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Plan de relance

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Plan de relance Barack Obama.jpg

Un plan de relance désigne, dans la terminologie keynésienne, les dépenses publiques supplémentaires engagées par un État dans les périodes de crise afin de « stimuler » l'activité économique.

Une réponse inappropriée

Milton Friedman

Le Prix Nobel d'économie Milton Friedman a montré que des mesures de relance keynésiennes n'avaient qu'un effet amplificateur sur les crises et les périodes d'expansion. Friedman étudia cette question dans ses Essays in Positive Economics de 1953, dans lesquels se trouve en particulier un texte, "The Effects of a Full-Employment Policy on Economic Stability", écrit en 1951. Il y montre que, loin d'atténuer les variations de l'activité économique, les mesures keynésiennes ne font que les augmenter car l'action publique souffre de lags ou délais :

«  There is likely to be a lag between the need for action and government recognition of the need ; a further lag between recognition of the need for action and the taking of action ; and a still further lag between the action and its effects »
    — Milton Friedman, Capitalisme et liberté

Conséquence, quand l'État agit enfin, il est trop tard car la machine économique est repartie et la relance ne sert qu'à amplifier l'expansion de manière irraisonnée.

Llewellyn H. Rockwell Jr.

Pour Llewellyn H. Rockwell[1], la relance ne sert qu'à relancer l'État, qui s'emploie à transférer des ressources dans un jeu à somme nulle ou à augmenter la dette publique, sans possibilité de créer des richesses. Le seul qui y gagne est le gouvernement, aux dépens du reste de la société :

«  La source du problème est une défaillance intellectuelle. Voyez la façon dont l'administration invoque la théorie économique pour défendre sa politique de pillage national à grande échelle. La mauvaise théorie économique sert de prétexte à des actes de despotisme. Au final, les erreurs théoriques de Keynes sont très utiles aux gouvernements. »

Robert Barro

George Reisman

Pour George Reisman le redressement économique passe par la reconstitution du capital, non par des « plans de relance » étatiques. Les récessions et les dépressions, avec les pertes qui y sont associées, sont le résultat des tentatives pour créer du capital à partir d'une expansion du crédit en lieu et place de l'épargne. Comme une personne qui se croit enrichie au cours d'une bulle financière, et que cela conduit à adopter un niveau de vie qui est au-delà de ses véritables moyens, les entreprises sont amenées à entreprendre des projets qui sont au delà de leurs moyens réels. En reprenant Ludwig von Mises, « l'essence du keynésianisme est son incapacité complète à concevoir le rôle que jouent l'épargne et l'accumulation du capital dans l'amélioration de la situation économique », George Reisman affirme, qu'à l'image des keynésiens, la majorité des gens sont profondément convaincus que la consommation est la clé de tout.

Reisman cite par ailleurs comme exemple les dernières bulles immobilières pour illustrer les mauvais investissements et la surconsommation causés par l'expansion du crédit. En particulier, les hommes de l’État ont également beaucoup contribué à ce qu’on accorde ces prêts à des acheteurs qui n’étaient pas capables de rembourser leurs crédits. Ils l’ont fait par le biais de leurs différents programmes de garantie de prêt, attribués par Fannie Mae, Freddie Mac et le Ministère du logement et du développement urbain, et même au moyen de l'extorsion pure et simple, par l’intermédiaire du Community Reinvestment Act, qui exigeait des banques qu’elles fassent suffisamment de prêts de ce genre pour que certains « groupes communautaires » s’en trouvent satisfaits.

Quelles sont les mesures les moins mauvaises ?

Si malgré tout une politique de relance est adoptée, quelle devrait-elle être ? Pour la majorité des économistes, la plus efficace des mesures est non d'investir directement, mais de rendre leur argent aux contribuables par des baisses d'impôts. En effet, qui est mieux à même de dépenser de la façon la plus efficace son argent ? Quelqu'un qui le dépense pour soi, ou quelqu'un qui le dépense pour d'autres sur le fondement de ses croyances ou de son idéologie ? Voir par exemple les travaux d'Alberto Alesina[2].

Notes et références

Voir aussi

Citations

  • «  Voulez-vous connaître le plus grand programme de relance de tous les temps ? La Seconde Guerre mondiale. Oui, vous lisez bien. Il est largement reconnu que la guerre a sorti l’économie américaine de la Grande Dépression. Oui, la Seconde Guerre mondiale était un plan de relance classique. Des milliers de milliards de dollars ont été dépensés. Des milliers de milliards de dollars ont été perdus. Et à la fin, le monde était appauvri. »
        — Bill Bonner

  • «  Les dépenses de relance n’augmentent pas la demande totale : elles la remanient simplement, en laissant l’économie aussi faible qu’avant — si ce n’est plus. Après quatre décennies de chômage massif et de multiples « plans » de relance, pourquoi ces recettes produiraient-elles soudain un résultat différent ? »
        — Véronique de Rugy, Relance et Dépense Publique, Libres ! 100 idées, 100 auteurs

  • «  Des plans d’irrigation pendant le déluge. »
        — Jacques Rueff, Titre de son article dans Le Monde du 24 septembre 1965

Liens externes

En anglais


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