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John Hasnas
| John Hasnas | |||||
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| Articles internes | Autres articles sur John Hasnas | ||||
| Citation | « Un socialiste ou un conservateur est quelqu'un qui identifie un problème social et qui demande immédiatement quelle loi peut être votée pour résoudre le problème. Le libertarien est quelqu'un qui identifie un problème social et qui se pose la question quel serait le moyen le plus efficace pour le résoudre. » | ||||
| Interwikis sur John Hasnas.jpg | |||||
John Hasnas est un professeur de droit et d'éthique à Georgetown University. Il est également membre du réseau de la faculté FEE (Foundation for Economic Education).
Parcours
Diplômé en philosophie en 1974 (B.A) au Lafayette College, puis en 1978 (J.D.) et en 1988 (PhD) au Duke University School of Law, il poursuivit ses études en droit et certifia ses savoirs en 1992 par un LL.M. au Temple University School of Law.
Il a commencé à enseigner à Arlington, université du Texas, en 1987, en tant que professeur assistant de philosophie avant de se diriger en 1989 au Temple University School of Law. En 1991, il devient professeur assistant d'éthique des affaires et professeur adjoint de droit et de philosophie à l'université de Georgetown. En 1997, il rejoint la société Koch Industries, Inc., en tant que conseiller. Il y reste deux ans avant d'être appelé par la George Mason University School of Law qu'il quittera en 2005. À ce moment-là, il rejoint l'université de Georgetown pour enseigner l'éthique des affaires, la criminalité des cols blancs, la responsabilité sociale des affaires et les obligations éthiques et légales des dirigeants. Il a en particulier publié avec l'aide du Cato Institute Trapped: When Acting Ethically Is Against the Law, qui analyse les effets pervers de la loi.
Dans son article de 2003, « Réflexions sur l'État minimal », John Hasnas fait valoir qu'en tant que biens publics, les arguments que la production du droit et de l'application de la loi sont erronés, puisque ces biens sont fournis sans que l'État ne les produise lui-même. Ainsi, même s'ils étaient valables, les arguments de bien public ne justifieraient pas l'État minimal, au mieux, ils justifieraient une taille de l'État inférieure à celle de l'État minimal désiré par des minarchistes.
Dans « L'évidence de l'anarchie », écrit en 2007, John Hasnas soutient que la faisabilité de l'anarchisme peut être démontrée en examinant un certain nombre d'exemples contemporains et historiques où les biens nécessaires que l'État prétend être le seul capable de fournir ont été ou sont fournis par des moyens d'individus libres et volontaires.
Un droit dynamique et décentralisé
John Hasnas, dans son essai influent The Myth of the Rule of Law (1995), propose une critique radicale de la conception traditionnelle de l'État de droit. Il démonte l'idée d'un système juridique objectif et impartial pour révéler son rôle politique et propose une alternative fondée sur des processus juridiques décentralisés et spontanés.
Hasnas soutient que la croyance en un État de droit objectif, neutre et juste est un mythe. Loin d'être une garantie contre l'arbitraire, ce mythe sert à maintenir le soutien du public à la structure de pouvoir en place et nous rend complices de l'oppression en légitimant un système qui sert les intérêts des puissants.
L'Argumentation de Hasnas se base sur trois piliers
- 1. L'Indétermination du Droit : L'Impossibilité d'une Interprétation Neutre
Hasnas affirme que les lois écrites ne sont pas des règles claires et objectives, mais des textes intrinsèquement ambigus, ouverts à de multiples interprétations.
- L'ambiguïté inhérente au langage : Le langage juridique n'est pas parfaitement précis. Il laisse toujours une marge d'interprétation aux juges et aux autorités.
- Le rôle de la subjectivité : Cette indétermination signifie que l'application de la loi est inévitablement influencée par les préjugés, les idéologies politiques et les pressions sociales des interprètes. En conséquence, des juges différents peuvent interpréter la même loi de manière contradictoire, menant à des décisions incohérentes.
- La fin de la neutralité : Puisqu'il n'existe pas de méthode d'interprétation "neutre", le droit ne peut jamais être véritablement un système de "gouvernement des lois et non des hommes". Il est toujours, en réalité, un "gouvernement des hommes par les hommes". L'État de droit est donc un idéal impossible à atteindre.
- 2. Le Droit comme Instrument d'Oppression : Notre Complicité
Si l'interprétation du droit est toujours politique, alors le système juridique devient un outil entre les mains de ceux qui détiennent le pouvoir de l'interpréter.
- L'application sélective : Les lois, de par leur ambiguïté, peuvent être appliquées de manière à servir les intérêts des puissants (individus, entreprises, gouvernements) et à justifier l'oppression des minorités ou des populations défavorisées. L'État de droit crée une illusion de protection qui est en réalité sélective et peu fiable.
- Le piège du "doublethink" (double pensée) : Hasnas utilise le concept de doublethink pour décrire la manière dont les citoyens, et même les libertariens, tombent dans ce piège. D'un côté, ils reconnaissent intellectuellement que le droit est politique et subjectif (indétermination). De l'autre, ils exigent que la loi soit appliquée de manière cohérente et impartiale, renforçant ainsi le mythe de l'État de droit. Cette exigence les pousse à défendre des lois oppressives en soutenant qu'elles doivent être appliquées à tous de manière égale.
