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Thomas B. Macaulay

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Thomas Babington Macaulay né dans le Leicestershire le 25 octobre 1800 et mort à Londres le 28 décembre 1859 est un historien britannique et un homme politique whig. Ses ouvrages sur l’histoire de son pays sont considérés comme des chefs-d’œuvre littéraires. Il a joué un rôle majeur dans la réforme de l’éducation en Inde, faisant remplacer le persan par l’anglais comme langue officielle et comme langue d’éducation. A ses yeux, la Grande-Bretagne représentait le plus haut point de la civilisation. Il était un ardent promoteur de l’idée de progrès identifiée aux principes libéraux.

La carrière politique

D’une famille écossaise des Highlands, il se révèle un enfant prodige et fait ses études à Trinity College (Cambridge) où il révèle un goût pour la poésie. S’il est admis au barreau, il montre plus d’intérêt pour la politique que pour le droit. Il a conservé toute sa vie une grande passion pour la littérature classique, particulièrement les œuvres des Anciens. Il maitrise l’allemand, le néerlandais, l’espagnol et le français.

Le marquis de Lansdowne parraine sa carrière politique en lui offrant de représenter le bourg pourri de Calne (1830) puis après la réforme parlementaire de 1832, dont était partisan, il devient député de Leeds. Il se prononce en faveur de la disparition des discriminations légales pesant sur les Juifs. Il devient secrétaire du Bureau de contrôle (1832-1833) avant de siéger au Conseil suprême de l’Inde (1834-1838) où il introduit l’éducation en anglais pour créer une classe d’Indiens anglicisés qui puisse servir d’intermédiaires entre les colonisateurs et les colonisés : « indiens de sang et de couleur mais anglais de goût, d’opinion, de morale et d’intelligence » [1]. Il n’a d’ailleurs guère de considération pour la littérature disponible en sanscrit ou en arabe. Il prépare aussi un Code Pénal qui ne sera adopté qu’en 1860 et va inspirer celui de beaucoup de colonies britanniques.

De retour en Grande-Bretagne, il se fait élire à Edimbourg en 1838 puis devient secrétaire à la Guerre dans le cabinet de lord Melbourne et membre du Conseil privé. Il inspire la loi sur le copyright, qu’il voit comme un monopole ayant par définition des effets négatifs sur la société. La chute de Melbourne (1841) l’incite à consacrer plus de temps à son travail littéraire mais il exerce de nouveau des fonctions comme Trésorier payeur général sous lord John Russell (1846).

Sa défaite aux élections de 1847, due à sa négligence des intérêts locaux et sa prise de position favorable à l’augmentation de l’aide du gouvernement au séminaire catholique irlandais de Maynooth, ne l’empêche d’être sollicité en 1852 par les électeurs pour reprendre son siège parlementaire. Il avait élu aussi recteur de l’Université de Glasgow, une fonction honorifique. Ses problèmes de santé le pousse à abandonner son siège en 1856. Il est fait baron Macauley en 1857.

Il est terrassé par une crise cardiaque à l’âge de 59 ans, ne laissant pas d’enfant et est enterré à l’abbaye de Westminster dans le coin des Poètes.

L'historien libéral

Son œuvre la plus fameuse est The History of England from the Accession of James the Second (1848-1855) dont le dernier volume allant jusqu’à la mort de Guillaume III devait être publié après son décès par les soins de sa sœur, lady Trevelyan. Sa philosophie de l’histoire apparaît le plus clairement dans les articles publiés dans l’Edinburgh Review et d’autres publications.

Sa vision est souvent manichéenne et reflète ses a priori partisans, « l’interprétation whig de l’histoire » mais sa qualité littéraire n’a d’équivalent que dans les œuvres de Gibbon et Michelet. Dans cette vision, l’histoire est vue comme une évolution progressive et inévitable vers plus de libertés et de lumières, le renforcement de la monarchie constitutionnelle, des libertés individuelles et des progrès scientifiques.

Son Histoire s’ouvre par des phrases devenues célèbres en Angleterre :

« Je vais vous raconter comment le nouveau système a su, pendant ces années troublées, se défendre avec succès contre ses ennemis étrangers et intérieurs; comment, en vertu de ce règlement, l'autorité de la loi et de la sécurité des biens ont été trouvés compatibles avec la liberté de discussion et de l' action individuelle comme on ne l’avait jamais connu ; comment, de cette heureuse union de l'ordre et de la liberté, est née une prospérité dont les annales des affaires humaines n'avait fourni aucun exemple, comment notre pays, d'un état d'ignominie vassalité , s’est rapidement élevé pour devenir l'arbitre des puissances européennes »

En 1880, lord Acton devait classer Macauley comme l’un des trois plus grands libéraux avec Burke et Gladstone [2] Jugeant sévèrement les Essays comme plaisants à lire mais superficiels et montrant l’incompétence de leur auteur, Acton trouvait son Histoire formidable pour ses qualités d’écriture. En 1888, il écrit que Macaulay « a fait plus qu’aucun autre écrivain dans le monde pour la propagation de la foi libérale, et il n’était pas seulement le plus grand mais aussi le plus représentatif anglais de son temps. » [3]


Liens externes

Notes et références

  1. (Minute on Indian Education, 1835. Le macaulayisme est devenu ensuite un terme péjoratif)
  2. Herbert Paul (ed.), Letters of Lord Acton to Mary Gladstone (George Allen, 1904), p. 57.
  3. John Neville Figgis and Reginald Vere Laurence (eds.), Historical Essays & Studies by John Emerich Dalberg-Acton, First Baron Acton (London: Macmillan, 1907), p. 482.