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Sir '''Keith Joseph''' (Keith Sinjohn Joseph, Baron Joseph, né le 17 janvier [[1918]], mort le 10 décembre [[1994]]) était un parlementaire britannique. Ministre sous trois gouvernements, il est considéré comme l'éminence grise de l'élaboration du [[Margaret Thatcher|thatcherisme]].
Sir '''Keith Joseph''' (Keith Sinjohn Joseph, Baron Joseph, né le 17 janvier [[1918]], mort le 10 décembre [[1994]]) était un parlementaire britannique. Ministre sous trois gouvernements, il est considéré comme l'éminence grise de l'élaboration du [[Margaret Thatcher|thatcherisme]].


= Biographie =
= Un défenseur du libéralisme et de la politique économique monétariste =


Il est diplômé en droit puis doit aller servir dans l'armée britannique pendant la seconde guerre mondiale, comme capitaine dans l'artillerie. A l'issue de la guerre, il travaille quelques temps dans les affaires.
Il est diplômé en droit puis doit aller servir dans l'armée britannique pendant la seconde guerre mondiale, comme capitaine dans l'artillerie. A l'issue de la guerre, il travaille quelques temps dans les affaires.

Version du 23 juin 2023 à 21:53

Keith Joseph
Homme politique

Dates 1918 - 1994
Couverture d'un livre sur Keith Joseph
Tendance libéral classique, libéral conservateur
Nationalité Royaume-Uni Royaume-Uni
Articles internes Autres articles sur Keith Joseph

Citation « Depuis la fin de la guerre, nous sommes allés trop loin dans la direction du socialisme. Les conservateurs ont été au pouvoir la moitié du temps, mais ils n'ont pas jugé possible de revenir sur les acquis socialistes. » (1975)
Interwikis sur Keith Joseph

Sir Keith Joseph (Keith Sinjohn Joseph, Baron Joseph, né le 17 janvier 1918, mort le 10 décembre 1994) était un parlementaire britannique. Ministre sous trois gouvernements, il est considéré comme l'éminence grise de l'élaboration du thatcherisme.

Un défenseur du libéralisme et de la politique économique monétariste

Il est diplômé en droit puis doit aller servir dans l'armée britannique pendant la seconde guerre mondiale, comme capitaine dans l'artillerie. A l'issue de la guerre, il travaille quelques temps dans les affaires.

Il est élu au Parlement en 1956. Au nom de ses convictions libérales et non-interventionnistes, il s'oppose alors à l'intervention pour reprendre le contrôle du canal de Suez[1]. Il occupe plusieurs postes auprès des gouvernements conservateurs dans les années 1960. À partir du début des années 1970, il occupe plusieurs postes de ministre, en particulier à l'enseignement ou en charge du NHS. C'est alors que ses idées politiques se précisent, de plus en plus libérales-conservatrices. Ainsi, il déclare en 1974 : « je ne suis devenu conservateur que récemment »[2]. Il se plaçait dans la filiation de Friedrich Hayek et de Milton Friedman[1].

Chef de son courant au sein du parti conservateur britannique, il détruit ses chances d'accéder au pouvoir lors d'un discours de 1974 à Birmingham au cours duquel il semble tenir des propos eugénistes. Margaret Thatcher[3], qui bénéficie de son soutien, prend alors sa suite.

Il créa avec elle la même année le Centre for Policy Studies, think tank libéral. Il exerça une influence importante sur les idées politiques de la « dame de fer », comme elle le reconnut dans ses Mémoires en 1995[4], et sur la ligne du Parti Conservateur britannique. En 1976, Thatcher et Joseph publient les grandes lignes de leur programme dans The Right Approach. Ils s'y opposent de front à « l'idéologie socialiste qui implique un État omnipotent et est inscrite dans une théorie de la propriété et de la lutte des classes dépassée depuis des décennies. »

Il entre dans le Cabinet Thatcher au poste de ministre de l'industrie, avec la tâche de « changer la philosophie du ministère », centrée auparavant sur l'aide aux canards boiteux de l'économie britannique. Il passa par la suite au ministère de l'Éducation, envisageant la mise en place du système de chèque éducation mais sans l'obtenir pleinement[5].

