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Angelo Panebianco

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Angelo Panebianco
Politologue

Dates 1948
Tendance Libéral classique
Nationalité Italie Italie
Articles internes Autres articles sur Angelo Panebianco

Citation
Interwikis sur Angelo Panebianco

Angelo Panebianco est un éminent professeur et chercheur italien, né le 11 juin 1948 à Bologne. Spécialiste renommé en sciences politiques, il a marqué le paysage intellectuel italien par ses contributions à la philosophie politique, à la théorie libérale et à l'étude des institutions politiques. Professeur à l'Université de Bologne, il a également enseigné dans d'autres institutions prestigieuses en Italie et à l'étranger. Son travail a porté sur des sujets variés, allant de l'analyse du réalisme politique au libéralisme, en passant par les relations internationales. Il a également exprimé un intérêt particulier pour l'École autrichienne d'économie dans certains éditoriaux du journal "Corriere della Sera". Il a contribué de manière significative à la réflexion sur la tradition libérale en Italie, offrant des perspectives uniques et stimulantes sur des questions politiques contemporaines. Sa vision réaliste et ses analyses approfondies continuent d'influencer le débat politique et philosophique en Italie et au-delà. Angelo Panebianco a souvent été qualifié du "dernier libéral de l'Italie", une expression hyperbolique qui souligne son engagement profond en faveur du libéralisme, une position parfois isolée dans un contexte politique où d'autres idéologies prédominent. Sa pensée peut être contextualisée dans le prolongement des idées de Bruno Leoni, qui a évoqué le libéralisme instinctif des Italiens et s'inscrit dans la trajectoire des figures intellectuelles libérales majeures[1].

Contribution d'Angelo Panebianco à la théorie libérale

La philosophie politique libérale d'Angelo Panebianco s'exprime à travers plusieurs œuvres, tant académiques que grand public ; cemmes-ci ont contribué à définir et à approfondir la pensée libérale dans le contexte italien contemporain.

La constitution délicate d'une société libre

"Il potere, lo stato, la libertà. La gracile costituzione della società libera" (Le pouvoir, l'État, la liberté. La frêle constitution de la société libre), publié en 2004 par Angelo Panebianco, se distingue comme une œuvre majeure dans le corpus de la théorie libérale italienne contemporaine. Cette analyse offre des aperçus substantiels sur la nature du pouvoir, de l'État et de la liberté dans une société libre. Dans cet ouvrage, Angelo Panebianco adopte une approche analytique pour décortiquer la constitution délicate d'une société libre.

  • . Nature du Pouvoir : Angelo Panebianco examine la nature du pouvoir, mettant en lumière sa distribution, son exercice et son impact sur la dynamique sociale. Son approche réaliste permet de saisir les mécanismes concrets du pouvoir, éloignés des idéaux abstraits.
  • . Le Rôle de l'État : L'ouvrage explore le rôle de l'État dans une société libre. IL analyse comment l'État peut être un garant de la liberté individuelle tout en évitant les excès bureaucratiques et les dérives autoritaires.
  • . Liberté Individuelle et Structure Sociale. La relation entre la liberté individuelle et la structure sociale est examinée en profondeur. Angelo Panebianco analyse comment ces deux éléments interagissent, soulignant les tensions potentielles et les moyens de les concilier.
  • . La Constitution Fragile de la Société Libre : Le titre même de l'ouvrage suggère une préoccupation pour la vulnérabilité inhérente à la construction d'une société libre. L'auteur évoque les défis auxquels une telle société peut être confrontée, tout en soulignant ses mérites.

"Il potere, lo stato, la libertà" offre ainsi une contribution significative à la compréhension du libéralisme dans le contexte italien. Il représente une tentative sérieuse de contextualiser les idées libérales au sein de la réalité sociale et politique spécifique de l'Italie, consolidant la position intellectuelle d'Angelo Panebianco en tant que figure clé du libéralisme italien contemporain.

Réflexion sur les menaces qui mettent en péril les fondements des démocraties libérales

"All’alba di un nuovo mondo" (À l'aube d'un nouveau monde), publié par Angelo Panebianco en 2019, est un ouvrage qui engage une réflexion sur les problèmes systémiques et les menaces qui mettent en péril les fondements des démocraties libérales, tout en évaluant leur capacité à réagir et à s'adapter à ces nouveaux défis.

