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Différences entre les versions de « Antifascisme »

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L''''antifascisme''' au sens strict désigne les mouvements qui se sont opposés au [[fascisme]] italien dans les années 1920 à 1940. Il a donc réuni des courants aussi hétérogènes que des libéraux ([[Piero Gobetti]], [[Luigi Einaudi]], [[Carlo Rosselli]], [[Benedetto Croce]]), des [[communisme|communistes]] ou des démocrates-chrétiens. Dans une acception plus large, il fait référence à la mouvance d'extrême gauche qui tente de tirer une légitimité de son opposition à une « menace fasciste ».
L''''antifascisme''' au sens strict désigne les mouvements qui se sont opposés au [[fascisme]] italien dans les années 1920 à 1940. Il a donc réuni des courants aussi hétérogènes que des libéraux ([[Piero Gobetti]], [[Luigi Einaudi]], [[Carlo Rosselli]], [[Benedetto Croce]]), des [[communisme|communistes]] ou des démocrates-chrétiens. Dans une acception plus large, il fait référence à la mouvance d'extrême gauche qui tente de tirer une légitimité de son opposition à une « menace fasciste ».
 
[[Image:Liberalisme-fascisme.jpg|right|thumb]]
== L'antifascisme libéral ==
== L'antifascisme libéral ==
Comme le soulignent [[Philippe Nemo]] et [[Jean Petitot]] dans leur ''Histoire du libéralisme en Europe'', les libéraux ont joué un rôle essentiel dans le mouvement antifasciste. Cela n'a rien d'étonnant en soit, le [[fascisme]], le [[nazisme]] ou le [[communisme]] étant trois formes de [[réaction]] au régime de [[démocratie libérale]] qui prévaut alors en Europe. Nombreux furent ceux qui le perçurent et s'opposèrent au [[fascisme]] dans le cas italien.
Comme le soulignent [[Philippe Nemo]] et [[Jean Petitot]] dans leur ''Histoire du libéralisme en Europe'', les libéraux ont joué un rôle essentiel dans le mouvement antifasciste. Cela n'a rien d'étonnant en soi, le [[fascisme]], le [[nazisme]] ou le [[communisme]] étant trois formes de [[réaction]] au régime de [[démocratie libérale]] qui prévaut alors en Europe. Nombreux furent ceux qui le perçurent et s'opposèrent au [[fascisme]] dans le cas italien.


L'exemple le plus frappant de cet engagement est probablement celui de [[Piero Gobetti]], jeune penseur libéral très actif dans l'antifascisme ; il fut surnommé « l'archange du libéralisme » après avoir été assassiné sur ordre personnel de Benito Mussolini à 25 ans<ref>L'expression est de l'homme politique Giuseppe Spadolini, qui l'utilisa en [[1991]]</ref>.
L'exemple le plus frappant de cet engagement est probablement celui de [[Piero Gobetti]], jeune penseur libéral très actif dans l'antifascisme ; il fut surnommé « l'archange du libéralisme » après avoir été assassiné sur ordre personnel de Benito Mussolini à 25 ans<ref>L'expression est de l'homme politique Giuseppe Spadolini, qui l'utilisa en [[1991]]</ref>.
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On pourrait également mentionner [[Bruno Leoni]], juriste libéral italien, impliqué très tôt dans les mouvements de résistance antifasciste, dans lesquels il se fit remarquer par ses actes héroïques, ou [[Carlo Sforza]], diplomate et homme politique libéral italien, exilé de [[1927]] à la chute du fascisme.
On pourrait également mentionner [[Bruno Leoni]], juriste libéral italien, impliqué très tôt dans les mouvements de résistance antifasciste, dans lesquels il se fit remarquer par ses actes héroïques, ou [[Carlo Sforza]], diplomate et homme politique libéral italien, exilé de [[1927]] à la chute du fascisme.
[[Image:Antifascisme-Churchill.jpg|right|thumb|"Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes antifascistes." (attribué à [[Winston Churchill]], mais écrit par Halford E. Luccock en 1938.)]]