Son apport principal fut l'application du monétarisme à la politique économique britannique.

La défense de la libre entreprise

Dans son essai stimulant, « In Defence of Free Enterprise », Sir Keith Joseph défend avec éloquence le rôle vital de la libre entreprise dans la société. Il souligne l'immense impact que la libre entreprise a eu sur le progrès matériel, soulignant sa capacité à réduire la pauvreté, à élever le niveau de vie et à élargir la gamme de biens disponibles pour les individus. En outre, il souligne les contributions importantes rendues possibles par les bénéfices générés par la libre entreprise, tels que le mécénat des arts, le soutien à des causes caritatives, les progrès de la recherche scientifique et le financement de biens et services publics essentiels.

A. L'entreprise libre en tant qu'amélioratrice

Keith Joseph reconnaît que la libre entreprise, comme toute institution humaine, est imparfaite. Cependant, il soutient que ses défauts inhérents servent de catalyseurs pour l'innovation et l'adaptation. La libre entreprise, selon lui, n'est pas un processus mécanique conduit uniquement par des mécanismes économiques, mais plutôt un système dynamique et organique qui répond constamment aux besoins divers et évolutifs des êtres humains. Il souligne la remarquable capacité de la libre entreprise à concilier les intérêts des individus en tant que travailleurs et consommateurs, dépassant les capacités des entreprises d'ingénierie sociale les plus ambitieuses.

B. L'entreprise libre comme grand niveleur

L'un des arguments convaincants mis en avant par Keith Joseph est l'effet de nivellement de la libre entreprise. Il affirme que la concurrence et l'innovation au sein du système permettent aux produits de luxe initialement appréciés par quelques privilégiés de devenir rapidement accessibles et abordables pour les masses. Ce pouvoir de transformation garantit que ce qui était autrefois considéré comme un luxe devient finalement une nécessité pour un segment plus large de la société. L'auteur présente la libre entreprise comme une force qui réduit les écarts sociétaux et promeut l'égalité en élargissant l'accès à des biens et services auparavant exclusifs.

C. Libre entreprise et liberté culturelle et politique

Sir Keith Joseph souligne la relation critique entre la libre entreprise et la liberté culturelle et politique. Il affirme que la décentralisation de la propriété et de la prise de décision inhérente à l'ordre du marché agit comme un frein nécessaire à l'accumulation du pouvoir par l'État. Cette décentralisation garantit un large éventail de mécènes potentiels pour diverses entreprises politiques, culturelles et économiques, favorisant un environnement qui embrasse et nourrit la liberté. En revanche, Keith Joseph soutient que les systèmes économiques socialistes, caractérisés par un contrôle strict des ressources par les politiciens ou les bureaucrates, ont constamment échoué à offrir la liberté, l'égalité ou la fraternité.

D. Échecs des systèmes économiques socialistes

Attirant l'attention sur les échecs et les tragédies associés aux systèmes économiques socialistes, Keith Joseph s'oppose à leur viabilité. Il fait référence à la perspective de Soljenitsyne, qui a noté que les réalisations du capitalisme dépassaient de loin les prédictions faites par Karl Marx, en particulier en termes de fourniture de nourriture, de vêtements et de loisirs. Keith Joseph affirme que l'existence de nombreuses nations socialistes n'équivaut pas à la réalisation de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Il soutient que ces nations ne font souvent que du bout des lèvres à ces idéaux, laissant leurs citoyens désabusés.