  • . Les Défis Actuels des Démocraties Libérales : Angelo Panebianco analyse les défis spécifiques auxquels sont confrontées les démocraties libérales contemporaines. Cela inclut des questions telles que la montée du populisme, la volatilité des opinions politiques, les crises démographiques, les changements géopolitiques et les implications de la révolution informatique.
  • . La Menace des Démocraties Illibérales : L'auteur souligne la menace imminente de la transformation des démocraties libérales en démocraties illibérales, caractérisées par des gouvernements majoritaires qui compromettent, voire suppriment, les droits individuels au nom de la volonté populaire.
  • . Analyse des Facteurs Multiples : Angelo Panebianco aborde ces défis en considérant les multiples facteurs qui interagissent. Il examine comment des phénomènes tels que le populisme, les changements démographiques et les bouleversements géopolitiques peuvent se renforcer mutuellement.
  • . L'Optimisme du Système Libéral : Malgré les défis, l'auteur souligne l'importance de l'optimisme en rappelant que seul un ordre libéral offre une légitimité atemporelle et universelle. Il met en avant les garanties offertes par le libéralisme en matière de protection des droits individuels et de limitation des abus de pouvoir.

En explorant ces thèmes, "All’alba di un nuovo mondo" offre une contribution significative à la compréhension des enjeux contemporains du libéralisme et témoigne de la préoccupation constante de Panebianco pour l'adaptation des démocraties libérales à un monde en évolution rapide.

Le réalisme libéral chez Angelo Panebianco

Angelo Panebianco développe une perspective distinctive au sein du libéralisme italien, en particulier à travers son concept de réalisme libéral qui constitue un élément central de sa pensée politique.

  • . Origines du réalisme dans le contexte du libéralisme italien : Le réalisme libéral de Panebianco trouve ses racines dans le contexte intellectuel du libéralisme italien, marqué par des débats entre figures comme Benedetto Croce, Luigi Einaudi, Bruno Leoni et Nicola Matteucci. Ces débats ont influencé la formation des idées libérales en Italie.
  • . Définition du réalisme libéral comme choix de valeurs et option méthodologique : Panebianco caractérise le réalisme libéral comme un choix de valeurs et une option méthodologique. C'est une approche consciente envers le phénomène politique, combinant des éléments analytiques et axiologiques pour appréhender la réalité politique.
  • . Adhésion à un libéralisme de source chrétienne et à une conception négative de la liberté : Panebianco adhère à un libéralisme influencé par la tradition chrétienne. Il défend une conception négative de la liberté, la définissant comme une absence d'entraves. Cette vision s'oppose à la liberté positive associée à la social-démocratie, qui selon lui, conduit à des paradoxes en restreignant la liberté au nom de la liberté.
  • . Influence de Belardinelli sur la vision du libéralisme comme fruit de la tradition chrétienne : Belardinelli a influencé Panebianco, soulignant que le libéralisme est le "fruit mûr de la tradition chrétienne". Cette perspective renforce l'ancrage du réalisme libéral dans une vision historique et culturelle particulière.
  • . Confrontation avec la social-démocratie et critique de la liberté positive : Dans le débat avec la social-démocratie, notamment avec Norberto Bobbio, Panebianco défend la nécessité de concilier les valeurs politiques du libéralisme classique avec les exigences de la social-démocratie. Cependant, il critique la liberté positive, soulignant les dangers de restreindre la liberté au nom de son élargissement.
  • . La dimension normative du réalisme libéral et son caractère moral : Panebianco insiste sur la dimension normative du réalisme libéral, soulignant qu'il n'est pas simplement descriptif, mais qu'il revêt également un caractère moral. Il considère que le réalisme, en observant la réalité telle qu'elle est, guide vers une forme de moralité, prévenant contre l'irresponsabilité politique.

L'approche réaliste de Panebianco, teintée de valeurs libérales et influencée par la tradition chrétienne, offre une contribution significative à la pensée politique italienne et au débat plus large sur la nature du libéralisme.

Les "digues de la liberté" selon Angelo Panebianco

Angelo Panebianco développe le concept des "digues de la liberté" pour explorer les limites du pouvoir politique et économique. Cette approche vise à comprendre comment certaines institutions et mécanismes peuvent protéger la liberté individuelle dans une société libérale.

  • . Vision réaliste des limites du pouvoir : Angelo Panebianco adopte une vision réaliste des limites du pouvoir, soulignant que la compréhension du phénomène politique nécessite une observation objective de la réalité, évitant les idéalisations. Il critique les visions idéalisées et iréniques de la politique, soulignant que le réalisme libéral requiert une confrontation avec la réalité telle qu'elle est, évitant les illusions et les conceptions utopiques.
  • . Contestation de l'idée que le libre marché soit un présupposé de la liberté politique : Contrairement à l'idée répandue que le marché libre est un présupposé de la liberté politique, Angelo Panebianco conteste cette conception. Il argumente que le marché a besoin de conditions légales établies par la politique pour fonctionner, remettant en question la séparation nette entre l'économie et la politique.
  • . Analyse des "digues de la liberté". Angelo Panebianco identifie plusieurs "digues de la liberté" tels que le marché, le droit, les institutions et le pluralisme des pouvoirs. Ces éléments, tant du point de vue téléologique-libéral que sous l'angle instrumental du réalisme, agissent comme des protections contre l'exercice arbitraire du pouvoir. L'efficacité de ces "digues" dans la protection de la liberté est au cœur des réflexions de Panebianco. Il examine dans quelle mesure ces mécanismes ont réussi à préserver la liberté individuelle face aux abus potentiels du pouvoir étatique.
  • . Reconnaissance de la fragilité de ces équilibres face à des menaces externes ou à des "états d(exception" : Angelo Panebianco reconnaît la fragilité de ces équilibres, notamment face à des menaces externes ou à des "états d'exception". Ces situations exceptionnelles peuvent compromettre les équilibres institutionnels, conduisant à des "états d'exception" schmittiens[2].