- Un exemple concret : Hasnas utilise l'exemple de l'enquête sur Hillary Clinton pour illustrer ce point. Des libertariens, pourtant opposés à l'État, ont critiqué l'absence de poursuites, non pas parce que la loi était juste, mais parce qu'elle n'était pas appliquée de la même manière qu'à d'autres. Hasnas y voit la preuve que le mythe de l'État de droit les rend complices d'un système potentiellement oppressif, en les poussant à réclamer une application cohérente de lois qu'ils jugent pourtant mauvaises.
- 3. L'Alternative : Un Ordre Juridique Spontané et Décentralisé
Face à l'échec du droit légiféré, Hasnas propose une alternative inspirée de la pensée de Friedrich Hayek : un ordre juridique qui émerge spontanément, à l'image du common law.
- L'ordre spontané vs. l'ordre construit : Hasnas distingue les ordres construits (comme l'État ou une entreprise), qui ont un "décideur final désigné", des ordres spontanés (comme le marché), qui n'en ont pas. Le droit, dans une société libre, devrait appartenir à la seconde catégorie.
- Le Common Law comme modèle : Le droit anglo-américain, ou common law, est l'exemple historique de ce processus. Ses règles (contrat, propriété, responsabilité civile) ne sont pas le produit d'un planificateur central, mais le résultat d'une "évolution" issue de la pratique des tribunaux et des transactions privées pour résoudre des conflits. C'est "le résultat de l'action humaine, mais non l'exécution d'aucun dessein humain".
- Les avantages d'un système décentralisé :
- Résistance à l'exploitation politique : Un système décentralisé est moins vulnérable à la "recherche de rente" (rent-seeking) par des groupes d'intérêt, car il n'y a pas de levier politique central à capturer.
- Adaptabilité : Il évolue de manière organique pour s'adapter aux changements des conditions sociales et économiques, répondant aux besoins de ceux qu'il protège plutôt qu'aux désirs d'une élite.
- Un marché du droit : Hasnas va jusqu'à suggérer qu'une société véritablement libre nécessite de "libérer le droit du contrôle étatique pour permettre le développement d'un marché du droit".
En résumé, Hasnas construit une critique puissante du droit étatique en trois mouvements : il démontre son indétermination, dénonce son rôle dans l'oppression, et propose une alternative fondée sur l'ordre spontané du common law. Il s'agit d'un appel à une refonte profonde de notre compréhension de ce qu'est un système juridique juste et efficace, libéré du monopole de l'État.
Informations complémentaires
Publications
- 1993, "Affirmative Action and the New Discrimination: A Reply to Duncan Kennedy", 54 Louisiana Law Review 263
- 1994, "The Social Responsibility of Corporations and How to Make It Work for You", The Freeman, July, Vol 44, n°7
- 1995,
- a. "Are There Derivative Natural Rights?", 9, Public Affairs Quarterly, 215
- b. Pursuing Justice in a Free Society: Crime Prevention and the Legal Order,
- c. The Myth of the Rule of Law, Wisconsin Law Review 199
- Repris en 2006, In: Edward P. Stringham, Dir., Anarchy and the Law. The Political Economy of Choice, Ch 9, Cheltenham UK: Edward Elgar
- d. Back to the Future: From Critical Legal Studies Forward to Legal Realism, or How Not to Miss the Point of the Indeterminacy Argument, 45 Duke Law Journal 84
- d. From Cannibalism to Caesareans: Two Conceptions of Fundamental Rights, 89, Northwestern University Law Review 900
- 1996,
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- b. The Hazards of the Enterprise, In: Donaldson et Gini, Dir., Case Studies in Business Ethics (4th ed.)
- c. Gender Issues at Your House, In: Donaldson et Gini, Dir., Case Studies in Business Ethics (4th ed.)
- d. What's Wrong with a Little Tort Reform?, 32 Idaho Law Review 557
- 1997,
- a. Sexual Harassment, In: Werhane et Freeman, dir., The Blackwell Encyclopedic Dictionary of Business Ethics
- b. The Dangerous Dichotomy of Democracy's Discontent or Michael Sandel and the Fallacy of the False Dilemma, 85, Georgetown Law Journal 2139
- 1998,
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- b. The Normative Theories of Business Ethics: A Guide for the Perplexed, 8 Business Ethics Quarterly 19
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- d. "The Obviousness of Anarchy", In: Roderick T. Long et Tibor Machan, "Anarchism/Minarchism: Is a Government Part of a Free Country?", Aldershot: Ashgate Publishing
- e. "UTILITARIANISM", In: Ronald Hamowy, dir., "The Encyclopedia of Libertarianism", Cato Institute - Sage Publications, pp518-519
- 2021, avec William English, Jason Brennan, Peter Jaworski, "Business Ethics for Better Behavior", Oxford University Press
Liens externes
- (en)Trapped: When Acting Ethically Is Against the Law sur le site du Cato Institute
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