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Pierre de Jean Olivi
Pierre de Jean Olivi | |||||
Philosophe, Théologien | |||||
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Dates | 1248-1298 | ||||
Tendance | Précurseur | ||||
Nationalité | ![]() | ||||
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Citation | |||||
Interwikis sur Pierre de Jean Olivi | |||||
Pierre de Jean Olivi, ou Pierre Jean Olieu, né à Sérignan vers 1248 et mort à Narbonne en 1298, est un maître en théologie et moine franciscain.
Biographie
Formé au couvent des Franciscains de Béziers, il en est diplômé au titre de bachelier en théologie. Son ordre l'envoie enseigner dans la province de Narbonne. Il participe, avec d'autres membres de l'Ordre des Frères Mineurs, à l'élaboration de la bulle pontificale Exiit qui seminat de Nicolas IV.
Il se heurte à plusieurs reprises à son ordre sur des points doctrinaux. Pour lui, l'unité du corps et de l'âme s'opère de manière relativement complexe et selon une architecture bien particulière: ce n'est pas l'âme intellectuelle qui s'unit directement à la matière du corps; elle ne lui est reliée que par le truchement des âmes végétative et sensitive. Son hylémorphisme, proche de celui de saint Augustin, récuse donc que ce soit l'âme intellectuelle qui soit la forme du corps. Cette proposition sera rejetée après sa mort lors du Concile de Vienne en 1311.
Un précurseur en de nombreux domaines
En outre, il propose des considérations originales et se montre un véritable précurseur en diverses disciplines. Par exemple, pour la physique, il estime - à l'opposé d'Aristote - que l'impulsion donnée à un projectile continue de le mouvoir alors qu'a disparu la cause originelle de son mouvement (loi d'inertie énoncée plus tard par Galilée).
Mais c'est en économie qu'il joue un rôle considérable et - à long terme - révolutionnaire. A l'instar d'autres scolastiques (saint Thomas d'Aquin, Jean Buridan, etc.), il construit une théorie anticipant la subjectivité de la valeur, là aussi a contrario de la thèse aristotélicienne alors dominante. En effet, selon celle-ci, deux biens échangés possèdent une valeur égale (conformément à sa notion de justice distributive chère au Stagirite). Or, pour Olivi, le prix n'est pas fonction d'une donnée objective, mais résulte au contraire du rapport entre la rareté du bien et le désir exprimé par l'autre partenaire de l'échange. A cet égard, Olivi et d'autres auteurs parlent de complacibilitas (désirabilité) pour évoquer ce que l'École autrichienne nommera bien plus tard l'utilité subjective.
Par ailleurs, contrairement à ce que laisserait supposer son appartenance à un ordre mendiant, Olivi prend la défense du prêt à intérêt, qu'il justifie comme un dédommagement des affaires que ne peut réaliser le créancier en raison des montants qu'il a prêtés à des tiers (lucrum cessans) et parce qu'il existe de nombreuses incertitudes sur les gains futurs (periculum sortis).
Toujours en économie, on lui doit un Traité des contrats (1293-1295), écrit à la fin de sa vie.
Enfin, sur le plan plus philosophique, il a défendu avec fermeté la thèse du libre arbitre en s'appuyant sur la réalité d'attitudes opposées comme la prévoyance et la négligence, l'espoir et la méfiance, etc.
Voir aussi
Liens externes
- (fr)Oliviana revue électronique, textes sur l’ordre franciscain dont des textes de Pierre de Jean Olivi
- (fr)Pierre de Jean Olivi, Biographie par le site de l’École Franciscaine de Paris
- (en)Article sur Olivi dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy
- (en)Biographie par la Catholic Encyclopedia
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