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Maurice Allais

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Maurice Allais
Économiste

Dates 1911 - 2010
Allais.jpg
Tendance Libéral classique
Origine France France
Articles internes Autres articles sur Maurice Allais

Citation « Pour l’essentiel le libéralisme ne se réduit pas à une doctrine économique. C’est fondamentalement une doctrine politique dont l’essence est de définir les conditions sous lesquelles les hommes peuvent vivre ensemble. L’organisation économique n’en constitue qu’un chapitre et elle a pour objet de préciser le système institutionnel dans lequel prennent place toutes les actions économiques dans le cadre d’une économie de marchés. En fait, le fonctionnement de l’économie de marchés est inséparable de son cadre institutionnel.  »
inter lib.org sur Maurice Allais

Maurice Allais, né le 31 mai 1911 à Paris et mort le 9 octobre 2010 à Saint-Cloud, est un économiste français. Il a reçu le Prix Nobel d'économie en 1988 « pour ses contributions à la théorie des marchés et à l'utilisation efficace des ressources ». Il est diplômé de l’École polytechnique (promotion 1931). Il entre à l'Institut en 1990.

Dans son traité d'économie pure de 1943, Maurice Allais a été inspiré par Léon Walras, Irving Fisher, et surtout Vilfredo Pareto, estimant que ce dernier est le premier à jeter les bases rigoureuses de la théorie du rendement social.

La plupart des libéraux partagent certains de ses points de vue sur l'inflation ou sur la création monétaire ex nihilo, mais sont réservés quant à ses préconisations de barrières douanières et à la mathématisation exagérée de l'économie qui est une constante de son œuvre. Ils voient Maurice Allais comme un libéral utilitariste (par nécessité méthodologique) néo-walrasien, qui considère qu'en économie (discipline dans laquelle, de son propre aveu, il se considère comme un autodidacte, sa formation étant celle d'un ingénieur), on ne peut parler de science que là où existent des régularités susceptibles d'être analysées ou prédites. Sa méthode, inspirée de la méthode expérimentale scientifique, consiste en général à poser a priori des postulats contestables, puis à justifier a posteriori son système par son adéquation aux données (évaluée par des méthodes non-standard), toute théorie concurrente étant rejetée comme ne rendant pas aussi bien compte des résultats.

Dans ses derniers ouvrages, il mène la charge contre le libre-échange et la mondialisation, en faveur d'un certain protectionnisme. Il re­vendique d'ailleurs sa double pensée « libérale et socialiste »[1]. Il trouve toutes sortes de justifications à l'interventionnisme étatique, faute de théorie de la propriété adéquate : en effet, la propriété est pour lui seulement quelque chose d'utile parce que cela favorise le développement d’une économie « efficiente » (en 1947 il a refusé de signer le texte constitutif de la Société du Mont Pèlerin en raison de l'importance excessive donnée selon lui par ce texte aux droits de propriété).

Il est également auteur de travaux scientifiques sur la physique dans lesquels il conteste la théorie de la relativité[2] (il accuse également Einstein d'avoir plagié Henri Poincaré et Hendrik Lorentz[3]). Ses théories sur l'anisotropie de l'espace sont traitées comme anecdotiques par la communauté scientifique, et son opposition à Einstein est interprétée comme un chauvinisme intolérant.