E. La nécessité de défendre la libre entreprise

Keith Joseph trouve perplexe que la libre entreprise, malgré ses succès remarquables, ait encore besoin d'être défendue, en particulier face à un système comme le socialisme, qui s'est avéré profondément défectueux. Il attribue ce paradoxe au fait que la plupart des commentateurs sociaux n'ont pas vraiment examiné les résultats de l'un ou l'autre système et ont été induits en erreur par des objections morales. Il conteste la croyance dominante selon laquelle la libre entreprise est intrinsèquement mauvaise en raison de l'égoïsme et de la cupidité individuels, arguant que ces objections sont fondées sur des hypothèses erronées.

F. Condamnation de la libre entreprise pour des raisons éthiques

La condamnation de la libre entreprise pour des raisons éthiques est un thème récurrent dans l'essai de Keith Joseph. Il reconnaît que les critiques soulignent souvent la question de l'inégalité au sein du système de la libre entreprise comme une préoccupation morale. Cependant, il conteste l'idée que l'inégalité est un défaut inhérent à la libre entreprise, suggérant qu'il s'agit d'un problème complexe qui nécessite une compréhension plus nuancée. Il suggère que se concentrer uniquement sur l'inégalité ignore les avantages et les progrès globaux apportés par la libre entreprise, y compris l'élévation du niveau de vie et l'offre d'opportunités de mobilité sociale.

De plus, Sir Joseph critique l'hostilité morale historique et contemporaine envers la libre entreprise. Il soutient que ces critiques sont souvent enracinées dans une incompréhension des principes fondamentaux du système. En décrivant la libre entreprise comme motivée uniquement par l'égoïsme et la cupidité individuels, ses détracteurs ne reconnaissent pas les avantages sociétaux plus larges qui découlent de l'échange volontaire, de la concurrence et de l'innovation.

En conclusion, l'essai de Sir Keith Joseph "In Defence of Free Enterprise" présente un cas convaincant de l'importance et des mérites de la libre entreprise dans la société. Il souligne son rôle de plus grand moteur de progrès matériel, soulignant son impact positif sur la réduction de la pauvreté, le niveau de vie et la production de biens. Il soutient que la libre entreprise est un processus organique et adaptatif qui équilibre efficacement les intérêts des individus en tant que travailleurs et consommateurs. Il soutient également que la libre entreprise agit comme un frein nécessaire au pouvoir de l'État, promouvant la liberté culturelle et politique.

Keith Joseph critique les échecs des systèmes économiques socialistes et conteste les objections morales soulevées contre la libre entreprise, affirmant qu'elles sont basées sur des idées fausses et ne reconnaissent pas ses avantages sociétaux globaux. En fin de compte, l'essai de Joseph appelle à une réévaluation des attitudes négatives dominantes envers la libre entreprise et à une reconnaissance de ses contributions significatives au progrès humain, à la prospérité et à la liberté.

Informations complémentaires

Citations

  • « Depuis la fin de la guerre, nous sommes allés trop loin dans la direction du socialisme. Les conservateurs ont été au pouvoir la moitié du temps, mais ils n'ont pas jugé possible de revenir sur les acquis socialistes. » (1975)
  • « Ce n'est qu'en avril 1974 que je me suis converti au conservatisme. (Je pensais l'être mais je me rends compte désormais que je ne l'étais pas du tout.) »

Notes et références

  1. Revenir plus haut en : 1,0 et 1,1 (en)Obituary de Keith Joseph, The Guardian
  2. Margaret Thatcher, 10 Downing Street, Mémoires, p.23
  3. * Margaret Thatcher, 10, Downing Street, Mémoires, Albin Michel, 1993, ISBN 2226065903
    • Margaret Thatcher, Les chemins du pouvoir, Mémoires II, Albin Michel, 1885, ISBN 2226078355
  4. Margaret Thatcher, Les chemins du pouvoir, Mémoires II, p. 55
  5. Margaret Thatcher, 10 Downing Street, Mémoires, p.255 & 491

Publications

Littérature secondaire

= 2001, Andrew Denham, Mark Garnett, "Keith Joseph", Acumen Publishing, ISBN 190268303X


Articles connexes

Liens externes


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