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Différences entre les versions de « Paul Romer »
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Tout au long de l'histoire humaine, ce sont grâce à des systèmes de nouvelles règles apportées par de nouveaux hommes et femmes de gouvernement et des règles adaptées au développement de la population que de grandes améliorations ont pu avoir lieu. Dans le monde d'aujourd'hui, dit Paul Romer, ce processus est largement absent. Il propose donc d'échapper aux mauvaises règles et d'opter pour de nouvelles et meilleures normes. | Tout au long de l'histoire humaine, ce sont grâce à des systèmes de nouvelles règles apportées par de nouveaux hommes et femmes de gouvernement et des règles adaptées au développement de la population que de grandes améliorations ont pu avoir lieu. Dans le monde d'aujourd'hui, dit Paul Romer, ce processus est largement absent. Il propose donc d'échapper aux mauvaises règles et d'opter pour de nouvelles et meilleures normes. | ||
En [[2009]], donc, il dévoile son idée de villes à charte<ref>Une ville à charte représente une très grande zone économique spéciale (ZES) contenant une ville entière. Mais, au lieu d'une ZES qui serait dédiée uniquement à quelques industries ou secteurs, un terrain vide dans un pays en développement est développé comme une ville à partir de zéro. Un ensemble de règles décidées à l'avance est alors rédigé (charte). Pour éviter les défauts d'une recherche de rente qui ont été observées dans certaines ZES, les concessions ne sont pas accordées à des entreprises car l'objectif d'une ville à charte est la réforme de règles de vie interindividuelles, pas l'octroi de concessions à des sociétés. </ref>, un nouveau type de ville avec des règles qui favorisent la démocratie et le commerce. Il est très rapidement remarqué par certains dirigeants de pays en développement, comme ceux du [[Honduras]], qui voient ce nouveau concept de développement comme un acte audacieux d'urbanisation. Le Honduras fut très proche d'adopter son système en [[2011]] jusqu'à la dernière minute où le conseil constitutionnel a fait volte face définitivement en [[2012]]. Ensuite, Paul Romer fut nommé à la Banque mondiale<ref>Paul Romer a pris ses fonctions d'économiste en chef et de vice-président principal de la Banque mondiale en octobre [[2016]].</ref>. Beaucoup s'attendaient à ce que les villes à charte parviennent alors à émerger dans l'agenda des politiques de développement. Mais, hélas, il n'en fut rien jusqu'à présent. L'institution fut plus forte que l'individu ingénieux. Cependant, la proposition de la ville à charte n'est pas restée inaperçue par les acteurs et penseurs libertariens qui s'en inspirent pour construire de nouvelles ville privées sur les continents ou dans les océans comme pour l'idée du [[seasteading]]. | En [[2009]], donc, il dévoile son idée de villes à charte<ref>Une ville à charte représente une très grande zone économique spéciale (ZES) contenant une ville entière. Mais, au lieu d'une ZES qui serait dédiée uniquement à quelques industries ou secteurs, un terrain vide dans un pays en développement est développé comme une ville à partir de zéro. Un ensemble de règles décidées à l'avance est alors rédigé (charte). Pour éviter les défauts d'une recherche de rente qui ont été observées dans certaines ZES, les concessions ne sont pas accordées à des entreprises car l'objectif d'une ville à charte est la réforme de règles de vie interindividuelles, pas l'octroi de concessions à des sociétés. Ces petites régions expérimenteraient des règles économiques différentes de celles qui régissent leurs grands pays « d'accueil ». | ||
* [[2013]], Christopher Freiman, "Cosmopolitanism Within Borders: On Behalf of Charter Cities", Journal of Applied Philosophy, Vol 30, n°1, February, pp40-52 | |||
</ref>, un nouveau type de ville avec des règles qui favorisent la démocratie et le commerce. Il est très rapidement remarqué par certains dirigeants de pays en développement, comme ceux du [[Honduras]], qui voient ce nouveau concept de développement comme un acte audacieux d'urbanisation. Le Honduras fut très proche d'adopter son système en [[2011]] jusqu'à la dernière minute où le conseil constitutionnel a fait volte face définitivement en [[2012]]. Ensuite, Paul Romer fut nommé à la Banque mondiale<ref>Paul Romer a pris ses fonctions d'économiste en chef et de vice-président principal de la Banque mondiale en octobre [[2016]].</ref>. Beaucoup s'attendaient à ce que les villes à charte parviennent alors à émerger dans l'agenda des politiques de développement. Mais, hélas, il n'en fut rien jusqu'à présent. L'institution fut plus forte que l'individu ingénieux. Cependant, la proposition de la ville à charte n'est pas restée inaperçue par les acteurs et penseurs libertariens qui s'en inspirent pour construire de nouvelles ville privées sur les continents ou dans les océans comme pour l'idée du [[seasteading]]. | |||
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Version du 15 mars 2022 à 18:42
Paul Romer est un économiste américain, Prix Nobel d'Économie en 2018. Il s'est fait connaître dans le monde libéral et libertarien pour ses idées de développement des pays les moins avancés avec la proposition des « villes à charte ». Son nom est synonyme de la théorie de la croissance endogène, une théorie qui tente d'expliquer le rôle des nouvelles connaissances et du pouvoir des idées dans la croissance économique. Cependant, après une première tentative d'approche macroéconomique néo-classique, il se tourne ensuite à la fin des années 2000 vers une analyse économique des institutions avec une optique normative des conditions d'émergence de nouvelles règles qui favorisent les interactions des individus lesquelles sont favorables au développement.