Bibliographie

  • 1943, A la recherche d'une discipline économique, tome I, L'économie pure et ses annexes
    • Réédité en 1953, sous le titre Traité d'économie pure, Paris, Imprimerie nationale
  • 1947, Économie et Intérêt, Paris, Imprimerie nationale
  • 1952, “Le comportement de l'homme rationnel devant le risque: Critique des postulats de l'école Américaine”, Econometrica, octobre, 21, pp. 503-46
  • 1953, "Le comportement de l'homme rationnel devant le risque, critique des postulats et axiomes de l'ecole americaine", Econometrica, Vol 21, pp53-526
  • 1954,
    • a. "Les fondements comptables de la macroéconomique", Paris, Presses Universitaires de France
    • b. "Illustration de la théorie monétaire des cycles économiques par des modèles non linéaires", (Illustration of the monetary theory of business cycles by non-linear models), Econometrica, Vol 22, pp116-120
  • 1953, « L'extension des théories de l'équilibre économique général et du rendement social au cas du risque », Econometrica, octobre, 21, avril.
  • 1956, "Explication des cycles économiques par un modèle non linéaire à régulation retardée" (Explanation of economic cycles by a non-linear model with lagged adjustment.), Metroeconomica, Vol 8, pp4-83
  • 1965, "A Restatement of the Quantity Theory", American Economic Review, Vol 56, pp1125-1157
  • 1967, "Caractéristiques comparées des systèmes de l'étalon-or, des changes à parités libres et de l'étalon de change-or", In: Emil Claassen, dir., "Les fondements philosophiques des systèmes économiques", Paris: Payot, pp356-372
  • 1968, "Equation Fondamentale de la Dynamique Monétaire", Appendix 1 of Monnaie et Développement, Vol 1; Paris: Ecole Normale Supérieure des Mines.
  • 1969, "Growth and Inflation", Journal of Money, Credit and Banking, Vol 1, pp355-426
  • 1974, "The Psychological Rate of Interest", Journal of Money, Credit and Banking, Vol 6, pp285-331
  • 1976, "Taux d'expansion de la dépense globale et vitesse de circulation de la monnaie", In: Henri Guitton, dir., "Mélanges offerts à Henri Guitton : le temps en économie, les mathématiques et l'économie, recherches pluridisciplinaires", Paris : Dalloz-Sirey, (préface de G. L. S. Shackle), pp121-156
  • 1982, "Génération de fluctuations conjoncturelles endogènes à partir de l'équation fondamentale de la dynamique monétaire." And "Analyse des séries temporelles et facteur x — tests de périodicité", Rapport d'Activité du Centre d'Analyse Economique, Centre National de la Recherche Scientifique, Document n°C-4081, Part IV, pp21-27, pp31-35
  • 1983, "Frequency, Probability, and Chance", In: B. Stigum, F. Wynstop, dir., "Foundations of Utility and Risk Theory with Applications", Doderecht, Netherlands: Reidel, pp35-86
  • 1985, "The Credit Mechanism and its Implications", In: G. R. Feiwel, dir., "Arrow and the Foundations of the Theory of Economic Policy", London: Macmillan, pp491-561
  • 1986, "The Empirical Approaches of the Hereditary and Relativistic Theory of the Demand for Money", Economia della Scelte Publiche, pp3-83
  • 1989, "My Life Philosophy", The American Economist, Vol 33, pp3-17
  • 1992, "An Outline of my Main Contribution to Economic Science", In: K. Goran-Mailer, dir., "Nobel Lectures: Economic Science", Singapore: World Scientific, pp233-252
    • Repris en 1997, "An Outline of my Main Contribution to Economic Science", American Economic Review, Vol 87, December, pp3-12
  • 1998, « Introduction à la deuxième édition », d'Économie et Intérêt de Clément Juglar, Paris, Éditions juridiques et économiques

Notes et références

  1. « Le point de vue que j'exprime est celui d'un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m'apparaît fausse, artificielle. L'idéal socialiste consiste à s'intéresser à l'équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l'efficacité de la production de cette même richesse. » « Lettre aux Français », Ma­rianne, décembre 2009
  2. L'effondrement radical et définitif de la théorie de la relativité
  3. Albert Einstein, un extraordinaire paradoxe

Littérature secondaire

  • 1999, J. H. Dreze, J. M. Grandmont, "The Nobel Memorial Prize in Economics 1988: Maurice Allais and the French Marginal School; Report on Maurice Allais' Scientific Work", Scandinavian Journal of Economics, Vol 91, pp1—46
  • 2007, R. Pascale, G. Pascale, "Toma de decisiones económicas: El aporte cognitivo en la ruta de Simon, Allais y Tversky y Kahneman", Ciencias Psicológicas, Vol 1, n°2, pp149-170

Liens externes

Citations

  • Je suis libéral parce que je pense qu’il y a dans cette attitude une réponse rationnelle aux problèmes qui se posent à nos sociétés. Et j’ai défendu le libéralisme à une époque où c’était très impopulaire, après la seconde guerre mondiale. (1988)
  • Pour l’essentiel le libéralisme ne se réduit pas à une doctrine économique. C’est fondamentalement une doctrine politique dont l’essence est de définir les conditions sous lesquelles les hommes peuvent vivre ensemble. L’organisation économique n’en constitue qu’un chapitre et elle a pour objet de préciser le système institutionnel dans lequel prennent place toutes les actions économiques dans le cadre d’une économie de marchés. En fait, le fonctionnement de l’économie de marchés est inséparable de son cadre institutionnel.  (Maurice Allais)
  • Il y a une identité profonde du libéralisme et du socialisme. (...) Pour le véritable libéral, comme pour le véritable socialiste, peu importe que la propriété des moyens de production soit privée ou collective, si les fins qu'il poursuit et considère comme essentielles, l'efficacité et la justice, sont réalisées. (Au-delà du laisser-fairisme et du socialisme, 1950)
  • Maurice Allais n'est certainement pas un économiste libéral de la lignée d'un Frédéric Bastiat ou d'un Friedrich Hayek. Possédant certes de fortes convictions libérales personnelles, il est plutôt un libéral utilitariste et pragmatique, représentant typique et très talentueux des économistes mathématiciens français, mais aussi du changement de perspective des libéraux à l'époque moderne. (Pascal Salin, Libéralisme, 2000)
  • En se déclarant à la fois "libéral" et "socialiste", Maurice Allais illustrait parfaitement les contradictions élémentaires qui réfutent ses écrits, ainsi que son incapacité à s'en rendre compte. Comme le libéralisme c'est l'interdiction de voler alors que le socialisme c'est la négation du Droit de propriété prise comme point de départ de toute réflexion politique normative, quand on se déclare partisan à la fois de l'un et de l'autre on s'affiche comme un proférant d'absurdité, et on invite ceux qui ne le sont pas à ne tenir aucun compte de ce que vous dites. (...) Il ignorait en effet que le libéralisme est une philosophie politique, c'est-à-dire une définition de l'acte juste, c'est-à-dire une définition de la propriété légitime. (François Guillaumat)
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