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État et moindre mal
"L'Etat est un moindre mal"
L'idée est qu'on ne peut de toute façon empêcher le plus fort de prendre le pouvoir et d'imposer sa volonté. La loi du plus fort finit toujours par triompher. Il est donc préférable d'avoir un état que l'on connaît, avec ses défauts, plutôt qu'une dictature ou une absence d'état qui conduirait à une dictature.
Ce point de vue est éminemment conservateur. Il conduit à l'acceptation de n'importe quel régime politique en place. Il suppose que la situation actuelle est la meilleure à tous points de vue. Peu importe que l'Etat accroisse les injustices et impose son arbitraire : l'injustice vaut mieux que le changement. Il y a quelques siècles, on aurait dit que l'esclavage était un moindre mal, et aux XXe siècle que le nazisme et le communisme étaient de moindres maux. Le libéralisme n'est pas conservateur, il est révolutionnaire parce qu'il fait toucher du doigt les injustices instaurées par l'Etat.
Pour l'anarcho-capitalisme, tout Etat est toujours injuste, même dans le contexte de la démocratie, dictature de la majorité. De par son mode d'existence, qui repose sur la coercition et la loi du plus fort, l'Etat n'est pas un moindre mal, il est le mal. Le réalisme ne consiste donc pas à privilégier une approche "modérée" du fait politique, mais à "jeter l'éclairage cru et impitoyable de la raison sur le statu quo existant" (Murray N. Rothbard). Comme l'écrivaient Linda et Morris Tannehill:
- L'Etat n'est pas un mal nécessaire; il est un mal inutile.
Il est évident cependant que dans une société débarrassée de l'emprise de l'Etat il y a toujours le risque qu'une organisation surgisse, s'impose par la force, et reconstitue l'équivalent d'un état en éliminant toute force rivale. La théorie anarchiste suppose (de façon peut-être trop optimiste) qu'une telle organisation serait combattue et mise hors d'état de nuire. "Le prix de la liberté, c'est la vigilance éternelle" (Thomas Jefferson).
L'anarcho-capitalisme suppose une population gagnée aux idées de liberté et prête à les défendre par les armes s'il le fallait, faute de quoi l'absence d'un état, disposant du monopole de la violence, conduit souvent à la guerre civile (exemple de la Somalie depuis 1991) ou à l'invasion par les états environnants.
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