La croissance économique grâce à l'apport de nouvelles technologies
Jusque dans les années 1950, les économistes mettaient l'accent sur le rôle de l'accumulation de capital (augmentation du stock de machines et de structures physiques) dans la compréhension de la croissance des pays. Des chercheurs comme Robert Solow ont ensuite produit des modèles montrant que l'accumulation de machines et d'infrastructures physiques ne peut pas expliquer totalement la croissance économique. Il y a toujours une grande partie inexpliquée, le soi-disant « résiduel de Solow » qui est dû au progrès technologique qui fait augmenter la productivité du travail. À la fin des années 1980, Paul Romer crée un modèle de croissance qui "endogénéise" le changement technologique plutôt que de le laisser extérieur au modèle comme il l'avait été jusqu'à son apport intellectuel. Par conséquent, l'accélération des découvertes et des mises en œuvre de nouvelles technologies sont primordiales pour la croissance.
La croissance économique grâce à l'apport de nouvelles règles
Après son apport à la théorie de la croissance, Paul Romer a quitté le milieu universitaire au début des années 2000 pour développer un outil d'enseignement en ligne appelé Aplia. Quelques années plus tard, en 2009, il revient dans l'actualité en participant au TED Talk. Là, il révèle qu'il a commencé à réfléchir depuis 2007 sur l'importance des politiques gouvernementales qui doivent encourager une expansion urbaine ordonnée et audacieuse[1]. Il souligne comment les pays à revenu faible et intermédiaire peuvent rattraper le retard de leur croissance économique. Pour résoudre les grands problèmes auxquels toute l'humanité est confrontée : l'insécurité, les atteintes à l'environnement, la pauvreté mondiale, il convient que les nouvelles technologies ne suffiront pas à elles seules. Par conséquent, il faut aussi accélérer la découverte et la mise en œuvre de nouvelles règles, c'est-à-dire de nouvelles idées sur la façon dont les gens interagissent.
Tout au long de l'histoire humaine, ce sont grâce à des systèmes de nouvelles règles apportées par de nouveaux hommes et femmes de gouvernement et des règles adaptées au développement de la population que de grandes améliorations ont pu avoir lieu. Dans le monde d'aujourd'hui, dit Paul Romer, ce processus est largement absent. Il propose donc d'échapper aux mauvaises règles et d'opter pour de nouvelles et meilleures normes.
En 2009, donc, il dévoile son idée de villes à charte[2], un nouveau type de ville avec des règles qui favorisent la démocratie et le commerce. Il est très rapidement remarqué par certains dirigeants de pays en développement, comme ceux du Honduras, qui voient ce nouveau concept de développement comme un acte audacieux d'urbanisation. Le Honduras fut très proche d'adopter son système en 2011 jusqu'à la dernière minute où le conseil constitutionnel a fait volte face définitivement en 2012. Ensuite, Paul Romer fut nommé à la Banque mondiale[3]. Beaucoup s'attendaient à ce que les villes à charte parviennent alors à émerger dans l'agenda des politiques de développement. Mais, hélas, il n'en fut rien jusqu'à présent. L'institution fut plus forte que l'individu ingénieux. Cependant, la proposition de la ville à charte n'est pas restée inaperçue par les acteurs et penseurs libertariens qui s'en inspirent pour construire de nouvelles ville privées sur les continents ou dans les océans comme pour l'idée du seasteading.
Informations complémentaires
Notes et références
- ↑ Paul Romer a une vision futuriste du développement. Il ne raisonne pas en quelques unités d'individus, à quelques centaines, voire à des milliers de personnes qui pourraient bénéficier de ses idées mais en plusieurs millions de personnes avec la création de centaines de villes à charte à travers le monde en développement. Ces villes pourraient abriter et employer des millions de personnes dans des environnements fonctionnels et bien gérés.
- ↑ Une ville à charte représente une très grande zone économique spéciale (ZES) contenant une ville entière. Mais, au lieu d'une ZES qui serait dédiée uniquement à quelques industries ou secteurs, un terrain vide dans un pays en développement est développé comme une ville à partir de zéro. Un ensemble de règles décidées à l'avance est alors rédigé (charte). Pour éviter les défauts d'une recherche de rente qui ont été observées dans certaines ZES, les concessions ne sont pas accordées à des entreprises car l'objectif d'une ville à charte est la réforme de règles de vie interindividuelles, pas l'octroi de concessions à des sociétés. Ces petites régions expérimenteraient des règles économiques différentes de celles qui régissent leurs grands pays « d'accueil ».
- 2013, Christopher Freiman, "Cosmopolitanism Within Borders: On Behalf of Charter Cities", Journal of Applied Philosophy, Vol 30, n°1, February, pp40-52
- ↑ Paul Romer a pris ses fonctions d'économiste en chef et de vice-président principal de la Banque mondiale en octobre 2016.
Publications
- 2012, "Escape from the Great Distress. The Role of Rules", Issues in Science and Technology, Vol 29, n°1, fall, pp63-68
Littérature secondaire
- 2015, Michael R. Castle Miller, "The ciudades modelo project: testing the legality of Paul Romer’s charter cities concept by analyzing the constitutionality of the honduran zones for employment and economic development", Willamette Journal of International Law and Dispute Resolution, Vol 22, n°2, pp271-312
Liens videos
- "The world's first charter city?", Paul Romer lors du TED 2011 raconte comment une ville à Charte pourrait bien voir le jour au Honduras, grâce précisément à son TEDTalk qu'il avait réalisé deux ans plus tôt.