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Cristian Larroulet

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Cristian Larroulet
économiste

Dates (1953 - )
ChristianLarroulet2.png
Tendance Chicago boys
Origine Chili Chili
Articles internes Autres articles sur Cristian Larroulet

Citation
inter lib.org sur Cristián Larroulet

Cristian Larroulet, dans sa forme hispanique, Cristián Patricio Larroulet Vignau (né le 26 juillet 1953 à Temuco au Chili) est un économiste, ancien ministre, universitaire et chercheur. Il a étudié à l'école de "La Salle" dans sa ville natale puis il a déménagé dans la capitale du Chili, et il continua ses études au Collège des sacrés Cœurs de Manquehue. Il fut l'un des fondateurs de l'Université du développement (UDD). En 1982, il est le conseiller (1982-1984) de Luis Danús, ministre de l'Économie, du Budget et de la Reconstruction. En 1985, il est choisi par le ministre des Finances, Hernán Büchi pour être son chef de cabinet (1985-1989).

Quelques éléments brefs de sa biographie

En 1971, le gouvernement socialiste du président Salvador Allende est en place. Cristian Larroulet suit les cours d'ingénieur commercial à l'Université catholique, entité dans laquelle il devient ami avec Joaquín Lavín et Jaime Guzman, ce dernier étant l'un des principaux dirigeants du mouvement conservateur connu sous le nom de "grémialisme". Avant le coup d'Etat du 11 Septembre 1973, il fut élu président du "centre des étudiants" de la faculté. Il sort diplômé de la faculté d'économie en 1975. Il rejoint alors l'ODEPLAN (Oficina de Planificación Nacional), un organisme d'Etat dans lequel il rencontre l'influent Miguel Kast. Il en devient le directeur (1980-1981).

En juillet 1977, Cristian Larroulet participe à la réunion symbolique organisée par le Front de la jeunesse de l'unité nationale dont il était le vice-président afin de célébrer la journée de la jeunesse. Durant ce sommet de "Cerro Chacarillas de Santiago", le général Augusto Pinochet, dirigeant du pays, donna un discours dans lequel il délimita les nouvelles institutions qui régiraient l'État pour les deux ans à suivre.

Un an plus tard, Cristian Larroulet est allé étudier à l'Université de Chicago, aux Etats-Unis (Master en économie) où il fit la rencontre de futurs "Chicago boys" chiliens et professionnels distingués comme Juan Andrés Fontaine, Jorge Selume, Sebastian Edwards, Félix Bacigalupo, Julio Ricardo López Murphy Dittborn et Joaquín Lavín.

Au début des années 1980, il retourne au Chili et il commence une carrière universitaire à l'Université de Concepción. Puis il est nommé conseiller du ministre de l'Economie, du Développement et de la Reconstruction, Luis Danús dans diverses tâches pour faire face à la grave crise de 1982. Après une pause, période où il travaille comme professeur et chercheur, il revient au gouvernement, cette fois au Trésor comme chef de cabinet, dont le ministre est Hernán Büchi.

En 1989, il est l'un des principaux contributeurs de Hernán Büchi, dans sa tentative échouée pour succéder à la présidence de Pinochet. Après cela, il fonde "l'Instituto Libertad y Desarrollo", et il concentre toutes ses forces de travail et son temps dans la recherche.

Durant le gouvernement du démocrate-chrétien, Eduardo Frei Ruiz-Tagle (1994-2000), il rejoint la Commission nationale de modernisation de l'éducation. Il faisait aussi partie du Comité interministériel pour la modernisation de l'État.

Les effets dévastateurs de l'Etat entrepreneur

L'État, dans sa fonction entrepreneuriale[1] joue un rôle important dans l'activité économique. Cristian Larroulet analysa cette réalité au Chili en 1984. L'auteur fournit de précieux éléments pour comprendre les origines et les effets de la nationalisation des moyens de production au cours de la période 1970-1973. Il nota que les origines et les instruments de cette révolution socialiste remonte à la période après la "Grande Dépression".

Cristian Larroulet présente, également, les conflits traditionnels sur lesquels les gouvernements débattent au sujet des objectifs à atteindre des entreprises publiques. Si l'objectif de la politique publique est de répondre aux demandes des divers groupes de pression au mépris de l'efficacité économique, alors les conséquences sont graves sur le plan économique et social. La domination du clientélisme politique conduit à un étatisme aux conséquences économiques et sociales régressives qui se manifestent par des impôts qui ne cessent de progresser, à des revenus qui baissent pour les ménages à faible revenu, à l'apparition de monopoles sur les marchés, au manque d'investissements, à une redistribution des revenus régressive et à un étatisme qui ne cesse de s'amplifier.

