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Coup d'État
Le coup d'État est une action politique au cours de laquelle un individu, un groupe de personnes ou une faction militaire renverse le gouvernement en place de manière soudaine et souvent illégale. Il s'agit d'une atteinte à l'ordre constitutionnel établi, car les auteurs du coup d'État suspendent ou violent la constitution et les procédures démocratiques pour accéder au pouvoir. Les motivations derrière les coups d'État peuvent varier, allant des intérêts personnels à la résolution de crises nationales graves. Les conséquences d'un coup d'État peuvent être multiples, allant de la suppression des libertés civiles à l'instabilité politique et économique. Les coups d'État suscitent souvent des réactions de la part de la population et de la communauté internationale, en fonction de leur légitimité et de leurs objectifs.
Le coup d'État comme atteinte à la démocratie libérale
Violation de la constitution et de l'ordre établi
- 1. Suspension de la constitution. La suspension de la constitution est l'un des éléments clés d'un coup d'État, car elle marque la rupture de l'ordre constitutionnel existant. Dans le cas du coup d'État du 2 décembre 1851 en France, la constitution en question était celle de la Deuxième République. Louis-Napoléon Bonaparte a agi en violation flagrante de cette constitution en dissolvant l'Assemblée nationale et en réduisant les droits et les libertés politiques des citoyens.
- 2. Renversement du gouvernement élu. Un autre aspect essentiel d'un coup d'État est le renversement du gouvernement élu légalement. En 1851, la Deuxième République avait été établie par le biais d'élections démocratiques, mais Louis-Napoléon Bonaparte a renversé ce gouvernement au moyen du coup d'État. Il a ainsi annulé la volonté du peuple exprimée par les urnes et a imposé son autorité de manière autoritaire.
Les exemples historiques
- . Description des événements du coup d'État du 2 décembre 1851 en France. Le coup d'État du 2 décembre 1851 a été soigneusement planifié et exécuté par Louis-Napoléon Bonaparte, qui avait servi en tant que président de la Deuxième République. Le 2 décembre 1851, Bonaparte ordonna la dissolution de l'Assemblée nationale et prit le commandement des forces armées, notamment grâce à l'appui de son demi-frère Morny, qui était devenu ministre de l'Intérieur. Le coup d'État a eu pour conséquence immédiate la suspension de la Deuxième République, mettant fin à l'expérience démocratique en France. Louis-Napoléon Bonaparte s'est proclamé président à vie et a préparé le terrain pour la restauration de l'Empire en 1852, devenant ainsi Napoléon III. La réaction à ce coup d'État a été mixte. Certaines personnes ont soutenu Bonaparte, tandis que d'autres ont résisté à la suspension de la Deuxième République. Des personnalités politiques notables, telles qu'Alexis de Tocqueville, se sont opposées au coup d'État et ont été incarcérées provisoirement pour leur opposition. Le coup d'État du 2 décembre 1851 a marqué la fin de la Deuxième République et a ouvert la voie à un régime autoritaire. Les libertés civiles ont été restreintes, l'opposition politique a été réprimée, et la France est entrée dans une période de répression sous le règne de Napoléon III. La démocratie libérale en France a été gravement compromise, et il a fallu des années pour rétablir un système politique plus démocratique.
- . Tentatives de coup d'État en 1974 à Chypre et en 2016 en Turquie. Ces exemples illustrent comment les tentatives de coup d'État peuvent avoir des conséquences profondes sur la démocratie libérale dans les pays concernés, en modifiant les équilibres de pouvoir, en affectant les relations internationales et en provoquant des réactions variées de la population et des acteurs politiques.[1]
- . Les coups d'État pendant le Directoire. Pendant la période du Directoire de la Révolution française (1795-1799), la France a été le théâtre de plusieurs coups d'État en raison de l'instabilité politique et de l'incapacité du Directoire à maintenir une gouvernance stable. Les coups d'État ont été des événements majeurs qui ont contribué à l'effondrement du Directoire.[2].
Le coup d'État comme libération
Conséquences et réactions
- 1. Évaluation des résultats à court et à long terme. Le coup d'État du 2 décembre 1851 en France a eu des résultats immédiats significatifs. À court terme, Louis-Napoléon Bonaparte a consolidé son pouvoir en France en mettant fin à la Deuxième République et en établissant une présidence à vie. Cette action a apporté une période de stabilité politique apparente. Cependant, à long terme, le coup d'État a conduit à l'établissement du Second Empire sous Napoléon III, marquant la fin de la démocratie libérale en France.
- 2. La perception du coup d'État en tant que moyen de libération. Le coup d'État du 2 décembre 1851 a été perçu de manière mitigée en tant que moyen de libération. Certains partisans de Bonaparte ont considéré son action comme une libération de l'instabilité politique et sociale qui avait caractérisé la Deuxième République. Ils espéraient que son autorité pourrait ramener l'ordre et la prospérité en France. Cependant, pour d'autres, en particulier les partisans de la démocratie libérale, le coup d'État représentait une menace pour les libertés civiles et les principes démocratiques.
