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Arthur Cole

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Arthur H. Cole (1889-1974)) était un spécialiste de l'histoire de l'entrepreneuriat. Il a fondé le Research Center in Entrepreneurial History (Centre de recherche en histoire entrepreneurial) de la Harvard Business School en 1948 qui a fermé ses portes dix ans plus tard. Son projet était de s'éloigner de l'histoire économique traditionnelle et de se différencier de la discipline de l'histoire du business. Son approche iconoclaste n'a pas permis à son mouvement de prendre de l'ampleur. Par exemple, dans son analyse, Arthur Cole a confondu, les profits à court terme et les gains entrepreneuriaux à long terme car il était en partie sous l'influence de Joseph Schumpeter. Il a écrit que l'entrepreneur est un homme d'affaires agité et innovant et disposant d'un esprit d'aventurier. S'appuyant sur une analyse institutionnelle, il affirme que la répartition des bénéfices d'une entreprise est fonction du droit, de la coutume et des pressions internes de la concurrence. Et donc, le profit seul peut difficilement motiver l'entrepreneur dont les actions, de toute façon, risquent de compromettre toute possibilité de profit à long terme.

L'histoire entrepreneuriale pour sortir du tableau noir de l'irréalisme de la théorie économique conventionnelle

Dans son concept de méso-économie[1], Arthur Cole est convaincu de l'idée de diversité entrepreneuriale. Sans l'entrepreneur, écrit-il, rien ne se passe dans la vie économique. Il reprochait aux théories conventionnelles de la firme et des marchés d'être incomplètes et irréelles. L'économie est une science sociale et, par conséquent, elle doit englober la figure centrale de la société économique, la personne dont les actions créent tout changement économique cohérent. En effet, les facteurs de production ne se combinent pas comme par magie pour créer des entreprises. L'entrepreneur accomplit ce service. Pour Arthur Cole, les sciences économiques ne sont pas l'étude simplifiée d'un monde abstrait sans personnes, sans institutions, sans changement technologique ou sans passage du temps. Il faut donc prendre en compte ces éléments. Il affirmait que le modèle institutionnel doit contenir des espaces permettant à chaque individu de traduire l'effort en actions entrepreneuriales concrètes.

Arthur Cole souhaitait affranchir la barrière de l'hypothèse de maximisation du profit utilisée dans l'économie traditionnelle. Mais, il s'aperçut qu'en ajoutant d'autres dimensions à la motivation entrepreneuriale, l'histoire entrepreneuriale ne pouvait pas effacer l'irréalité à l'intérieur des manuels de la théorie économique conventionnelle.

Les étapes chronologiques de l'histoire entrepreneuriale

Arthur H. Cole identifie trois facteurs permettant de comprendre l'émergence d'une entreprise : l'innovation, l'imitation et la répétition. Il a également classifier l'entrepreneur dans une typologie de trois niveaux qui divise l'histoire de l'entrepreneuriat américain : l'entrepreneur empirique, l'entrepreneur rationnel et l'entrepreneur cognitif.

  • L'entrepreneur empirique, jusqu'en 1860, n'introduit pratiquement rien de révolutionnaire et suit le principe de la règle empirique en suivant le bon sens.
  • L'entrepreneur rationnel, de 1860 à 1890, est bien informé des conditions économiques générales et introduit des changements qui apparaissent souvent comme révolutionnaires.
  • L'entrepreneur cognitif, depuis 1890, est bien informé, s'appuie sur les conseils et les services d'experts et introduit des changements qui reflètent une rupture complète avec le schéma des entreprises existantes.

Dans une certaine mesure, la classification initiale d'Arthur Cole dans l'histoire de l'entrepreneuriat est simplement déterminée par les principaux repères de l'histoire institutionnelle américaine. 1860 semble être la date de la fin de la croissance de l'économie sous les lois coloniales américaines. Après la guerre civile (1865), la grande expansion de l'entreprise commerciale et sa prodigieuse prolifération de structures organisationnelles se sont déroulées dans un cadre juridique ambigu, mais avec l'émergence d'un nouvel équilibre des forces économiques. À partir des années 1870, cependant, un nouveau cadre juridique et institutionnel a commencé à se manifester, conçu pour contrer l'ampleur et l'ingéniosité des organisations commerciales. Il s'agit pour l'entrepreneur de produire de façon rationnelle. En 1890, le Sherman Antitrust Act a envoyé un message catégorique à l'entrepreneur américain. Son avenir est désormais soumis à une régulation non marchande. Les nouvelles entreprises géantes sont potentiellement prises sous l'éteignoir du contrôle fédéral à la moindre menace où leurs pensées organisationnelles seraient perçues comme délinquantes. Évidemment, l'entrepreneur doit devenir "cognitif" ou sinon il voit son travail entrepreneurial démantelé ou carrément démoli par les tribunaux. Ensuite, Arthur Cole abandonna l'idée d'étapes chronologiques de l'histoire entrepreneuriale. Il s'est rendu compte que le contexte culturel fait la différence dans le climat entrepreneurial d'une région. Et, donc, l'économie conventionnelle est une base intellectuelle inadéquate pour l'analyse de l'histoire entrepreneuriale.

