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Roger Pilon

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Roger Pilon
Juriste

Dates (1942- )
RogerPilon.png
Tendance Libéral classique
Origine États-Unis États-Unis
Articles internes Autres articles sur Roger Pilon

Citation
inter lib.org sur Roger Pilon

Roger Pilon, né le 28 novembre 1942, est vice-président aux affaires juridiques pour le Cato Institute depuis 1999. Il est le fondateur et le directeur, en 1989 du Centre d'études constitutionnelles, au Cato Institute. Ce centre est devenu une force importante dans le débat américain sur l'interprétation constitutionnelle et sur la philosophie judiciaire. Il a rejoint le Cato Institute en tant que chercheur principal en octobre 1988 jusqu'en 2019. Il était professeur adjoint à l'Université Georgetown et l'éditeur de la Cato Supreme Court Review.

Il est diplômé de l'Université de Columbia (BA). Il a obtenu un Master et un doctorat à l'Université de Chicago avec une thèse sur le sujet de la théorie des Droits avec un État limité (A Theory of Rights: Toward Limited Government). Il a également obtenu un diplôme en droit (JD) à la George Washington University School of Law. Homme de communication[1] et des médias, il a écrit dans différents journaux[2] et il est reconnu pour son expertise[3]. Avant de rejoindre le Cato Institute, Roger Pilon a occupé cinq postes dans la haute administration de Ronald Reagan et la qualité de ses écrits[4].

Interprétation lockéenne de la Constitution américaine

Roger Pilon a développé une version de la théorie libertarienne des droits, dérivée de celle du philosophe Alan Gewirth, reposant sur une éthique du discours. Dans la tradition de vue de John Locke sur les droits naturels, Roger Pilon estime que le gouvernement a seulement le pouvoir de réglementer la conduite qui viole les droits d'autres personnes. Par exemple, pour l'usage des contraceptifs (affaire Griswold v. Connecticut), l'État n'a pas le pouvoir de réglementer cette activité puisque les personnes qui utilisent les contraceptifs ne violent les droits de quiconque. Par contre, il considère que l'avortement ne peut pas être un Droit constitutionnellement protégé. Tuer un bébé est un crime. Or, quelle est la différence de principe entre un jour après ou avant sa naissance ? Roger Pilon n'en déclare qu'il n'en existe aucune. De là, quelle différence existe-t-il deux mois ou trois mois avant la naissance ? Roger Pilon répond qu'il ne s'agit pas là d'une question qui ressort de la constitution mais de l'ordre moral, social et politique.

Roger Pilon estime que la Cour suprême américaine a échoué dans sa tentative de limiter le pouvoir de dépenser du Congrès américain. Elle n'a pas su le limiter dans ses prérogatives. Nulle part dans la Constitution, il est écrit que le congrès dispose d'un pouvoir indépendant de faire des dépenses publiques. Par conséquent, le Congrès ne peut pas dépenser de l'argent pour faire avancer ses pouvoirs en dehors de ceux qui lui sont énumérés. Un de ces pouvoirs concerne le pouvoir de réglementer le commerce entre les États, les nations et les tribus indiennes. La baisse des dépenses publiques ne doit pas être freinée par des considérations d'ordre personnel ou affectif. Car une nation, contrairement à une famille, n'est pas liée par des liens d'intimité et de tendresse. L'État n'est pas une grande famille. par conséquent, l'affectation des dépenses ne répond pas aux mêmes logiques.

