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Pierre Salmon

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Pierre Salmon
Économiste

Dates 1938 - 2019
Tendance École du Public Choice
Nationalité France France
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Citation
Interwikis sur Pierre Salmon

Pierre Salmon, né à Paris en 1938 et mort le 6 juillet 2019, était un économiste français, proche de l'École du Public Choice. Il a grandement contribué au domaine des sciences économiques et a laissé un héritage significatif dans le monde universitaire.

Biographie de Pierre Salmon

Pierre Salmon a obtenu son doctorat ès sciences économiques à l'Université de Paris en 1965. Sa formation académique solide lui a permis de devenir un expert reconnu dans son domaine. Il a partagé ses connaissances et sa passion pour l'économie en tant que professeur, influençant ainsi de nombreuses générations d'étudiants.

Au cours de sa carrière, Pierre Salmon a occupé divers postes académiques prestigieux. Il a été professeur à l'Institut universitaire européen de Florence de 1976 à 1979, où il a contribué à la recherche économique de pointe. En 1985, il a rejoint l'Université de Dijon en tant que professeur, où il a continué à enseigner et à mener des recherches.

L'héritage de Pierre Salmon réside dans sa capacité à aborder des questions économiques complexes de manière approfondie et à les expliquer de manière accessible. Ses écrits et ses travaux de recherche ont contribué à éclairer les politiques économiques et les débats dans le monde universitaire et au-delà.

Pierre Salmon laisse derrière lui un vide dans la communauté économique et universitaire en France et au-delà. Sa passion pour l'économie et son engagement envers l'éducation continuent d'inspirer ceux qui ont eu la chance de le connaître et de travailler avec lui.

Travaux

Les tensions entre la science politique et l'économie : Une analyse des divergences méthodologiques

Le texte de Pierre Salmon et Alain Wolfelsperger (2001), intitulé "De l'équilibre au chaos et retour : bilan méthodologique des recherches sur la règle de majorité," traite de la relation entre la science politique et la science économique, en se concentrant sur le champ théorique commun qui les relie, notamment en ce qui concerne l'application de la théorie des choix rationnels à la politique. Le texte aborde également les différences méthodologiques et les tensions qui peuvent exister entre les politologues et les économistes lorsqu'ils travaillent sur des sujets similaires.

Dans ce texte, les auteurs soulignent que malgré la distinction administrative entre les deux disciplines, il existe un domaine de recherche commun où les politologues et les économistes travaillent ensemble, utilisant des concepts tels que la théorie des choix publics ou la théorie politique positive pour comprendre les phénomènes politiques et économiques. Cependant, ils notent que la différence de contenu entre les travaux des politologues et des économistes réside dans l'objet principal de leurs études : les politologues se penchent sur le fonctionnement des institutions politiques, tandis que les économistes se concentrent davantage sur les décisions politiques liées à l'économie.

Les auteurs expliquent que les économistes ont progressivement accepté l'application des méthodes et des principes économiques à l'analyse des phénomènes politiques. Ils considèrent que cette évolution est naturelle, car les concepts et les techniques développés en économie peuvent également être pertinents pour comprendre les processus politiques. De plus, ils notent que de plus en plus de modèles économiques intègrent des variables politiques, ce qui renforce la légitimité de cette approche.

En revanche, les politologues qui travaillent en dehors de cette théorie des choix rationnels, tout en s'intéressant aux mêmes types de phénomènes, sont confrontés à des défis différents. Les auteurs expliquent que certains politologues traditionnels voient l'essor de cette théorie comme une menace pour la discipline, car elle pourrait remettre en question la répartition des pouvoirs et des récompenses au sein de la science politique. Certains considèrent cette théorie comme une tentative d'hégémonie au sein de la discipline.

En résumé, ce texte met en lumière les tensions et les différences d'approche entre les politologues et les économistes lorsqu'ils abordent des questions politiques à travers la théorie des choix rationnels. Les économistes ont généralement adopté cette approche, tandis que les politologues traditionnels y voient parfois une menace pour leur propre domaine de recherche. Ce texte reflète ainsi les débats et les dynamiques intellectuelles qui animent le croisement entre la science politique et la science économique.