== Instrumentalisation de l'antifascisme ==
== Instrumentalisation de l'antifascisme ==
Ce prestige moral de la lutte contre Hitler ou Mussolini fut instrumentalisée de façon durable par l'[[URSS|URSS]] et les différents partis communistes de par le monde. Le but en était simple : associer la lutte contre le communisme à la défense du [[fascisme]] et, partant, diaboliser facilement ses alliés. Dmitri Manouilsky, un des dirigeants du Komintern, le reconnut ouvertement :  
Ce prestige moral de la lutte contre Hitler ou Mussolini fut instrumentalisé de façon durable par l'[[URSS|URSS]] et les différents partis communistes de par le monde. Le but en était simple : associer la lutte contre le communisme à la défense du [[fascisme]] et, partant, diaboliser facilement ses alliés. Dmitri Manouilsky, un des dirigeants du Komintern, le reconnut ouvertement :  
{{quote|Accusez vos adversaires de fascisme, le temps qu’ils se justifient, vous avez tout le loisir de leur porter de nouvelles attaques.}}
{{quote|Accusez vos adversaires de fascisme, le temps qu’ils se justifient, vous avez tout le loisir de leur porter de nouvelles attaques.}}


C'est une démarche qu'initia par exemple [[Willi Münzenberg]], propagandiste en chef du Komintern en Europe de l'Ouest. Cette manœuvre a été étudiée par nombre d'historiens. Prenons quelques exemples:
C'est une démarche qu'initia par exemple [[Willi Münzenberg]], propagandiste en chef du Komintern en Europe de l'Ouest. Cette manœuvre a été étudiée par nombre d'historiens. Prenons quelques exemples:


[[Ernesto Galli della Loggia]] est un professeur renommé d’histoire moderne et contemporaine à l’université San Raffaele de Milan. Il s'est intéressé particulièrement à l'histoire du fascisme. Dans un article "Formes et fonctions de l’antifascisme dans la vie politique italienne : Légitimité ou légitimation ?", il expose la méthode employée par le PCI et Palmiro Togliatti, secrétaire du parti. A partir de [[1948]], « l’exploitation [..] de l’antifascisme et de la Résistance [..] devint le champ d’action privilégié du parti communiste et des partis de gauche en général [..] pour contrecarrer le bloc catholique-modéré qui avait gagné les élections de 1948 ». Il s'agit d'opposer à l'anticommunisme des partis modérés et démocrates l'antifascisme des partis communistes et donc de « placer au même niveau l’antifascisme et la démocratie ». Mais l'argument risquant de faiblir avec la dissolution dans les mémoires des souvenirs du fascisme, « le parti communiste orienta donc son action politique et culturelle de façon à [..] construire l’image d’un fascisme éternellement menaçant ». Alors que le fascisme s'est construit en réaction à la société moderne libérale, la propagande communiste répéta à l'envi que le fascisme était à l'inverse le fruit du [[libéralisme]] et du [[capitalisme]]. Cette erreur propagée sciemment par la propagande de l'époque reste encore présente dans les esprits 60 ans plus tard. Dès lors, comme le rappelle Galli della Loggia, en partant de ces postulats faussés, deux conclusions surviennent : il faut être [[Anticapitalisme|anticapitaliste]] pour être antifasciste et « toute prise de position contre les communistes, qu’elle fût ou non justifiée, était "objectivement" proche du fascisme et constituait une soumission face à celui-ci ». Galli della Loggia distingue donc deux antifascismes, pour mettre fin à cette déformation de l'histoire : un antifascisme avec un a minuscule qui est celui de tout démocrate, opposé ''de facto'' au fascisme, et un Antifascisme idéalisé qui appartient à la propagande communiste :
[[Ernesto Galli della Loggia]] est un professeur renommé d’histoire moderne et contemporaine à l’université San Raffaele de Milan. Il s'est intéressé particulièrement à l'histoire du fascisme. Dans un article "Formes et fonctions de l’antifascisme dans la vie politique italienne : Légitimité ou légitimation ?", il expose la méthode employée par le PCI et Palmiro Togliatti, secrétaire du parti. À partir de [[1948]], « l’exploitation [..] de l’antifascisme et de la Résistance [..] devint le champ d’action privilégiée du parti communiste et des partis de gauche en général [..] pour contrecarrer le bloc catholique-modéré qui avait gagné les élections de 1948 ». Il s'agit d'opposer à l'anticommunisme des partis modérés et démocrates l'antifascisme des partis communistes et donc de « placer au même niveau l’antifascisme et la démocratie ». Mais l'argument risquant de faiblir avec la dissolution dans les mémoires des souvenirs du fascisme, « le parti communiste orienta donc son action politique et culturelle de façon à [..] construire l’image d’un fascisme éternellement menaçant ». Alors que le fascisme s'est construit en réaction à la société moderne libérale, la propagande communiste répéta à l'envi que le fascisme était à l'inverse le fruit du [[libéralisme]] et du [[capitalisme]]. Cette erreur propagée sciemment par la propagande de l'époque reste encore présente dans les esprits 60 ans plus tard. Dès lors, comme le rappelle Galli della Loggia, en partant de ces postulats faussés, deux conclusions surviennent : il faut être [[Anticapitalisme|anticapitaliste]] pour être antifasciste et « toute prise de position contre les communistes, qu’elle fût ou non justifiée, était "objectivement" proche du fascisme et constituait une soumission face à celui-ci ». Galli della Loggia distingue donc deux antifascismes, pour mettre fin à cette déformation de l'histoire : un antifascisme avec un a minuscule qui est celui de tout démocrate, opposé ''de facto'' au fascisme, et un Antifascisme idéalisé qui appartient à la propagande communiste :
{{quote|L’antifascisme avec un a minuscule se pose plus sobrement comme conséquence logique de l’adhésion aux valeurs de la démocratie qui se dresse, par conséquent, contre le fascisme et contre toute autre forme de régime non libéral. Cependant, l’Antifascisme offre un avantage qui explique sa victoire : son application politique est pratiquement illimitée.}}
{{quote|L’antifascisme avec un a minuscule se pose plus sobrement comme conséquence logique de l’adhésion aux valeurs de la démocratie qui se dresse, par conséquent, contre le fascisme et contre toute autre forme de régime non libéral. Cependant, l’Antifascisme offre un avantage qui explique sa victoire : son application politique est pratiquement illimitée.}}


