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Selskabet Libertas
Fondé en 1986, le Selskabet Libertas se présente comme une organisation non partisane réunissant des individus autour d'un objectif commun : promouvoir la connaissance de l'économie de marché libre et de la liberté individuelle. Cette mission est explicitement formulée dans sa déclaration de principes, qui affirme une foi absolue en la dignité et l'intégrité de chaque être humain. Le travail du Selskabet Libertas vise ainsi la construction d'une "société ouverte", organisée autour de la libre pensée et de la liberté d'échange.
Rôle et influence dans le paysage politique danois
L'organisation défend un ensemble de droits fondamentaux qu'elle considère comme inaliénables : le droit à la vie, à la liberté et à la propriété légitimement acquise. Elle promeut également la liberté d'échanger des biens et des idées, la liberté d'association pour répondre aux besoins humains, et le droit pour chaque individu de poursuivre ses propres buts et valeurs. Ces principes placent le Selskabet Libertas dans une tradition politique résolument libérale, voire libertarienne, où l'individu est placé au-dessus du collectif et où l'État se voit assigner un rôle strictement limité. Depuis 1987, l'association diffuse ses idées à travers la revue Libertas, dont la parution, d'abord irrégulière, s'est stabilisée à environ trois numéros par an depuis 2010.
La revue Libertas
Au-delà de son rôle de caisse de résonance idéologique, le Selskabet Libertas a exercé une influence tangible sur la vie politique danoise, notamment en servant de vivier pour d'autres acteurs du mouvement libéral. Depuis 1987, l'association diffuse ses idées à travers la revue Libertas, dont la parution, d'abord irrégulière, s'est stabilisée à environ trois numéros par an depuis 2010[1]. Au-delà de son rôle de caisse de résonance idéologique, le Selskabet Libertas a exercé une influence tangible sur la vie politique danoise, notamment en servant de vivier pour d'autres acteurs du mouvement libéral. La revue Libertas a ainsi joué un rôle de diffusion des idées du "climatoscepticisme" en tant que plateforme pour des figures du libéralisme de marché, telles que Steen Steensen ou Anders Fogh Rasmussen, contribuant à orienter les débats sur des sujets clés comme la politique climatique.
Le Prix Adam Smith
Cette influence se matérialise également à travers la remise du prix Den Danske Adam Smith (L'Adam Smith danois), décernée par le Selskabet à une personne qui, par ses paroles, ses écrits ou ses actions, a accompli un travail remarquable pour promouvoir la société libre et le marché libre. Le palmarès de ce prix, qui récompense autant des intellectuels que des acteurs politiques et économiques, offre un indicateur précieux de l'étendue et de la longévité du réseau libéral danois :
Les premiers lauréats, dès 1988 et 1989, sont respectivement Knud Tholstrup, directeur et fondateur du groupe Kosan, et Christian Gandil, membre de la société du Mont Pèlerin et auteur de Moderne Liberalisme (1948), ce qui témoigne de l'ancrage précoce du prix dans les milieux d'affaires et des intellectuels libéraux. On y retrouve des figures clés mentionnées par l'historien Niklas Olsen[2], comme Anders Fogh Rasmussen (1993) ou l'homme d'affaires Flemming Juncker (2001)[3]. La liste inclut également des personnalités étrangères influentes, comme le Premier ministre tchèque Václav Klaus (1994), le professeur de philosophie émérite Gerard Radnitzky (2002), le président de :'Adam Smith Institute, Madsen Pirie (2023 ; et des intellectuels danois tels que l'historien Bent Blüdnikow (2011) ou le professeur David Gress (2003).
Enfin, elle atteste de la continuité institutionnelle avec la création du think tank CEPOS, puisque le prix a été attribué à son cofondateur, Bernt Johan Collet (2013), puis à son futur directeur, Martin Ågerup (2024)[4].
La genèse de CEPOS et l'héritage politique
L'influence la plus notable du Selskabet Libertas est probablement sa contribution indirecte à la création du think tank CEPOS en 2004. Plusieurs de ses membres, dont le futur directeur de CEPOS, Martin Ågerup, et des personnalités comme l'économiste Otto Brøns-Petersen, ont été des acteurs clés de ce réseau. CEPOS, se présentant comme "le seul think tank libéral au Danemark", poursuit un agenda similaire de promotion de la liberté individuelle, de la responsabilité personnelle et d'un État réduit. La filiation entre les deux institutions est claire : le Selskabet Libertas a constitué un terreau intellectuel et un réseau de compétences qui ont permis l'émergence d'un acteur politique et médiatique majeur, dont l'influence se fait encore sentir au Danemark dans les débats contemporains sur l'économie, la fiscalité ou l'environnement.
Informations complémentaires
Notes et références
- ↑ Depuis 2010, la revue paraît avec une périodicité régulière en février, juin et octobre, chaque numéro étant dédié à un thème spécifique.
- ↑ * 2022, Niklas Olsen, "Klimapolitikkens idéhistorie i Danmark 1980-2022" (Histoire des idées de la politique climatique au Danemark 1980-2022), Historisk Tidsskrift, Vol 122, n°1, pp182-202
- ↑ Flemming Juncker a été récompensé pour avoir contesté l'existence de l'effet de serre dans ses écrits.
- ↑ Martin Ågerup est également l'auteur de Dommedag er aflyst, un ouvrage fondateur de l'optimisme technologique dans le débat climatique.