- 3. Exemple historique : Le coup d'État du 2 décembre 1851 en France. Louis-Napoléon Bonaparte avait des objectifs politiques clairement définis lors du coup d'État. Il cherchait à consolider son pouvoir et à mettre fin à l'instabilité politique en France. Ses ambitions personnelles, notamment la restauration de l'Empire, ont également influencé ses actions. Pour rétablir l'ordre en France, Bonaparte a pris des mesures temporaires, notamment la dissolution de l'Assemblée nationale, la suppression de la liberté de la presse, et la répression de l'opposition politique. Ces actions étaient destinées à réduire les conflits et à renforcer son autorité. Les réactions au coup d'État ont été variées. En France, certaines personnes ont soutenu Bonaparte, tandis que d'autres s'y sont opposées. Les arrestations d'opposants politiques, dont Alexis de Tocqueville, ont suscité des protestations. Sur la scène internationale, les puissances étrangères ont observé de près les événements en France, mais elles ont généralement évité d'intervenir directement. Le coup d'État du 2 décembre 1851 a eu un impact profond sur la politique et la société françaises à long terme. Il a marqué la fin de la Deuxième République et a ouvert la voie au Second Empire de Napoléon III. Sous son règne, la France a connu une période d'autoritarisme et de répression, mettant fin à la démocratie libérale en France. Les conséquences du coup d'État se sont fait sentir pendant des décennies, et la France n'a retrouvé une forme de république démocratique qu'après la chute de Napoléon III en 1870. Le coup d'État du 2 décembre 1851 en France illustre comment un coup d'État, bien qu'il puisse être perçu comme une tentative de libération par certains, peut avoir des conséquences à long terme sur la démocratie libérale et la stabilité politique d'un pays.
- ↑ Les exemples historiques des tentatives de coup d'État en 1974 à Chypre et en 2016 en Turquie présentent des scénarios où des coups d'État ont été menés pour renverser des gouvernements élus. La tentative de coup d'État à Chypre en 1974 visait à renverser l'archevêque Makarios, président de la République de Chypre, dans le but d'unifier Chypre avec la Grèce. Cela a déclenché l'intervention militaire de la Turquie et a conduit à la division de l'île. En 2016, une faction de l'armée turque a tenté de renverser le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan en occupant des lieux stratégiques à Istanbul et à Ankara. Cette tentative a été suivie de violents affrontements entre les putschistes et les forces gouvernementales. Les tentatives de coup d'État ont eu des cibles différentes : l'archevêque Makarios à Chypre en 1974 et le gouvernement d'Erdoğan en Turquie en 2016. Les réactions de la population et des personnalités politiques ont été variées, avec des manifestations de soutien au président Erdoğan en Turquie et des appels à la résistance à Chypre. Les conséquences de ces tentatives de coup d'État ont été significatives. À Chypre, la division de l'île en deux parties, la République de Chypre et la République turque de Chypre du Nord, a perduré. En Turquie, la tentative de coup d'État a renforcé le pouvoir du président Erdoğan, entraînant des purges massives de l'armée, du secteur de la justice et des médias, ainsi qu'une centralisation du pouvoir exécutif.
- ↑ Les coups d'État pendant le Directoire visaient généralement à renverser le gouvernement en place et à réorienter la direction politique de la France. Les cibles pouvaient varier en fonction des acteurs impliqués. Par exemple, en 1797, le coup d'État de Fructidor visait à empêcher les royalistes de prendre le contrôle du gouvernement, tandis qu'en 1798, le coup d'État de Floréal visait à contrer les néo-jacobins. Les réactions à ces coups d'État furent diverses. Certaines factions politiques les soutenaient, tandis que d'autres les condamnaient. La population était également divisée quant à son soutien ou à sa résistance à ces événements. Des personnalités politiques, telles qu'Emmanuel Sieyès et Roger Ducos, ont parfois collaboré avec les instigateurs des coups d'État, tandis que d'autres s'y opposaient ou en étaient les victimes. Les coups d'État pendant le Directoire ont eu des conséquences significatives sur la démocratie libérale en France. Ils ont contribué à l'instabilité politique et à l'affaiblissement de la confiance du public dans les institutions démocratiques. Les purges et les actions autoritaires associées à ces coups d'État ont renforcé l'argument selon lequel la Révolution française avait du mal à maintenir une gouvernance libérale et démocratique. Ces événements ont également ouvert la voie à un général ambitieux, Napoléon Bonaparte, qui a réalisé un ultime coup d'État en 1799, le coup du 18 brumaire, mettant fin au Directoire et instaurant le Consulat, un changement politique majeur en France.