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Olivier Kessler

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Olivier Kessler est né au bord de l'eau, à Wollerau, là où le lac de Zurich miroite sous les Alpes. C'était un matin d'octobre 1986, et personne ne savait encore que ce garçon passerait sa vie à traquer une idée insaisissable : la liberté. Aujourd'hui, il est éditorialiste, stratège de campagne, directeur de l'Institut Libéral qui ne jure que par Hayek et Mises. Il se dit « libéral conséquent ». D'autres, en Suisse, le murmurent avec une pointe d'effroi : « libertairien ». Peu importe le mot. Ce qui compte, c'est la combat qu'il mène, livre après livre, article après article, contre un ennemi aux mille visages : l'État.

La mécanique de la liberté, ou l'art de démonter l'État pièce par pièce

Ses premières armes, Kessler les forge dans les chiffres, les courbes et les délires silencieux des banques inflationnistes. Étudiant à l'université de Saint-Gall, il découvre une vérité que les économistes officiels préfèrent taire : quatre-vingt-cinq pour cent de l'argent que nous croyons posséder n'existe pas. Il naît d'un clavier, d'un crédit accordé, d'une dette écrite sur rien. Ce n'est pas la cupidité des traders qui cause les crises, comprend-il. C'est la machine elle-même, une mécanique folle qui fabrique des bulles, de la dette, de l'injustice. Sa solution ? Une bombe à retardement intellectuelle : la monnaie souveraine. Un seul émetteur, l'État, et des banques réduites à prêter ce qu'elles possèdent vraiment. Rien de plus. Il rejoint l'association Momo, écrit un mémoire, puis un livre. Un seul remède pour une seule maladie : la crise.

Mais Kessler ne s'arrête pas à la monnaie. Il ausculte la Suisse comme un médecin légiste au précipice de la mort. La santé ? Les primes d'assurance ont bondi de cent soixante-treize à quatre cent soixante-cinq francs en vingt-trois ans. Douze pour cent du PIB, contre quatre à Singapour. La cause n'est pas la qualité des soins, dit-il, mais un système pervers : le tiers payant. Le patient ne voit jamais la facture, il consomme sans compter, et l'État le regarde faire, ravi de l'infantiliser. L'éducation, ensuite. En 2021, il publie un texte vif comme un coup de scalpel : « Quel objectif pour une politique éducative libérale ? » L'école publique, écrit-il, est un moulin à vent : inefficace, dispendieuse, sans concurrence. Un élève, une école, point barre. Il propose trois cercles : d'abord la famille, ensuite la société civile, enfin l'État en dernier recours. Jamais avant.

L'environnement, aussi. En 2020, il cosigne "Mère Nature et Père État". La thèse est un pavé dans la mare : ce n'est pas le marché qui tue la planète, c'est l'absence de droits de propriété. Là où les gens possèdent, ils protègent. Les sociétés riches sont les plus vertes. La fameuse courbe de Kuznets le prouve : on pollue d'abord, on s'enrichit, on nettoie ensuite. Il ose même citer Lao-Tseu, devant un parterre de manifestants éberlués : « Ne faites rien, et rien ne restera défait. »

En 2024, il publie son manifeste le plus abouti : "Régime pour la liberté". Près de trois cents pages pour un diagnostic sans appel : la Suisse a grossi, l'État a doublé ses prélèvements depuis 1960, il emploie près d'un million de personnes. Les dépenses de l'assurance vieillesse ont bondi de quarante-deux pour cent en quatorze ans. Kessler propose de passer à la capitalisation, d'indexer l'âge de la retraite sur l'espérance de vie, de laisser chacun choisir sa caisse de pension. Un critique lui reproche d'être encore trop sage : pourquoi ne pas permettre à chaque citoyen d'épargner vingt pour cent de ses revenus, libre d'impôt, et de construire sa propre retraite ? Kessler sourit, sans doute. Il sait que la bataille se gagne pas à pas.

Le prophète des technologies, ou comment construire la liberté sur une blockchain

En 2021, Kessler publie un manifeste pour le XXIe siècle : "Libéralisme 2.0". Le constat est désespéré, presque élégiaque. Les réformes libérales meurent chaque fois qu'elles rencontrent le mur des intérêts particuliers. Les politiciens, les fonctionnaires, les lobbies : tous vivent de l'État, tous le défendent bec et ongles. Alors, que faire ? Attendre des majorités ? Supplier ? Non. Kessler propose une troisième voie, aussi radicale qu'antique : construire la liberté, sans demander la permission. Avec quels outils ? La blockchain, la cryptographie, l'intelligence artificielle. Rien de moins.