Informations complémentaires

Notes et références

  1. Le domaine de la méso-économie se développe dans la zone grise entre la micro et la macroéconomie, entre les firmes productrices et les agrégats économiques comme les secteurs industriels.

Publications

  • 1938, "Wholesale Commodity Prices in the United States, 1700-1861", Cambridge: Harvard University Press
  • 1942, "Entrepreneurship as an area of research", Journal of Economic History, Vol 2 (Suppl.), pp118-125
  • 1944, "A report on research in economic history", Journal of Economic History, Vol 4, pp49-72
  • 1945,
    • a. "Business Manuscripts: A Pressing Problem", The Journal of Economic History, Vol 5, n°1, May, pp43-59
    • b. "Business history and economic history", The Journal of Economic History, Vol 5 (Suppl.), pp45-53
  • 1946, "An Approach to the Study of Entrepreneurship: A Tribute to Edwin F. Gay", The Journal of Economic History, Vol. 6, Supplement: The Tasks of Economic History, May, Vol 6, pp1-15
    • Repris en 1953, In: Frederic C. Lane, Jelle C. Riesmersma, dir., "Enterprises and Secular Change: Readings in Economic History", Homewood, IL: Irwin, Ch 11
  • 1949, "Entrepreneurship and entrepreneurial history", In: "Change and the Entrepreneur", Research Center in Entrepreneurial History. Cambridge, MA: Harvard University Press, pp85–107
  • 1953, "Committee on Research in Economic History: A Description of Its Purposes, Activities, and Organization", The Journal of Economic History, Vol 13, n°1, Winter, pp79-87
  • 1954, "Twentieth-Century Entrepreneurship in the United States and Economic Growth", The American Economic Review, Vol 44, n°2, May, pp35-50
  • 1958, "Puzzles of the "Wealth of Nations"", The Canadian Journal of Economics and Political Science / Revue canadienne d'Economique et de Science politique, Vol 24, n°1, Feb., pp1-8
  • 1959,
    • a. "Business enterprise in its social setting", Cambridge : Harvard University Press
    • b. "Marketing Nonconsumer Goods before 1917: An Exploration of Secondary Literature", The Business History Review, Vol 33, n°3, Autumn, pp420-428
  • 1961, "The Relations of Missionary Activity to Economic Development", Economic Development and Cultural Change, Vol 9, n°2, Jan., pp120-127
  • 1962, "What Is Business History?", The Business History Review, Vol 36, n°1, Business History Conference Issue Dedicated to Henrietta M. Larson, Spring, pp98-106
  • 1964, avec Ruth Crandall, "The International Scientific Committee on Price History", The Journal of Economic History, Vol 24, n°3, Sep., pp381-388
  • 1965, "Aggregative business history", Business History Review, Vol 39, pp287-300
  • 1966, "Business history and economic history", In: Ross M. Robertson, James L. Pate, dir., "Readings in United States Economic and Business History", Houghton Mifflin, Boston
  • 1968,
    • a. "Meso-Economics: A Contribution from Entrepreneurial History", Explorations in Entrepreneurial History, 2nd. Series, Vol 6, n°1
    • b. "The stone that the builders rejected", Zeitschrift für Firmengeschichte und Unternehmerbiographie, Vol 13, n°3, pp105-118
    • c. "Economic History in the United States: Formative Years of a Discipline", The Journal of Economic History, Vol 28, n°4, Dec., pp556-589
    • d. "The entrepreneur. Introductory Remarks", The American Economic Review, Vol 58, n°2, May, pp60-63
  • 1969, "Definition of entrepreneurship", In: J. C. Komives, Karl A. Bostrom, dir., "Seminar in the study of enterprise", Milwaukee Center for Venture Management, pp10-22
  • 1970,
    • a. "Definition of entrepreneurship", In: J. L. Komives, dir., "First annual Karl A. Bostrom Seminar in the study of enterprise: April 25, 1969", Milwaukee: Center for Venture Management
    • b. "The Committee on Research in Economic History: An Historical Sketch", The Journal of Economic History, Vol 30, n°4, Dec., pp723-741