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Hans von Mangoldt

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Hans von Mangoldt
Économiste

Dates 1824 - 1868
Tendance
Nationalité Allemagne Allemagne
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Citation
Interwikis sur Hans von Mangoldt

Hans Karl Emil von Mangoldt (né le 9 juin 1824 à Dresden, Königreich Sachsen - décédé le 19 avril 1868 à Wiesbaden, Hessen-Nassau) était un économiste allemand.

Hans Mangoldt a étudié le droit et la science politique. Il a obtenu son doctorat en 1847 à l'Université de Tübingen. Il a étudié pendant deux ans sous la supervision de Roscher à l'Université de Leipzig et pendant peu de temps avec Georg Hanssen à l'Université de Göttingen. Dans l'intervalle, il a poursuivi une carrière journalistique (rédacteur en chef du Journal de Dresde) qu'il a abandonné en 1854. Hans Mangoldt a obtenu la permission d'enseigner sur la base de son premier livre, une étude sur les profits entrepreneuriaux, publié en 1855. Sept ans plus tard, il a été élu à la chaire, laissée vacante par Karl Knies à l'Université de Fribourg. En 1863, il publie son deuxième livre, un compte-rendu de science économique, qui inspira Alfred Marshall[1].

La théorie du profit entrepreneurial

Dans son premier livre (1855), Hans von Mangoldt développe la théorie du profit et le rôle de l'entrepreneur. Ce livre montre l'influence combinée de Roscher et de Johann Heinrich von Thünen (à travers Hanssen). Mangoldt examine comment les récompenses des facteurs de production sont distribuées. Il fut l'un des premiers auteurs à séparer l'entrepreneur du capitaliste et il relia le profit entrepreneurial à la prise de risque. Plus précisément, il a qualifié les profits entrepreneuriaux comme la récompense d'une large gamme d'activités, comprenant la recherche de marchés particuliers, l'acquisition intelligente d'agents productifs, la combinaison habile des facteurs de production à la bonne échelle, la politique de vente réussie et, en dernière analyse, l'innovation. Frank Knight a estimé que la théorie des profits de Hans Mangoldt était une analyse très prudente et exhaustive[2].

Hans von Mangoldt a divisé le revenu entrepreneurial en trois parties :

  • (1) une prime sur les risques non assurables
  • (2) les intérêts et les salaires de l'entrepreneur, y compris les paiements pour des formes spéciales de capital ou d'efforts productifs qui n'ont pas permis d'être exploités si ce n'est par le propriétaire lui-même
  • (3) les loyers entrepreneuriaux ou les paiements pour les compétences différentielles ou les actifs non détenus par quelqu'un d'autre.

La première partie du profit est un retour sur investissement pour la prise de risque. La deuxième partie du profit concerne l'utilisation du capital et de l'effort de production. Et, la troisième partie du profit, prend en compte la capacité ou la spécificité de l'actif.

Différences avec l'école autrichienne d'économie

Hans Mangoldt a apporté l'élément de temps dans l'équation du risque. À son avis, plus le processus productif est long, plus il est incertain et, donc plus il est risqué, d'où la fonction spéciale de l'entrepreneur. L'introduction du temps dans le processus économique est un facteur indispensable à l'analyse de l'école autrichienne que Carl Menger introduisit dans ses "Principes d'économie".

Les économistes allemands de l'époque, dont est issu Hans Mangoldt, comprennaient la structure et le fonctionnement de l'univers social comme étant dérivé de l'essentialisme métaphysique. Hans Mangoldt fait référence à la "Loi morale". L'opinion partagée par les économistes allemands (Hildebrand, Mischler, Hermann, Schäffle, Roscher) était que les institutions comme "l'économie", la "tradition", la "loi", la "nation" ou la "langue" sont, en quelque sorte, des entités à part entière ou ont leur essence propre et que ces entités existent réellement. Même si Carl Menger faisait référence, à ses débuts, d'appartenance à l'école économique allemande, il a effectivement respecté sa structure et aussi sa terminologie, mais il n'est pas devenu un adepte[3]. A la différence des auteurs allemands, son livre, "Les principes d'économie politique" ne fait aucune référence religieuse ou quasi-religieuse. Ce fut le premier livre de texte économique laïque en langue allemande. Pour Carl Menger, il n'existe pas de phénomène économique qui ne trouve finalement pas son origine et sa mesure dans l'action humaine et ses délibérations économiques".

Le point de vue subjectif chez Hans Mangoldt est présent dans sa théorie mais elle n'a pas imprégné complètement son analyse comme l'a fait le travail ultérieur de l'école autrichienne d'économie. En fait, même si Carl Menger connaissait le travail de Hans Mangoldt, il n'a pas semblé être très influencé par lui. En fait, Von Mangoldt n'étudie pas directement l'entrepreneur mais il analyse la "rente de capacité" qu'il assimile à la théorie du revenu de l’entrepreneur. Donc, chez lui, l'entrepreneur est observé par l’intermédiaire de la fonction entrepreneuriale et non pas, comme dans la tradition de l'école autrichienne, entnat qu'élément intrinsèque à l'action humaine.

Informations complémentaires

Publications

  • 1855, "Die Lehre vom Unternehmergewinn. Ein Beitrag zur Volkswirthschaftslerhehre" ("La théorie du profit entrepreneurial. Une contribution à l'économie"), Teubner, Leipzig

Notes et références

  1. Traitement de l'offre et de la demande, des notions embryonnaires d'élasticité et d'économie d'échelle, une discussion sur les équilibres multiples.
  2. Frank Knight, 1921, "Risk, Uncertainty and Profit"
  3. "Il n'est pas devenu son « consommateur » mais plutôt son vainqueur.
    Eugen Maria Schulak, Herbert Unterköfler, 2011, "The Austrian School of Economics. A History of Its Ideas, Ambassadors, and Institutions", Auburn: Ludwig von Mises Institute, p11