Critique du néo-républicanisme et du libéralisme étatiste

  • Analyse critique du néo-républicanisme : Angelo Panebianco porte une critique sur l'approche politique qui accorde une place centrale à la liberté, mais interprétée différemment du libéralisme classique. Alors que les néo-républicains insistent sur une "liberté garantie par la loi" par opposition à la "liberté comme absence de loi" du libéralisme, Angelo Panebianco considère cela comme une caricature du libéralisme. Il souligne que la divergence entre les deux perspectives réside moins dans la conception de la liberté que dans l'attribution par les néo-républicains de valeur à d'autres biens en plus de la liberté, une position qu'il considère comme non fondée.
  • Opposition à l'idée du "libre marché" comme présupposé de la liberté politique : Angelo Panebianco remet en question l'idée selon laquelle le libre marché est le présupposé de la liberté politique. Il souligne que le marché nécessite la définition et la garantie de certaines conditions légales par la politique, et que la limitation de la liberté économique a souvent été imposée par des décisions politiques. Il s'oppose à la croyance que la réglementation seule peut servir de barrière efficace contre l'arbitraire politique.
  • Contestation des visions idéalisées de la politique et du rôle de l'État : Angelo Panebianco conteste les visions idéalisées de la politique, soulignant les réalités de la compétition pour le pouvoir, la stratification sociale et les conflits institutionnels. Il critique également l'idée que le rôle de l'État consiste à domestiquer le marché et à limiter la liberté économique, soulignant les dangers inhérents à une telle perspective.
  • Critique du libéralisme étatiste : Angelo Panebianco partage la critique, avec Luigi Einaudi, contre le le libéralisme étatiste de Benedetto Croce. Il rejette l'idée que la liberté économique est dangereuse et qu'elle nécessite une surveillance par l'État. Il souligne la nécessité de restaurer l'équilibre entre la concurrence des élites et le droit des citoyens ordinaires de faire entendre leur voix dans les affaires publiques.

Les Autrichiens dans l'œuvre de Panebianco

  • . Intérêt particulier pour l'École Autrichienne. Angelo Panebianco a démontré un intérêt exceptionnel pour l'École autrichienne d'économie, une perspective souvent sous-estimée dans le contexte académique italien. Son ouvrage, *Il potere, lo stato, la libertà* (2004), accorde une place significative à l'école Autrichienne, soulignant sa pertinence dans le débat sur le libéralisme et la non nécessité de l'État.
  • . Rôle dans le débat sur la non nécessité de l'État pour les "biens publics". Un aspect crucial de la contribution de Panebianco réside dans son implication dans le débat sur la non nécessité de l'État pour la fourniture des "biens publics". Les économistes autrichiens, dont Friedrich Hayek, Ludwig von Mises et surtout Murray Rothbard, ont remis en question la catégorie des "biens publics" en soulignant que beaucoup d'entre eux étaient déterminés politiquement plutôt que par des critères objectifs. Il converge avec les économistes autrichiens en soutenant que de nombreux "biens publics" sont déclarés tels par décision politique plutôt que par des considérations économiques objectives. Cette convergence souligne la méfiance de Panebianco envers les interventions étatiques excessives dans l'économie, mettant en lumière son engagement envers un libéralisme qui valorise la liberté individuelle et la limitation du pouvoir de l'État. En suivant les économistes autrichiens, Angelo Panebianco rejette la théorie traditionnelle des "biens publics" au profit du subjectivisme économique. Il met en évidence que de nombreux biens considérés comme publics peuvent être fournis de manière efficace par le marché, soulignant ainsi la capacité des mécanismes de marché à répondre aux besoins divers de la société sans une intervention étatique excessive.

L'intégration des idées de l'école autrichienne dans l'œuvre d'Angelo Panebianco renforce son positionnement au sein du courant libéral, en offrant une perspective critique sur le rôle de l'État dans l'économie et en mettant en avant les mérites du subjectivisme économique dans l'analyse des relations sociales.

