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Secteur d'activité

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Un secteur d'activité est une division de l'économie et de la population active en trois grands ensembles, plus ou moins strictement délimités, d’après sa nature économique. La notion de secteur d'activité a été largement reprise par les organismes privés et principalement par les organismes statistiques des États qui ont établi des comparatifs et des analyses évolutives des secteurs d'activité afin que les économètres formulent des propositions de politique publique aux gouvernants.

L'économiste Colin Clark à l'initiative du découpage de l'économie en trois activités

L’économie est subdivisée en grandes catégories (agriculture, industrie, commerce et services). La classification a d'abord été proposée par Irving Fisher(économiste américain) puis reprise et développée par Colin Clark (économiste australien) et par Jean Fourastié (ingénieur et économiste français). Le découpage de l'économie et, par voie de conséquence la population active, est effectué en trois grands ensembles appelés secteurs :

- le secteur primaire;
- le secteur secondaire;
- le secteur tertiaire.

Pour Colin Clark, le secteur primaire inclut toute les activités de l’agriculture, la pêche, la sylviculture (les forêts) et les industries extractives. Le secteur secondaire regroupe la transformation des matières premières, c'est-à-dire l’industrie, à l’exception des industries extractives déjà rattachées au secteur primaire. Le secteur tertiaire contient principalement les activités commerciales et les activités de service. Colin Clark s’est efforcé de délimiter les secteurs de façon précise à partir de considérations conceptuelles ou techniques. Les limites sont conditionnées aux opérations économiques (extraction, transformation, commercialisation). Mais, cette méthodologie est pour l'ensemble inopérante. Car, il y a de la transformation et de la commercialisation dans le secteur primaire et il y a de la commercialisation dans l’industrie. Dans les faits, les secteurs d'activités ont été modélisées selon les indications statistiques existantes. Les travaux de Colin Clark ont été repris par Jean Fourastié qui a a mis l’accent sur l’intensité du progrès technique. D’après ses calculs, celui—ci est moyen dans le secteur primaire, très important dans le secteur secondaire, faible ou nul dans le secteur tertiaire. Cependant, la prise en compte de la mécanisation dans l’agriculture ou l'avènement de l’informatique dans tous les secteurs a montré la faiblesse de ce type de généralisation. La comparaison de l'évolution des trois secteurs depuis 1800 montre une grande variation.

Une critique de la notion de secteur d'activité par l'école autrichienne d'économie

Comme nous l'apprend la théorie de la concurrence comme processus de découverte, il est impossible de déterminer à l'avance objectivement la compétitivité future d'un secteur économique car :

  • (1) les connaissances nécessaires pour prendre ces décisions, telles que le choix d'une industrie privilégiée, sont dispersées parmi de nombreuses personnes dans une société et ne peuvent pas être possédées par quelques décideurs politiques prenant des décisions descendantes alors que c'est le processus inverse qui devrait se produire.
  • (2) les capacités cognitives de chaque être humain, à la fois les agents économiques agissant sur les marchés et les économistes observant les marchés, pour saisir et traiter toutes les informations pertinentes sont limitées. Ou, comme l'écrivent les économistes Israel Kirzner et Friedrich Hayek, aucun processus systématique ne semble permettre les régulateurs de découvrir ce qu'ils ne savent pas. Ainsi, la méthode de développement par grappes ne représente rien de plus que la sélection d'industries ou de structures d'entreprises souhaitées avec des phénomènes de connivence capitalistique, de népotisme, de clientélisme, de favoritisme ou d'autres avantages politiques cachés.

La conclusion est qu'il est impossible, pour quiconque, de prétendre savoir de quels secteurs économiques une société a besoin. L'idée prétendument admise comme géniale de croire qu'une organisation industrielle ou commerciale (grappe industrielle, grands groupes d'entreprises, sociétés d'État) est toujours et sera toujours supérieure aux autres et qu'il s'agit là de l'élément clé du développement économique d'un pays est fatalement erronée. Les clusters ou les conglomérats émergents de façon spontanés ne doivent pas être découragés, car ils sont le résultat du processus de découverte entrepreneuriale. Mais, il n'y a aucune raison de les encourager délibérément. Les entrepreneurs vigilants essaient constamment de découvrir des opportunités de profit. Si un certain secteur n'apparaît pas et si dans une certaine branche ou région il n'y a aucun signe de grappes, cela montre seulement que ce secteur ou ce type de structure industrielle n'offre pas d'opportunités de profit, du moins pas pour le moment. Comme le souligne Israel Kirzner, le gouvernement ne dispose pas à la fois des connaissances nécessaires et de la bonne motivation pour découvrir des structures commerciales compétitives. Les organismes publics fonctionnent généralement sans but lucratif et lorsqu'ils tentent d'imiter les entrepreneurs, comme c'est le cas dans les entreprises publiques et les institutions de développement étatiques, ils ne sont souvent pas confrontés aux mêmes contraintes que les entreprises privées, telles que la menace de faillite. La forme la plus efficace de faire des affaires est une inconnue à découvrir par le processus du marché orienté par les prix, les quantités ou les qualités des biens à produire et à vendre. En orientant les entreprises dans la direction désirée par eux, les hommes du gouvernement peuvent en fait maladroitement et involontairement interdire la découverte de possibilités de profit encore inconnues. Comme l'indiquait l'économiste Frédéric Bastiat, il y a ce qui se voit et ce qui ne se voit pas.