatiser et de TOUT libéraliser, et non de se défaire de certaines activités pour des raisons budgétaires.

Notons que le gouvernement est en train de recommencer les mêmes erreurs avec la "privatisation" des autoroutes. Il ne s'agit en fait que de la privatisation de l'exploitation. Le réseau reste propriété de l'État et ce dernier fixe les règles dans le cahier des charges de l'exploitation. Donc, pour les sociétés sur les rangs, le but sera de prendre un maximum de rente pendant le laps de temps imparti, et de faire le moins possible d'entretien et de développement.

On a pu constater l'échec de ces pseudo privatisations sous contrôle étatique avec l'exemple de l'électricité californienne.

Les libéraux sont donc contre les privatisations - les actuelles.

Du reste, le terme de "privatisation" ne représente pas grand intérêt (d'ailleurs, tout n'est pas "privatisable", par exemple les activités nuisibles ou illégitimes : les douanes, le fisc ou - pour prendre le cas extrême de l'horreur étatique - les camps de concentration). Pensons encore à la volonté de privatiser le pétrole irakien au bénéfice d'une certaine compagnie américaine...

Ce que les libéraux défendent et expliquent, c'est l'intérêt des libéralisations de tel ou tel secteur. "Privé" ne porte en soi rien de valorisant - le crime privé, cela existe aussi.

Arguments en faveur des privatisations

B0.jpg Discussions sur le forum
"L'électricité Aux Usa. C'est vrai que ça flambe ?" (for)
"Trains En Angleterre..." (for)
"Le Train "privé"" (for)
"Privatisation De La Sncf. Avec ou sans les chemins de fers ?" (for)
"Sur La Privatisation Des Chemins De Fer" (for)
"Privatisation Du Droit. Méthode" (for)
  • l'État n'est pas incité naturellement à assurer le bon fonctionnement des entreprises qu'il détient, alors que les propriétaires privés y sont contraints (sous peine de disparaître du marché) ; pour cette raison, les entreprises privatisées deviennent plus efficaces.
  • l'entreprise privatisée est débarrassée de l'interférence de la politique ; ses dirigeants ne sont plus choisis pour des raisons politiques ; son objectif correspond à une logique économique et non plus politique ou "sociale" (dans le mauvais sens du mot).
  • la privatisation contribue à alléger le fardeau fiscal que supporte le contribuable, contraint de financer malgré lui des services non profitables.

Faux arguments apparemment en défaveur des privatisations

  • à gestion égale, allégeant en apparence l'impôt du contribuable, la privatisation augmente en fait le coût total effectif du consommateur, puisqu'il faut rajouter le profit reversé aux actionnaires : mauvaise définition du profit, qui est ce qui reste à l'entrepreneur quand tout a été payé, et non pas un surplus fixé a priori qui impacterait le "coût total effectif" ; il est évidemment plus juste que le consommateur paye les produits et services qu'il achète pour son usage propre plutôt que le contribuable, payeur aveugle.
  • la logique économique est en général en opposition avec l'intérêt général. La nationalisation permet d'imposer un traitement egal pour tous les citoyens (eau, téléphone, poste, électricité, routes, train, ...) : l'intérêt général est une pure fiction au nom de laquelle certains contribuables payent pour les autres, c'est la justification du collectivisme ; le traitement soi-disant "égal" suppose que l'on vole les uns au profit des autres (voir égalitarisme).
  • les entreprises ont pris l'habitude de nationaliser leurs pertes et de privatiser leurs profits : la nationalisation permet d'éviter ce jeu de dupe : les libéraux, au nom du principe de responsabilité, sont contre la "nationalisation des pertes", qui est réalisée par des politiciens cherchant à complaire à leur clientèle en sauvant les "canards boîteux" de l'économie. L'argument peut d'ailleurs être retourné quand on constate que sont privatisés des services déficitaires qui seront renationalisés quand ils redeviennent rentables, fût-ce au prix d'une forte augmentation des coûts, inputée seulement au privé (exemple des réseaux d'eau potable en France).
  • lorsque, dans un domaine, le monopole guette, la nationalisation est le seul moyen d'éviter un pouvoir exorbitant au seul profit de quelques uns : quand un monopole est aux mains de l'État (pouvoir exorbitant de par la loi du plus fort), nul peut y échapper, quand il est aux mains d'une entreprise privée, n'importe qui peut venir en concurrence pour peu que l'État n'ait pas fermé le marché par une décision autoritaire.
  • Variante de la précédente : La théorie du monopole naturel explique que certaines activités tendant naturellement vers une situation de monopole (réseaux électriques, téléphoniques...): le coût marginal de production ne cesse de décroître (du fait de l'existence des coûts fixes), cela grève la compétitivité de l'entreprise disposant des parts de marché les moins importantes ; on aboutit à la conception d'un monopole, qualifié pour cette raison de naturel, qui est le pur résultat de la logique de marché. Une fois en situation de monopole, le comportement rationnel de la firme est de fixer un prix largement supérieur au coût marginal. Privatiser une telle entreprise n'est alors pas dans l'intérêt général puisqu'elle peut pratiquer des prix arbitrairement élevés. Cet argument est admis par certains libéraux, mais refusé par d'autres. C'est entre autres l'argument en faveur du "service public à la française" : voir monopole naturel.

La privatisation des rues

B0.jpg Discussions sur le forum
"Ville Privée" (for)
"Vers Une école Libérale. La privatisation des écoles? Oui mais..." (for)
"La privatisation de l'enseignement ... libéral ?" (for)
"Privatiser La Guerre" (for)
"Privatiser L'eau" (for)
"Water For Sale" (for)

Même si ce sujet n'est pas une de leurs priorités, les libertariens militent pour la privatisation des rues. Bertrand Lemennicier relève les inconvénients de la rue "propriété publique" (c'est-à-dire propriété de personne) : davantage d'accidents, de criminalité, d'encombrements et de pollution, irresponsabilité du "propriétaire collectif" contre lequel les victimes ne peuvent jamais se retourner. Il fait observer que la privatisation des rues n'a rien d'utopique : 3% des rues de Paris sont privées, et il existe même dans le monde plusieurs villes totalement privées (Reston en Virginie, Sandy Springs et Braselton en Géorgie, Irvine et Lakewood en Californie, Sun City en Arizona, Magarpatta en Inde, etc.).

Erreur fréquente

On appelle souvent "privatisation" ce qui n'est qu'une déréglementation partielle ou une concession très encadrée (par exemple, les chemins de fer au Royaume Uni, ou les compagnies électriques aux États-Unis). On a alors beau jeu de démontrer l'"échec" des privatisations, alors que la libéralisation n'est pas totale, que l'État continue de réglementer le marché (au nom de l'"intérêt général" et pour "éviter les abus") et l'empêche de trouver son équilibre (exemple de l'électricité en Californie). En France on appelle également "privatisation" une mise sur le marché partielle, l'État gardant la majorité absolue !

Bibliographie

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Voir aussi

Liens externes


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