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Charles de Gaulle

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Charles de Gaulle en 1944

Charles André Joseph Marie de Gaulle (22 novembre 1890 - 9 novembre 1970), militaire de carrière et homme d'État français du XXéme siecle.

Critique

Le gaullisme est une suite ininterrompue et infinie de faux semblants. En voici pêle-mêle quelques-uns, parmi les plus symptomatiques :

De Gaulle avait prédit dès le début des années 1940 la décolonisation, il l'avait voulue, et l'a menée à bien.

En réalité de Gaulle est un parfait pragmatique : en 1945, en effet, l'inéluctable ascension des colonies à l'indépendance ne semble plus guère faire de doutes, pour l'ensemble de la classe politique et non pour de Gaulle en particulier. D'ailleurs, c'est le principal lieutenant du général, Jacques Soustelle, qui sera le plus farouche opposant à l'effilochement de l'Empire. Mais de Gaulle, fin stratège, se montre pour le moins discret sur ce sujet dans ses déclarations des années de guerre : ainsi, en 1945, il n'est guère question d'indépendance, et l'insurrection du Constantinois est écrasée cette année-là, sans que l'événement suscite dans l'opinion une très vive émotion. De Gaulle attribue d'ailleurs dans ses Mémoires la responsabilité de la répression au gouverneur Chataigneau. Toujours dans les mémoires, de Gaulle se définit aisément comme un prophète de la décolonisation, alors que dans les textes de 1944 à 1946 il n'est question que de la France de 110 millions de Français...

Durant sa "traversée du désert" (1946-1958), de Gaulle reçoit de nombreuses visites. Les partisans de l'Algérie française quittent le général convaincus qu'il est inébranlablement attaché à l'Algérie française. Les partisans d'une paix négociée quittent le général, convaincus qu'il est partisan d'une paix négociée. Une seule chose est certaine : il prend dans les années 1950 nettement position contre la thèse de Raymond Aron -- le désengagement pour cause de non-rentabilité -- thèse qu'il reprendra à son compte à partir de 1960. En tout cas, il ne fait aucun doute que le général a été ramené au pouvoir, le 13 mai 1958, par les partisans les plus ardents de l'Algérie française. Il n'a alors rien fait ni rien dit qui puisse le moins du monde les désavouer. Il faut tout de même rappeler à ce propos qu'après janvier 1946, lorsqu'il a été dans l'opposition, il a accueilli avec réserve (en 1947) le statut de l'Algérie, et il n'a pas cessé de répéter qu'il fallait en Indochine faire la guerre et la gagner. Le 6 juin 1958, à Mostaganem, il termine ainsi son discours en criant : "Vive l'Algérie française !". Autre exemple, s'il était besoin, l'article 1 de la charte de l'UNR est "le maintien de l'Algérie dans la souveraineté de la France". Facile dans ces conditions de donner au discours de Brazaville de janvier 1944 une portée qu'il n'avait nullement.

De Gaulle était au-dessus des partis.

Ah bon, et le RPF ? En réalité, il y avait chez cet homme un mélange étonnant de maurrassime (il avait déclaré un jour que par tradition familiale, il ne pourrait jamais être que monarchiste), de nietzschéisme diffus (son culte du chef est, disons, et sans polémique aucune, préfasciste. Aux hommes des temps faciles, il oppose les hommes de caractère. Il distingue les faibles et les forts, les petits et les grands), de rousseauisme (il détestait les corps intermédiaires, qu'il appelait les féodaux), de nationalisme (celui de Péguy, ou Barrès, mais pas celui de Maurras), et surtout surtout, là encore, de pragmatisme. En 1947, le surhomme au-dessus des partis décide d'en créer un et de le diriger étroitement. Comme le dit Jean Touchard, dans Le Gaullisme : "Le doute ne me paraît plus possible : le général de Gaulle a voulu le RPF ; il l'a dirigé d'extrêmement près, au moins jusqu'en 1951 ; il l'a organisé sur le modèle de la constitution de Bayeux : une autorité strictement concentrée entre les mains de son président. Le RPF a été sa chose, sa chose et son échec."