Les recherches de Pierre Salmon en économie politique sur l'équilibre selon la règle de majorité explorent diverses pistes pour comprendre comment ce concept peut être appliqué dans des situations réelles, en tenant compte des complexités des processus de décision collectifs et des facteurs tels que la rationalité limitée, les motivations des acteurs et les coûts de décision. Pierre Salmon cherche également à définir des concepts d'équilibre plus généraux qui peuvent être compatibles avec l'équilibre selon la règle de majorité électorale dans un large éventail de configurations de préférences.

Analyse du cas de l'absence d'équilibre

L'absence d'équilibre dans le cas multidimensionnel ne constitue pas nécessairement un échec pour la théorie du choix social, nous indiquent les deux auteurs car cette théorie a pour objectif principal d'étudier les propriétés des règles de décision à l'état pur. Les théorèmes du chaos, qui mettent en évidence l'absence d'équilibre dans certaines situations multidimensionnelles, peuvent être perçus comme un progrès dans notre compréhension des propriétés de ces règles de décision, même s'ils vont à l'encontre de certaines conceptions idéalistes de la démocratie. Ainsi, du point de vue de la théorie du choix social, l'absence d'équilibre peut être considérée comme un résultat normal et non comme un échec.

En revanche, du point de vue de l'économie politique, l'absence d'équilibre dans des situations proches de la réalité peut être perçue comme un défi important, car cette théorie vise généralement à fournir des explications et des prédictions pour les phénomènes observés dans le monde réel. Un modèle qui n'admet pas d'équilibre peut sembler inadapté à cette fonction.

Face à ce défi, les deux économistes, Pierre Salmon et Alain Wolfelsperger (2001), ont exploré trois approches pour résoudre le problème du déséquilibre :

1. Renoncer au concept d'équilibre selon la règle de la majorité électorale, sauf dans les cas où il reste applicable. Cette approche consiste à reconnaître que la règle de la majorité ne conduit pas toujours à un équilibre, mais à accepter cette réalité et à explorer d'autres méthodes ou règles de décision lorsque la règle de majorité échoue.

2. Conserver le concept d'équilibre selon la règle de la majorité, mais en l'associant à d'autres règles. Cette approche cherche à combiner la règle de la majorité avec d'autres mécanismes de décision, tels que des procédures de négociation, pour atteindre un équilibre dans des situations multidimensionnelles.

3. Maintenir le concept d'équilibre selon la règle de la majorité à l'état pur, mais dans un univers différent du point de vue de l'information des agents. Cette approche consiste à introduire des éléments d'incertitude dans le modèle, ce qui peut rendre possible l'équilibre en transformant les fonctions de vote en fonctions continues.

L'évaluation des mérites respectifs de ces trois approches dépend des objectifs de la modélisation économique et de la capacité de chaque approche à rendre compte des phénomènes observés dans la réalité. Chacune de ces approches présente des avantages et des inconvénients, et leur pertinence dépendra du contexte spécifique de l'analyse économique.

Informations complémentaires

Publications

  • 1991, avec Alain Wolfelsperger, "From Competitive Equilibrium to Democratic Equilibrium : Has the Analogy Been Fruitful ?", Papers in Political Economy, Vol 16, University of Western Ontario
  • 1994, "Outrageous Arguments in Economics and Public Choice", European Journal of Political Economy, Vol 10, n°3, pp409-426
  • 2000, "Modèles et mécanismes en économie : essai de clarification de leurs relations", Revue de philosophie économique, Vol 1, n°1, pp104-126
  • 2019, "Is Democracy Exportable?", In: Roger Congleton, Bernard Grofman, Stefan Voigt, dir., "The Oxford Handbook of Public Choice", Vol 1, Oxford: Oxford University Press, pp725–742

Littérature secondaire

  • 1987, Maurice Lagueux, commentaire du livre d'A. Mingat, Pierre Salmon et Alain Wolfelsperger, "Méthodologie économique", Revue Internationale de Philosophie, 41e année, n°161, fasc. 2, pp314-323


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