Informations complémentaires

Notes et commentaires

  1. telles que Benedetto Croce, Luigi Einaudi, Bruno Leoni, Nicola Matteucci et Norberto Bobbio.
  2. Les "états d'exception" schmittiens font référence à la théorie politique du juriste et penseur allemand Carl Schmitt. Selon cet auteur, un "état d'exception" (Ausnahmezustand en allemand) se produit lorsqu'une situation exceptionnelle, telle qu'une crise ou une menace grave pour l'ordre politique, survient, exigeant une suspension temporaire ou une transformation des normes juridiques et constitutionnelles ordinaires. Pour Schmitt, dans ces situations extraordinaires, le pouvoir exécutif doit être autorisé à prendre des mesures exceptionnelles pour protéger la souveraineté de l'État et maintenir l'ordre. Cela implique souvent la concentration du pouvoir décisionnel entre les mains de l'exécutif, éventuellement au détriment des processus démocratiques normaux. Schmitt soutient que la capacité de déclarer un "état d'exception" est essentielle pour la préservation de l'ordre politique, car cela permet de faire face de manière décisive aux menaces graves sans être limité par les procédures régulières du système juridique. Cependant, cette théorie a également été critiquée, car elle soulève des préoccupations quant à la protection des droits individuels et à la préservation des principes démocratiques pendant de telles périodes exceptionnelles. En résumé, les "états d'exception" schmittiens décrivent la notion selon laquelle, dans des circonstances exceptionnelles, l'État peut justifier la suspension temporaire de certaines normes légales et constitutionnelles habituelles pour faire face à des menaces graves à son existence.

Publications

  • 1982, "Modelli di partito"
  • 1989, dir., "L'analisi della politica"
  • 1997, "Guerrieri democratici", Mulino
  • 1992, "Le relazioni internazionali", Jaca Book
  • 2004,
    • a. "Hans Morgenthau: teoria politica e filosofia pratica", In: Donatella Campus, Gianfranco Pasquino, dir., "Maestri della scienza politica", Bologna: Il Mulino, pp209-227
    • b. "Politica", In: "Enciclopedia del Novecento, Supplemento III", Roma, Istituto dell’Enciclopedia Italiana, p320
    • c. "Il potere, lo stato, la libertà", Bologna, Il Mulino
  • 2005, "Teoria politica e metodo comparato", In: G. Pasquino, dir., "La scienza politica di Giovanni Sartori", Bologna: Il Mulino, pp247-267
  • 2006, "Esportare la democrazia", In: C. Pelanda, dir., "Democrazia attiva", Bologna: Franco Angeli, pp75-83
  • 2007, "Liberalismo e Politica di Massa", In: Filippo Sabetti, dir., "Libertà e Liberali in Europa e America", Milano, Guerini, pp170-194
  • 2009, "L'automa e lo spirito", ("L'Automate et l'Esprit"), Bologna; Il Mulino
  • 2011,
    • a. "George Liska: la rivincita della storia", In: Filippo Andreatta, dir., "Le grandi opere delle relazioni internazionali", Bologna; Il Mulino, pp189-205
    • b. "Party Organizations", In: Bertrand Badie, Dirk Berg-Schlosser, Leonardo Morlino, dir.,"International Encyclopedia of political Science", London, Sage, pp1817-1821
    • c. "Politica e mercato", In: T. Bonazzi, S. Testoni Binetti, dir., "Per Nicola Matteucci", Bologna, Il Mulino, pp77-95
  • 2012, "Political Parties", In: Umair Mirza, dir., "International Encyclopedia of political Science", New York, Sage, pp356-363
  • 2014, "Realismo politico e scienze sociali", In: Francesco Raschi, Lorenzo Zambernardi, dir., "Il realismo politico", Soveria Mannelli, Rubbettino, pp35-48
  • 2015,
    • a. "La politica estera italiana tra continuità e discontinuità", In: Ernesto Galli della Loggia, dir., "Questo diletto almo Paese", Bologna, Il Mulino, pp223-235
    • b. "Perchè Huntington non si può ignorare", Il Mulino, Vol 2, pp276-283
  • 2016,
    • a. "Introduzione a Una certa idea di scienza politica. Saggi in onore di Gianfranco Pasquino", In: "Una certa idea di scienza politica. Saggi in onore di Gianfranco Pasquino", Bologna, Il Mulino, pp7-14
    • b. "Matteucci politologo", Rivista du politica, Vol 7, n°1, pp117-129
    • c. "Un piano B per l'Europa", Il Mulino, Vol LXV, pp653-658
  • 2019, avec S. Belardinelli, "All’alba di un nuovo mondo", Bologna, Il Mulino

Littérature secondaire