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{{quote|L’antifascisme : avec ce mot, tout est dit de ce qui va faire le rayonnement du communisme dans l’après-guerre (…) les communistes n'ont cessé de militer sous ce drapeau, de préférence à tout autre. Ils n'ont jamais voulu d'autre territoire à leur action que cet espace à deux dimensions ou plutôt à deux pôles, dont l'un est figuré par les “fascistes”, l'autre par eux-mêmes.}}  
{{quote|L’antifascisme : avec ce mot, tout est dit de ce qui va faire le rayonnement du communisme dans l’après-guerre (…) les communistes n'ont cessé de militer sous ce drapeau, de préférence à tout autre. Ils n'ont jamais voulu d'autre territoire à leur action que cet espace à deux dimensions ou plutôt à deux pôles, dont l'un est figuré par les “fascistes”, l'autre par eux-mêmes.}}  


En 2000, le philosophe [[Jean-François Revel]] ne défendait pas autre chose dans ''La Grande parade'', il y écrit ainsi : "l’argument selon lequel le [[communisme]] serait démocratique parce qu’il a contribué à la lutte antifasciste n’est pas plus recevable que celui qui consisterait à dire que le [[nazisme]] fut démocratique parce qu’il a participé à la lutte contre le stalinisme."<ref>''La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste'', Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 46</ref> Que le communisme ait participé au mouvement qui a fait tomber le nazisme ne doit pas empêcher une analyse sur les similitudes entre ces [[totalitarisme]]s et sur le caractère structurellement liberticide et inefficace du communisme.  
En 2000, le philosophe [[Jean-François Revel]] ne défendait pas autre chose dans ''La Grande parade'', il y écrit ainsi : "l’argument selon lequel le [[communisme]] serait démocratique parce qu’il a contribué à la lutte antifasciste n’est pas plus recevable que celui qui consisterait à dire que le [[nazisme]] fut démocratique parce qu’il a participé à la lutte contre le [[stalinisme]]."<ref>''La grande parade – Essai sur la survie de l’utopie socialiste'', Jean-François Revel, éd. Plon, 2000, p. 46</ref> Que le communisme ait participé au mouvement qui a fait tomber le nazisme ne doit pas empêcher une analyse sur les similitudes entre ces [[totalitarisme]]s et sur le caractère structurellement liberticide et inefficace du communisme.  


