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Différences entre les versions de « Adolf A. Berle »

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'''Adolf A. Berle''' ou '''Adolf Augustus Berle'''<ref>Généralement écrit Adolf, son prénom est parfois, plus rarement, orthographié Adolph</ref> né à Boston (Massachusetts) le [[29 janvier]] [[1895]] et mort à New York le [[17 février]] [[1971]], fut un juriste et économiste influençant la politique industrielle aux USA dans les années [[1930]]. Il apporta une remise en cause sérieuse de la théorie libérale durant la [[Grande Dépression]] et fut une des éminences grises du parti démocrate.  
'''Adolf A. Berle''' ou '''Adolf Augustus Berle'''<ref>Généralement écrit Adolf, son prénom est parfois, plus rarement, orthographié Adolph</ref> né à Boston (Massachusetts) le [[29 janvier]] [[1895]] et mort à New York le [[17 février]] [[1971]], était un juriste et économiste ayant influencé la politique industrielle aux USA dans les années [[1930]]. Il apporta une remise en cause sérieuse de la théorie libérale durant la [[Grande Dépression]] et fut une des éminences grises du parti démocrate.  


== Biographie ==
== Biographie ==


Adolf Berle entre à Harvard à 14 ans et sort diplômé à 18 ans du cycle d'''undergraduate''. Il obtient, à 21 ans, un Master, ce qui fit de lui, à l'époque, le plus jeune diplômé dans l'histoire de la Harvard Law School. Peu après, il entama une carrière réussie en tant que juriste d'entreprise à New York et. A partir de [[1927]], il enseigne également le droit des sociétés à la Columbia Law School.
Adolf Berle entre à Harvard à 14 ans et sort diplômé à 18 ans du cycle d'undergraduate. Il obtient un Master à 21 ans, ce qui a fait de lui le plus jeune diplômé dans l'histoire de la Harvard Law School. Peu après, il entama une carrière réussie en tant que juriste d'entreprise à New York. À partir de [[1927]], il enseigne également le droit des sociétés à la Columbia Law School.


Adolph Berle entre dans les affaires publiques en [[1933]] en tant qu'expert économique du Président [[Franklin Delano Roosevelt]]. De [[1934]] à [[1937]], il travaill à la fois comme un planificateur pour le gouvernement fédéral et pour la ville de New York. Il prépare alors la Loi sur les valeurs mobilières et sur le travail lors de la réorganisation de la gouvernance de New York par Fiorello La Guardia. C'est l'un des architectes du [[New Deal]]. En tant que secrétaire d'État adjoint pour les affaires latino-américaines de [[1938]] à [[1944]], il met en œuvre la politique du « bon voisin » (ou ''Good Neighbour Policy'') et les accords d'après-guerre pour la sécurité collective. En [[1945]] et en [[1946]], il est ambassadeur au [[Brésil]]. Par la suite, il est également le conseiller spécial du Président Kennedy sur les sujets de l'Amérique latine.  
Adolph Berle entre dans les affaires publiques en [[1933]] en tant qu'expert économique du président [[Franklin Delano Roosevelt]]. De [[1934]] à [[1937]], il travaille à la fois comme planificateur pour le gouvernement fédéral et pour la ville de New York. Il prépare la Loi sur les valeurs mobilières et sur le travail lors de la réorganisation de la gouvernance de New York par Fiorello La Guardia. Il est l'un des architectes du [[New Deal]]. En tant que secrétaire d'État adjoint pour les affaires latino-américaines de [[1938]] à [[1944]], il met en œuvre la politique du « bon voisin » (ou ''Good Neighbour Policy'') et les accords d'après-guerre pour la sécurité collective. En [[1945]] et en [[1946]], il est ambassadeur au [[Brésil]]. Par la suite, il est également le conseiller spécial du président Kennedy sur les sujets relatifs à  l'Amérique latine.  


== La séparation entre les actionnaires et les managers dans l'entreprise ==
== La séparation entre les actionnaires et les managers dans l'entreprise ==


En [[1932]], Adolph Berle écrit ''L'entreprise moderne et la propriété privée'' avec l'aide de l'économiste Gardiner Means. Ce livre est devenu le livre le plus célèbre durant la décennie de la [[Grande Dépression]]. Grâce à son expérience dans le monde de l'entreprise et à sa compréhension de l'histoire économique, Adolph Berle se rendu compte que la « vieille » [[École néo-classique|théorie néo-classique]] ne peut plus expliquer les relations économiques émergeant au début du XXe siècle aux États-Unis. L'évolution de la puissance croissante des grandes entreprises a donné une nouvelle dimension aux concepts de propriété et de pouvoir au sein des organisations.  
En [[1932]], Adolph Berle écrit ''L'entreprise moderne et la propriété privée'' avec l'aide de l'économiste Gardiner Means. Ce livre est devenu le livre le plus célèbre durant la décennie de la [[Grande Dépression]]. Grâce à son expérience dans le monde de l'entreprise et à sa compréhension de l'histoire économique, Adolph Berle se rend compte que la « vieille » [[École néo-classique|théorie néo-classique]] ne peut plus expliquer les relations économiques émergeant au début du XX<sup>e</sup> siècle aux États-Unis. L'évolution de la puissance croissante des grandes entreprises a donné une nouvelle dimension aux concepts de propriété et de pouvoir au sein des organisations.  