Dans un article écrit en 2008, « La protection constitutionnelle des droits de propriété : l'Amérique et l'Europe », Roger Pillon rappelle que la Constitution est un document écrit qui vise à établir un équilibre de principe entre les pouvoirs accordés à l'État et les libertés conservées par les citoyens. Or, précise-t-il, tout langage a ses propres limites et la constitution ne peut aller au-delà de ses finalités. Il est donc crucial que les juges gardent à l'esprit la théorie plus large qui sous-tend les principes constitutionnels lorsqu'ils interprètent et appliquent le langage constitutionnel pour des affaires et aux controverses portées devant eux. Dans son article, il prend appui sur le traitement des droits de propriété par la Cour suprême américaine. Il prend l'exemple aussi du pouvoir de la police, qui, indique-t-il, a été coupé de ses racines dans la théorie des droits naturels pour devenir simplement le reflet de la volonté de ceux qui détiennent le pouvoir politique à un moment donné. Il souligne aussi l'inconvénient du corpus cumulatif dans le droit public qui, dans bien trop de cas, l'emporte sur le droit privé de la propriété et celui des contrats, les réduisant à un rôle subsidiaire dans le système juridique. Roger Pilon conclut sur l'exigence de la vigilance constante des citoyens du respect accordé de leur liberté individuelle et par le maintien d'un gouvernement limité par la constitution. Ces implications ont un rôle important sur la clarté de la liberté, de la responsabilité et de la dignité individuelles afin que les citoyens agissent avec le moins d'incertitudes, en général, dans leur vie courante.

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Il apparaît aussi fréquemment dans les émissions de télévision
  2. Le Wall Street Journal, le Washington Post, le New York Times, le Los Angeles Times, le Legal Times, le National Law Journal, le Harvard Journal of Law and Public Policy, le Stanford Law and Policy Review et ailleurs.
  3. Il a témoigné devant le Congrès américain
  4. En 1989, la Commission du bicentenaire lui a donné la récompense "Benjamin Franklin" pour l'excellence dans son écriture sur la Constitution américaine.

Publications

De 1978 à 1989

  • 1978, "Criminal Remedies: Restitution, Punishment, or Both?", Ethics, Vol 88, pp348–357
  • 1979,
    • a. "Ordering Rights Consistently: Or What We Do and Do Not Have Rights To", Georgia Law Review, 13, pp1171–1196
    • b. “Corporations and Rights: On Treating Corporate People Justly”, Ga. L. Rev., Vol 13
    • c. "On Moral and Legal Justification", Southwestern Law Review, vol 11, pp1327-1344
  • 1981, “On the Foundations of Justice”, The Intercollegiate Review, Vol 17, n°3
  • 1980, “Legislative Activism, Judicial Activism, and the Decline of Private Sovereignty”, In: Bernard Siegan, dir., "Economic Liberties and the Constitution"
  • 1983, "Property Rights, Takings, and a Free Society", Harv. J. L. Pub. Policy, Vol 6
  • 1985, "Legislative Activism, Judicial Activism, and the Decline of Private Sovereignty", Cato Journal, Vol 4, pp813-833

De 1990 à 1999

  • 1992, "Individual Rights, Democracy, and Constitutional Order: On the Foundations of Legitimacy", Cato Journal, Vol 11
  • 1994, avec Edward H. Crane, dir., "The Politics and Law of Term Limits", Washington, D.C.: Cato Institute
  • 1995,
    • a. "Restoring Constitutional Government", Cato’s Letter, n°9
    • b. "A Government of Limited Powers", In: "The Cato Handbook for Congress, 104th Congress", Washington: Cato Institute, pp17-34
  • 1998, avec Kimberly C. Shankman, ‘‘Reviving the Privileges or Immunities Clause to Redress the Balance among States, Individuals, and the Federal Government’’, Cato Institute Policy Analysis, n°326, November 23
  • 1999, "The Purpose and Limits of Government", Cato’s Letter, n°13
  • 2002, ‘‘How Constitutional Corruption Has Led to Ideological Litmus Tests for Judicial Nominees'’, Cato Institute Policy Analysis, n°446, August 8
  • 2011,
    • a. "The Executive State Tackles Global Warming", In: Patrick J. Michaels, dir., Climate Coup: Global Warming's Invasion of Our Government and Our Lives, Cato Institute, pp15-42
    • b. "Is It Immoral to Cut the Budget?", The Wall Street Journal, April 7

Littérature secondaire