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Islam

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L'islam est une religion : il s'agit chronologiquement du troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques. Apparu en Arabie au VIIe siècle, il s'ajoute au courant judaïque et au courant chrétien desquels il hérite de nombreux éléments. Son livre sacré est le Coran dont le dogme assure qu'il a recueilli les révélations de Dieu au prophète Mahomet par l'intermédiaire de l'Ange Gabriel.


L'islam de marché est-il un oxymore ?

Timur Kuran, influencé par Friedrich Hayek, est un défenseur de l'économie de libre marché. Il présente une connaissance étendue de l'histoire et de la culture économique dans les pays islamiques[1]. Le chercheur suisse Patrick Haenni (2005), est persuadé du mariage possible entre l'islam et le capitalisme. De nombreux entrepreneurs, de confession musulmane, sont convaincus qu'il n'existe aucune contradiction entre la pratique de leur foi et leurs aspirations professionnelles.

Plusieurs auteurs, malgré l'existence d'un "capitalisme musulman", notent les incompatibilités entre l'islam et le libéralisme :

  • Cette effervescence d'un nouvel esprit du capitalisme musulman qui cultive les valeurs de l'enrichissement et de la réussite individuelle ainsi qu'un imaginaire religieux plutôt "market-friendly" tranche avec bien des idées reçues, car la pauvreté de certains pays musulmans suggère parfois un peu rapidement qu'entre islam et capitalisme, le mariage est impossible. (Anne Feitz[2])
  • Les libertés individuelles sont limitées par l’interdit de l’usure, l’obligation de l’aumône légale, le droit de succession, l’absence de personnalité morale, les terres collectives, le droit éminent de l’État sur la terre, et l’interdiction de s’approprier l’eau et l’herbe. Toutes ces restrictions sont à l’origine d’institutions distinctes des institutions du free market. Toutes ces restrictions empêchent de soutenir que le droit musulman est favorable aux institutions du libre marché. Il est possible que ce droit ait évolué ou qu’il n’ait pas été complètement appliqué, mais il a inventé un idéal économique qui n’est pas l’idéal de la société libre des libéraux. Le droit musulman issu de l’interprétation des textes sacrés de l’islam ne prédisposait donc pas la civilisation musulmane à découvrir les institutions du capitalisme libéral. Elles créaient un esprit non capitaliste défavorable au libre marché. (François Facchini[3])

Le sociologue allemand, Max Weber invoquait plusieurs facteurs d'explications de ce divorce comme l'inflexibilité de la loi islamique, l'absence de formalisation du Droit ou le sultanisme (application d'une justice arbitraire, personnelle et discrétionnaire). Le britannique Lord Cromer, le français Ernest Renan, l'américain Arthur Lewis ou le turc Niyazi Berkes avaient des difficultés à comprendre comment "la soumission à Dieu", littéralement l'Islam, peut favoriser l'épanouissement individuel et la croissance économique.

Mais l'analyse sur une valeur agrégée comme le PIB ou le PNB n'est pas un critère suffisant. Une domination économique, dans une période déterminée de l'histoire de l'humanité, ne signifie certainement pas que les droits individuels soient protégés, et permettent l'assurance de la propriété. L'islam a connu ces périodes de puissance militaire qui ont rejailli dans son extension territorial et économique.

D'autres facteurs que la religion n'expliquent-ils pas le retard de certains pays où la religion islamique est prédominante ? Parmi ces facteurs, l'impérialisme militaire et économique du 19ème siècle a laissé des traces tout comme la paralysie des systèmes économiques mercantilistes basés sur le communisme ou la lutte conflictuelle territoriale dans le Moyen-Orient sont des facteurs plus convaincants de l'explication comparative des systèmes économiques et du non développement économique.

Quelques concepts politiques vus par l'islam

Droits de l'homme

Source : Les droits de l'homme dans l'islam

L'impôt

L'un des cinq piliers de l'islam, la zakat, introduit une contribution obligatoire, à verser par tout musulman, en vertu de la solidarité que celui-ci doit à la communauté musulmane. Celle-ci est destinée à l'ensemble des populations ci-dessous :

  • le pauvre,
  • l'indigent,
  • celui chargé de collecter et distribuer les aumônes (en tant que salaire),
  • celui dont le coeur s'incline vers l'Islam,
  • l'esclave (ou le prisonnier) musulman à affranchir,
  • la personne endêtée pour une cause juste,
  • celui qui lutte pour la défense de l'Islam,
  • le voyageur à court de provision.

Source : Nature, forme, et fonction de la Zakat

L'institution bancaire

Source : Introduction au système bancaire islamique

Notes et références

  1. Il examine également les sources de l'hostilité militante contre l'occident.
  2. Anne Feitz, 2006, Islam et capitalisme. Mariage impossible ?, Les Enjeux les Echos, mai, p58
  3. Dialogue sur Islam et Libéralisme


Les penseurs libéraux de l'islam

Ibn Khaldun

Citations

  • Ce qui dicte la vision du monde des musulmans, c’est que l’humanité entière doit respecter les impératifs de leur religion, alors qu’ils ne doivent eux-mêmes aucun respect aux religions des autres, puisqu’ils deviendraient alors des renégats méritant l’exécution immédiate. La "tolérance" musulmane est à sens unique. Elle est celle que les musulmans exigent pour eux seuls et qu’ils ne déploient jamais envers les autres. Soucieux de se montrer tolérant, le pape a autorisé, encouragé même, l’édification d’une mosquée à Rome, ville où est enterré Saint Pierre. Mais il ne saurait être question de contruire une église à La Mecque, ni nulle part en Arabie Saoudite, sous peine de profaner la terre de Mahomet. (Jean-François Revel, L’Obsession anti-américaine, 2002)
  • D'un point de vue historique, les musulmans ont eu moins de temps pour se débarrasser de leurs éléments fondamentalistes que, par exemple, les chrétiens. Toutefois, je ne vois aucune raison fondamentale qui empêcherait l'Islam de suivre le même type de purification doctrinale interne. Et je suis persuadé qu'entretenir des échanges commerciaux sans entraves avec le monde musulman est la façon la plus efficace d'affaiblir et finalement de dissoudre l'emprise que le fondamentalisme religieux maintient encore dans certaines parties du monde. (Hans-Hermann Hoppe, 7 décembre 2002)

Bibliographie

  • 1974, Bryan S. Turner, "Weber and Islam: A Critical Study", London: Routledge & Kegan Paul
  • 1995, Timur Kuran, "Islamic Economics and the Islamic Subeconomy", Journal of Economic Perspectives, Autumn, 9 (4), pp155-173
  • 1996, Mustafa Erdogan, İslam ve Liberalizm: Kısa Bir Bakış, [Islam et libéralisme : Un bref aperçu], Liberal Düşünce [La pensée libérale], Vol 1, n°4, Automne
  • 2003, Timur Kuran, “The Islamic Commercial Crisis: Institutional Roots of Economic Underdevelopment in the Middle East”, The Journal of Economic History, Vol 63, n°2, June, pp414–446
  • 2004, Timur Kuran, Islam and Mammon : The economic Predicaments of Islamism, Princeton
  • 2005, Patrick Haenni, L'islam de marché. L'autre révolution conservatrice, seuil
  • 2006, Anne Feitz, Islam et capitalisme. Mariage impossible ?, Les Enjeux les Echos, mai, pp58-62

Liens externes


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