Il refuse le techno-pessimisme. Les dystopies hollywoodiennes, dit-il, sont des contes de fées pour adultes inquiets. La technologie n'est ni bonne ni mauvaise. Le feu brûle, mais il réchauffe. Internet espionne, mais il libère. Les deepfakes peuvent être des armes de désinformation, mais aussi des boucliers pour la vie privée. Il cite l'exemple du Printemps arabe, des messageries cryptées nées après Snowden, des fabricants de machines à écrire devenus fabricants d'ordinateurs, sans qui le télétravail n'existerait pas.

Il esquisse quatre horizons. D'abord, la monnaie : Bitcoin et ses enfants, ces cryptos qui échappent aux banques centrales, aux gels d'avoirs, aux États corrompus. Ensuite, les contrats intelligents : trente mille milliards de dollars sont gaspillés chaque année dans la « fabrique de la confiance » : avocats, juges, prisons. La blockchain pourrait réduire ce coût à presque rien. Troisièmement, les plateformes décentralisées : plus de censure, plus de gatekeepers, une parole libre enfin. Enfin, la « cryptodémocratie » : le vote infalsifiable, la délégation révocable du pouvoir, l'électeur roi.

Il mobilise Hayek, bien sûr. L'ordre construit contre l'ordre spontané. Le marché n'est pas une invention idéologique, une « construction intellectuelle » qu'un État généreux offrirait aux peuples. Il est une émergence, une forêt qui pousse toute seule. Kessler donne des exemples concrets : l'Argentine et son marché noir du dollar, l'URSS et son trafic de jeans. Partout où l'État opprime, le marché résiste, clandestin, obstiné. Le capitalisme, selon Kessler, n'est pas une dictature des riches. Il est la seule machine connue qui transforme les désirs des pauvres en biens pour tous. Mises avait raison : le client est roi.

Le socialisme, lui, est une imposture. Toutes ses couleurs (brune, rouge, verte, religieuse) se valent dans l'échec et la violence. Il ne peut s'imposer sans camps de travail, sans exécutions, sans cette « Zwangsgewalt » (violence coercitive) que Kessler dénonce comme l'essence même de l'idéologie collectiviste. Orwell l'avait montré dans sa "ferme des animaux" : les cochons, à la fin, ressemblent aux hommes.

Et puis, il y a la guerre. Dans un texte plus récent, Kessler regarde le monde et frémit. L'Ukraine, la menace nucléaire, les pénuries. Il remonte le temps : au XIXe siècle, l'Europe a connu une paix paradoxale, presque miraculeuse. Pourquoi ? Parce que la philosophie des Lumières et l'industrie avaient déplacé le sacré. L'individu était devenu la mesure de toute chose. On n'envoie pas les hommes à la mort si l'on croit que chaque vie est unique, irremplaçable. Mais l'Occident a oublié cela. Il est retombé dans le culte du collectif, de la tribu, du peuple. Et voilà que la guerre frappe à nouveau à la porte. « Il est cinq minutes avant minuit », écrit Kessler.

Alors, en 2025, il commet un geste inattendu pour un économiste : il écrit un roman. 'Coup de libération' se déroule en 2048. Le monde est gouverné par un État mondial de l'ONU, un système de crédit social, une monnaie numérique universelle. Les caméras jugent, les algorithmes exécutent. Mike, un citoyen deux étoiles, tombe amoureux de Maria, dont le rating est supérieur. Leur amour est illégal. Pour survivre, ils doivent tricher, ruser, se rebeller. Le livre est un cri d'espoir, une plongée dans la nuit pour mieux saluer l'aube. Konrad Hummler, un entrepreneur, le résume en une phrase devenue célèbre dans les cercles libéraux : « Le libéralisme a besoin de récits, sinon il paraît vide et inhumain. Avec "Befreiungsschlag", ce vide est comblé. »

On a comparé Kessler à Orwell, à Huxley, à Ayn Rand, à Satoshi Nakamoto. Lui, il dit simplement qu'il est cinq minutes avant minuit. Et que le courage, l'amour, et une once de folie suffisent parfois à briser les chaînes de la servitude.

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