On peut également citer le philosophe [[Alain Finkielkraut]], qui considère que l'antifascisme a été transformé en instrument politique par l'[[URSS|Union soviétique]] de [[Staline]]. C'est [[Annie Kriegel]] qui avait la première souligné dans les milieux intellectuels français cette mythologie de l'antifascisme dans un article "Sur l'antifascisme", paru en [[1990]] dans la revue ''[[Commentaire]]''. Renzo De Felice, référence dans l'étude du fascisme, a lui aussi écrit dans le même sens. Les historiens Stefan Berger et Norman LaPorte ont pour leur part appliqué cette analyse au cas de l'Allemagne de l'Est. Ils écrivent ainsi:<ref>Stefan Berger et Norman LaPorte, "In Search of Antifascism: The British Left's Response to the German Democratic Republic during the Cold War", ''German History'' 26(4), 2008, pp.536-552</ref>.
On peut également citer le philosophe [[Alain Finkielkraut]], qui considère que l'antifascisme a été transformé en instrument politique par l'[[URSS|Union soviétique]] de [[Staline]]. C'est [[Annie Kriegel]] qui avait la première souligné dans les milieux intellectuels français cette mythologie de l'antifascisme dans un article "Sur l'antifascisme", paru en [[1990]] dans la revue ''[[Commentaire]]''. Renzo De Felice, référence dans l'étude du fascisme, a lui aussi écrit dans le même sens. Les historiens Stefan Berger et Norman LaPorte ont pour leur part appliqué cette analyse au cas de l'Allemagne de l'Est. Ils écrivent ainsi :<ref>Stefan Berger et Norman LaPorte, "In Search of Antifascism : The British Left's Response to the German Democratic Republic during the Cold War", ''German History'' 26(4), 2008, pp.536-552</ref>.
{{quote|Afin de renforcer sa crédibilité, la RDA s'est présentée délibérément comme le seul État allemand antifasciste et comme l'exact opposé de la RFA, présentée elle comme un État encore dominé par d'anciens fascistes.}}
{{quote|Afin de renforcer sa crédibilité, la RDA s'est présentée délibérément comme le seul État allemand antifasciste et comme l'exact opposé de la RFA, présentée elle comme un État encore dominé par d'anciens fascistes.}}


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Malgré la chute du mur de Berlin et le discrédit jeté sur le [[communisme]] par ses échecs systématiques et ses 100 millions de morts, le même mécanisme continue à fonctionner aujourd'hui. Crier au loup fasciste reste, malheureusement, une diabolisation efficace et une pratique courante, avec attaques verbales ou physiques<ref>« Accusée à tort de nazisme sur le net, elle crie son ras le bol », ''Le Matin'', {{lire en ligne|lien=http://www.lematin.ch/actu/suisse/accusee-tort-nazisme-net-crie-ras-bol-37463}}</ref>.  
Malgré la chute du mur de Berlin et le discrédit jeté sur le [[communisme]] par ses échecs systématiques et ses 100 millions de morts, le même mécanisme continue à fonctionner aujourd'hui. Crier au loup fasciste reste, malheureusement, une diabolisation efficace et une pratique courante, avec attaques verbales ou physiques<ref>« Accusée à tort de nazisme sur le net, elle crie son ras le bol », ''Le Matin'', {{lire en ligne|lien=http://www.lematin.ch/actu/suisse/accusee-tort-nazisme-net-crie-ras-bol-37463}}</ref>.  