Grâce à l'apparition moderne des [[Action (finance)|sociétés par action]], les propriétaires ont une perspective d'accroître la valeur de leur propriété. Cependant, cela se fait au détriment d'une perte du pouvoir de décision dans la politique de l'entreprise. Le prix payé est donc l'abandon de la gestion des sociétés à ceux qui sont capables de mieux décider à leurs places. Dans ce nouveau scénario, le gestionnaire est celui qui a le pouvoir sur la gestion de l'entreprise. En retour, le propriétaire espère voir augmenter ses bénéfices.
Grâce à l'apparition moderne des [[Action (finance)|sociétés par action]], les propriétaires peuvent augmenter la valeur de leur propriété, mais au détriment d'une perte du pouvoir de décision dans la politique de l'entreprise. Le prix payé est donc l'abandon de la gestion des sociétés à ceux qui sont capables de mieux décider à leur place. Dans ce nouveau scénario, le gestionnaire est celui qui a le pouvoir sur la gestion de l'entreprise. En retour, le propriétaire espère voir augmenter ses bénéfices.


== La soumission forcée des propriétaires à l’État ==
== La soumission forcée des propriétaires à l’État ==


Le propriétaire d'une entreprise a le pouvoir de convertir ses titres de participation en espèces monétaires et ensuite d'acheter d'autres titres ou tout autre bien et service. C'est dans cette discussion de [[liquidité]] que le rôle du gouvernement est d'abord souligné par Adolph Berle. Car, le gouvernement est le seul à assurer la liquidité, et donc de maintenir la valeur de la propriété au propriétaire. La première inquiétude d'Adolph Berle vis à vis des propriétaires concerne l'importance prise par ces propriétaires individuels dans l'économie moderne. Il écrit<ref>Adolph A. Berle, [[1963]], The American Economic Republic, New York: Harcourt Brace& World, inc., p27</ref> :
Le propriétaire d'une entreprise a le pouvoir de convertir ses titres de participation en espèces monétaires et ensuite d'acheter d'autres titres ou tout autre bien et service. C'est dans cette discussion de [[liquidité]] que le rôle du gouvernement est d'abord souligné par Adolph Berle. Car le gouvernement est le seul à assurer la liquidité, et donc de maintenir la valeur de la propriété à son propriétaire. La première inquiétude d'Adolph Berle vis-à-vis des propriétaires concerne l'importance prise par ces propriétaires individuels dans l'économie moderne. Il écrit<ref>Adolph A. Berle, [[1963]], The American Economic Republic, New York: Harcourt Brace& World, inc., p27</ref> :
{{citation bloc|Cette forme de propriété - les valeurs mobilières et particulièrement les actions des entreprises - représente désormais probablement plus de la moitié de tous les biens détenus individuellement aux États-Unis à l'heure actuelle...}}  
{{citation bloc|Cette forme de propriété - les valeurs mobilières et particulièrement les actions des entreprises - représente désormais probablement plus de la moitié de tous les biens détenus individuellement aux États-Unis à l'heure actuelle...}}  


Puis, quelques lignes plus tard, Adolph Berle, souligne que la liberté du propriétaire de faire travailler ou de modifier ses biens d'une façon absolue et immédiate est soumise à sa pure fantaisie et à sa liberté totale d'acheter ou d'obtenir des services de qualité et disponibles dans la société américaine ou internationale. Et, ajoutant au cynisme de son observation, il rajoute une dose de perversité car, souligne-t-il<ref>Adolph A. Berle, [[1963]], The American Economic Republic, New York: Harcourt Brace& World, inc., p27</ref> :
Quelques lignes plus tard, il souligne que la liberté du propriétaire de faire travailler ou de modifier ses biens d'une façon absolue et immédiate est soumise à sa pure fantaisie et à sa liberté totale d'acheter ou d'obtenir des services de qualité et disponibles dans la société américaine ou internationale. Et, ajoutant au cynisme de son observation, il ajoute une dose de perversité car, souligne-t-il<ref>Adolph A. Berle, [[1963]], The American Economic Republic, New York: Harcourt Brace& World, inc., p27</ref> :
{{citation bloc|La situation de trésorerie à long terme [du propriétaire de l'entreprise] dépend du fonctionnement du système bancaire et monétaire. Et au XXe siècle, les systèmes bancaires et monétaires sont particulièrement et typiquement ~ la prérogative de l’[[État-providence]] moderne}}
{{citation bloc|La situation de trésorerie à long terme [du propriétaire de l'entreprise] dépend du fonctionnement du système bancaire et monétaire. Et au XX<sup>e</sup> siècle, les systèmes bancaires et monétaires sont particulièrement et typiquement la prérogative de l’[[État-providence]] moderne}}


Adolph Berle exprime ainsi l'inconfort du confinement dans lequel se situe l'[[actionnaire]] de l'entreprise, pris en étau entre la volonté de faire fructifier ses biens grâce à la délégation de pouvoir délaissée aux managers et le joug de l’État qui gère la stabilité de la valeur monétaire et qui assure la valeur d'échange de l'action de son entreprise.
Adolph Berle exprime ainsi l'inconfort du confinement dans lequel se situe l'[[actionnaire]] de l'entreprise, pris en étau entre la volonté de faire fructifier ses biens grâce à la délégation de pouvoir délaissée aux managers et le joug de l’État qui gère la stabilité de la valeur monétaire et assure la valeur d'échange de l'action de son entreprise.


== Notes et références ==
== Notes et références ==
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