De Gaulle a toujours été opposé à l'interventionnisme étatique.

Faux ! Le programme du RPF le prouve : alors qu'existait déjà un parti favorable à un libéralisme économique certain, le MRP, le parti de de Gaulle ne s'en démarque pas. Il importe de stabiliser la monnaie, de réduire les dépenses et les activités de l'Etat, d'encourager la production, de favoriser l'esprit d'entreprendre, l'initiative, l'émulation, la liberté. Deux ans plus tôt, le même de Gaulle nationalisait tout et n'importe quoi : électricité et gaz, houillères, banques et organismes de crédit, sans parler de Renault, Air France, les comités d'entreprises, etc. Etait-ce le programme du CNR ? Que nenni ! ce dernier ne parle même pas de la planification, pas plus d'ailleurs que le Rassemblement populaire de 1936. Ce sera pourtant l'étape peut être la plus importante dans la collectivisation de la France.

Le 12 novembre 1947, il se prononce contre l'hyperfiscalité et les dépenses excessives de l'Etat, pour des économies, toujours des économies, en faveur d'une réforme des nationalisations et de la Sécurité sociale. Le 8 octobre 1952, à l'inverse, le général parle de deux ennemis : "L'argent (...) qui fait la loi dans nos affaires du dedans, tandis que c'est l'étranger qui domine celles du dehors".

On ne saurait suspecter de Gaulle de collusion avec le communisme

S'il est vrai que la présence de ministres communistes dans le gouvernement provisoire de 1945 peut s'expliquer par la volonté du général de ne pas se couper d'une frange importante de la population et que le communistes étaient probablement moins dangereux au gouvernement que dans la rue, s'il est vrai également que le RPF était un parti anticommuniste, il n'empêche que le de Gaulle président a largement badiné avec ses convictions, une fois encore. La France reconnaît ainsi en janvier 1964 le gouvernement de la Chine populaire, et surtout à Pnom Penh le 1er septembre 1966 il approuve la neutralité du Cambodge et condamne sans réserve l'intervention des Etats Unis qui apparaissent pour lui comme les seuls responsables de la guerre du Vietnam. On se souvient également des sarcasmes anti-américain au début des années 1950, au moment de la guerre de Corée, où s'opposaient, faut-il le rappeler, les forces stalino-coréennes au monde libre. C'est que son anti-américanisme primaire lui a souvent fait choisir des camps peu fréquentables par ailleurs (ainsi son comportement pendant la guerre des six jours en 1967).

De Gaulle fut un démocrate, car, loin d'être un dictateur, il a institué l'élection du président de la République au suffrage universel.

En réalité, si de Gaulle décide de proposer l'élection du président au suffrage universel, c'est au nom de raisons moins glorieuses : après la guerre d'Algérie, les partis politiques ont repris une guerre de harcèlement contre le gouvernement ; c'était un excellent moyen de les faire céder. D'autre part, à l'époque, nombreux étaient ceux qui pariaient sur une candidature Pinay à la présidence de la République : ce dernier aurait eu beaucoup plus de chances de succès devant un collège de notables et beaucoup moins devant le suffrage universel. Rien ne permet de dire que de Gaulle était un partisan exacerbé du suffrage universel ; d'ailleurs parmi ses proches, Michel Debré fustigeait une telle volonté, qui aurait transformé la France en régime présidentiel. (l'histoire a montré qu'il s'est trompé).

Enfin il est difficile de considérer quelqu'un qui ne supporte pas l'opposition comme un grand démocrate. Jamais il ne souligne le rôle utile que peut avoir une opposition dans une démocratie ; il l'accuse sans cesse, le plus souvent à tort, de tous les maux et ne recule devant rien, ni la diatribe, ni le quolibet, ni le mépris.

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