Ensuite, Cristian Larroulet note que les initiatives des hommes politiques "bien pensants" réformateurs sont illusoires. Ces tentatives visent à réglementer encore plus l'État entrepreneurial afin de s'assurer que les entreprises publiques recherchent réellement l'efficacité économique. Mais, les politiques publiques, menées dans ce domaine au cours des années, donnent l'impression au peuple que les réformes lourdes et nécessaires n'en finissent plus. Le prétexte politique de suggérer des perfections au système n'est qu'un pis aller. La taille de l’État entreprise, quantifiée au cours de trois périodes différentes étudiées par l'auteur et son équipe de chercheurs, mène à la conclusion fatale que, malgré le processus de privatisation qui a commencé au Chili après 1973, l'État entrepreneur avait, en 1984, une taille identique à celle du début des années du gouvernement socialiste de Salvador Allende.

Publications

  • 1983, avec E. Hahn, "Las empresas públicas y su respuesta a diferentes incentivos: El caso chileno entre 1971 y 1981” ("Les entreprises publiques et leur réponse aux différentes mesures incitatives : Le cas du Chili entre 1971 et 1981"), In: J. Kelly de Escobar, dir., "Empresas públicas en Latinoamérica" ("Les entreprises publiques en Amérique latine"), Caracas: Instituto de Estudios Superiores de Administración, IESA
  • 1988, "Sector informal, economía popular y mercados abiertos" ("Secteur informel, économie populaire et ouverture des marchés"), Estudios Públicos, n°30, pp1-25 (débat avec Hernando de Soto, Manfred Max-Neff, Manuel Mora y Araujo et Víctor Tokman)
  • 1991, dir., "Soluciones privadas a problemas públicos", Santiago: Instituto Libertad y Desarrollo
    • Traduit en anglais en 1991, "Private solutions to public problems", The Center for International Private Enterprise (USA)
  • 1994,
    • a. dir., "Las tareas de hoy, políticas sociales y económicas para una sociedad libre" ("Les tâches d'aujourd'hui, les politiques sociales et économiques d'une société libre"), Zigzag
    • b. "Efectos de un programa de privatizaciones: El caso de Chile (1985-1989)" ("Effets d'un programme de privatisation : le cas du Chili (1985-1989)"), Estudios Públicos, n°54, pp175-222
  • 1998, dir., "El Gobierno de las personas: políticas para el Gobierno Local" ("Le gouvernement du peuple: Politiques pour le gouvernement local"), Libertad y Desarrollo
  • 2001, dir. "Chile 2010: El desafío del desarrollo" ("Chili 2010 : Le défi du développement"), Libertad y Desarrollo



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  1. La thèse de l'État entrepreneur a été théorisée par Mariana Mazzucato. En 2013, elle a publié le livre intitulé : "L'État entrepreneur. Démystifier le mythe de la relation entre les secteurs public et privé" qui fut traduit dans de nombreux pays dont la Pologne en 2016. Elle avance la thèse selon laquelle la réussite économique des États-Unis est le résultat d'investissements publics financés par l'État fédéral dans l'innovation et la technologie, et non le résultat de l'activité d'entreprises privées opérant dans un environnement de libre marché. Ce livre a été chaleureusement accueilli par les étatistes dans de nombreux cercles de décideurs chargés de conduire la politique économique de l'Etat. Le livre est traité comme une sorte de sémaphore indiquant les orientations stratégiques de la politique publique. Après avoir publié "The Entrepreneurial State", Mariana Mazzucato est devenue une gourou conseillère auprès de nombreux gouvernements et des institutions internationales. La popularité de Mariana Mazucato, après la publication de 'The Entrepreneurial State', lui a permis de fonder en 2017 l'Institute for Innovation and Public Purpose de l'University College London (UCL Institute for Innovation and Public Purpose). De 2017 à 2019, en tant que conseillère spéciale du commissaire européen à la recherche et à l'innovation, elle a été l'auteur de l'influent rapport, "Mission-Oriented Research & Innovation in the European Union", dans lequel elle propose de transformer les "missions" en instruments clés de l'innovation publique. Son livre suivant, publié en 2021, est une suite logique de ce rapport. Il traite de l'économie de mission qui change le capitalisme : "Mission Economy: A Moonshot Guide to Changing Capitalism". Selon ses écrits, elle stipule que le monde est confronté à des défis sociaux, technologiques et économiques urgents. Pour relever ces défis, les organisations publiques et privées doivent, selon elle, travailler ensemble différemment et devenir plus axées sur leurs objectifs. Elle ajoute que les gouvernements ont besoin d'une variété d'outils et de capacités pour co-créer et co-façonner les marchés, pas seulement pour corriger les défaillances du marché. Deirdre McCloskey et Alberto Mingardi ont répondu à l'argumentation de l'État entrepreneur en 2020. Ils soulignent que la théorie de Mazzucato sur la nécessité d'une intervention de l'État dans le développement économique est fausse, et leurs exemples présentés à l'appui de cette contre-argumentation montrent en fait quelque chose de complètement différent. Les auteurs soulignent le sophisme des idées économiques populaires. Ils prouvent que le bien-être des sociétés se construit grâce à la liberté d'exploration et à l'émergence ascendante et spontanée d'innovations, et non pas grâce à une gestion descendante de la société. Ils soutiennent que l'étatisme n'a jamais fonctionné sur le long terme. Dans la quatrième partie de leur livre, ils montrent que l'économie politique de Mazzucato est profondément antilibérale et conduit à des erreurs techniques.