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Raymond de Roover

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Raymond de Roover (1904-1972) était un historien, d'origine belge, spécialiste de l'histoire bancaire et financière du bas Moyen-Âge. Il fut en prises directes avec les documents originaux de la banque florentine des XIVe et XVe siècles, Il a été professeur au Wells college, Aurora-on-Cayugan, dans l'État de New York.

Dans le commentaire du livre de Carlo Cipolla, "Studi di Storia della Moneta", paru dans les Annales en 1951, Raymond de Roover montre comment la vie économique italienne du XIIIe au XVe siècle a évolué en fonction du système monétaire en place. Plus l'historien regarde dans le passé, plus il a des difficultés à trouver des statistiques, écrit-il. Il est d'autant plus rarissime de trouver des informations chiffrées sur le change interne des monnaies par rapport au change externe (échange avec un pays étranger). Il explique que la tâche est d'autant plus ardue pour l'historien que même les changes internes fluctuent à la différence des changes fixes comme par exemple, ce qui s'est passé en France après 1914 où existait un cours immuable pour le napoléon ou le louis qui valait toujours vingt francs.

Spécialiste de l'économie médiévale et de Bruges, la place financière importante en Europe, Raymond de Roover note dans son ouvrage "Money, Banking and Credit in Medieval Bruges" (1948) que « les profanes qui violaient l'interdiction de l'usure étaient punis par les autorités civiles ». 21 usuriers ont été condamnés à une amende en 1304, 19 en 1310 et 24 en 1311. L'usure était donc un phénomène relativement courant à Bruges au XIVe siècle. Parfois, des usuriers de Bruges étaient conduits devant la Chambre des comptes de Lille où les amendes étaient beaucoup plus importantes. Toutefois, la loi conter l'usure n'empêchait pas la pratique. Raymond de Roover affirme donc ("The scholastics, usury, and foreign exchange": 1967) que certains commerçants échappaient aux lois contre l'usure et qu'ils avaient intérêt à soutenir l'interdiction des intérêts, même si elle leur imposait des coûts supplémentaires, car l'interdiction imposait des coûts encore plus élevés à leurs concurrents. Cet argument suggère que l'interdiction de l'usure était susceptible d'être capturée par la réglementation, ce que George Stigler (1971) a suggéré dans sa théorie de la capture réglementaire qui prouve que les réglementations qui ont pour objectif déclaré d'améliorer le bien-être social ont souvent pour effet de créer des rentes de monopole pour des groupes d'intérêts bien organisés[1]. Raymond de Roover a fait valoir (1974) que l'interdiction canonique de l'usure a permis le façonnement de nouvelles méthodes, de nouvelles formes d'organisation et de nouvelles attitudes commerciales tout au long de la période médiévale, en affectant les divers types de contrats employés par les marchands.

Publications

  • 1944, "What is dry exchange? A contribution to the study of English mercantilism", The Journal of Political Economy, 52 (3), pp250–266
  • 1946, "The Medici bank financial and commercial operations", The Journal of Economic History, 6 (2), pp153–172
  • 1948,
    • a. "The Medici Bank", New York University Press, New York
    • b. "Money, Banking and Credit in Medieval Bruges", The Medieval Academy of America, Cambridge, Massachusetts
  • 1949, "Gresham on Foreign Exchange", Harvard University Press, Cambridge, M.A.
  • 1955, "Scholastic economics. Survival and lasting influence from the Sixteenth Century to Adam Smith", Quarterly Journal of Economics, Vol LXIX, mai, pp161-190
  • 1963, "The Rise and Decline of the Medici Bank, 1397–1494", Harvard University Press, Cambridge, MA.
  • 1967,
    • a. "San Bernardino of Siena and Sant'Antonino of Florence: the two great economic thinkers of the Middle Ages", Boston Mass.: Baker Libr
    • b. "The scholastics, usury, and foreign exchange", The Business History Review, Vol 41, pp257–271
  • 1971, "La Pensée économique des scolastiques", Montréal: Institut d'études médiévales ; Paris: J. Vrin
  • 1974, "Business, Banking, and Economic Thought in Late Medieval and Early Modern Europe", The University of Chicago Press, Chicago
  1. Dans la même approche, Fred McChesney, 1987, propose la théorie de la « prédation des coûts » dans laquelle la réglementation nuit à certains producteurs de manière disproportionnée par rapport à d'autres et qu'elle crée ainsi des rentes pour certains producteurs.* Fred McChesney, 1987, "Rent extraction and rent creation in the economic theory of regulation", The Journal of Legal Studies, 16 (1), pp101–118