La pertinence de cette appellation « antifasciste » a été logiquement remise en question, y compris à gauche, étant donné que la « menace fasciste » n'existe plus. C'est ce que déclarait l'ancien premier ministre socialiste français Lionel Jospin lors d'un entretien sur France Culture : ''« Pendant toutes les années du [[mitterrand]]isme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste. Donc tout l’antifascisme n’était que du théâtre. Nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, même pas à un parti fasciste.»''<ref>Emission Répliques avec Lionel Jospin, émission animée par [[Alain Finkielkraut]] le 29 septembre 2007</ref>
La pertinence de cette appellation « antifasciste » a été logiquement remise en question, y compris à gauche, étant donné que la « menace fasciste » n'existe plus. C'est ce que déclarait l'ancien premier ministre socialiste français Lionel Jospin lors d'un entretien sur France Culture : ''« Pendant toutes les années du [[François Mitterrand|mitterrand]]isme, nous n’avons jamais été face à une menace fasciste. Donc tout l’antifascisme n’était que du théâtre. Nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, même pas à un parti fasciste.»''<ref>Emission Répliques avec Lionel Jospin, émission animée par [[Alain Finkielkraut]] le 29 septembre 2007</ref>


D'autres analystes de premier plan soulignent la schizophrénie du mouvement « antifasciste » contemporain. Ainsi, pour Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue, l'indignation des antifascistes vis à vis de certaines dictatures est bien davantage motivée par des motifs politiques que par un réel intérêt pour le sort des populations sous le joug de dictateurs. Il écrit ainsi que « depuis les années 1970, les « antifascistes » les plus résolus ne se mobilisent jamais contre les dictateurs en exercice dans le monde et ne semblent pas s'indigner devant les multiples régimes tyranniques qui privent de liberté des millions d'hommes »<ref>[[Pierre-André Taguieff]], ''Les contre réactionnaires'', 2005, p. 27.</ref>. Pour Taguieff, l'antifascisme tombe dans le manichéisme avec ses figures sacrées comme Fidel Castro ou Mao et ses obsessions comme les [[États-Unis]] ou l'extrême droite. Ainsi, « la posture antifasciste à force de se rigidifier, se confond avec le simplisme manichéen de la mentalité [[libertaire]] la plus sectaire et obtuse »<ref>Taguieff, ''ibid.'', p. 29.</ref>. Le silence complet de ces « antifascistes » sur les attaques répétées d'[[Hugo Chávez]] sur les libertés individuelles en est une vibrante illustration.
D'autres analystes de premier plan soulignent la schizophrénie du mouvement « antifasciste » contemporain. Ainsi, pour Pierre-André Taguieff, philosophe et politologue, l'indignation des antifascistes vis à vis de certaines dictatures est bien davantage motivée par des motifs politiques que par un réel intérêt pour le sort des populations sous le joug de dictateurs. Il écrit ainsi que « depuis les années 1970, les « antifascistes » les plus résolus ne se mobilisent jamais contre les dictateurs en exercice dans le monde et ne semblent pas s'indigner devant les multiples régimes tyranniques qui privent de liberté des millions d'hommes »<ref>[[Pierre-André Taguieff]], ''Les contre réactionnaires'', 2005, p. 27.</ref>. Pour Taguieff, l'antifascisme tombe dans le manichéisme avec ses figures sacrées comme Fidel Castro ou Mao et ses obsessions comme les [[États-Unis]] ou l'extrême droite. Ainsi, « la posture antifasciste à force de se rigidifier, se confond avec le simplisme manichéen de la mentalité [[libertaire]] la plus sectaire et obtuse »<ref>Taguieff, ''ibid.'', p. 29.</ref>. Le silence complet de ces « antifascistes » sur les attaques répétées d'[[Hugo Chávez]] sur les libertés individuelles en est une vibrante illustration.
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** b. Stefan Berger et Norman LaPorte, "In Search of Antifascism: The British Left's Response to the German Democratic Republic during the Cold War", ''German History'' 26(4), pp.536-552
** b. Stefan Berger et Norman LaPorte, "In Search of Antifascism: The British Left's Response to the German Democratic Republic during the Cold War", ''German History'' 26(4), pp.536-552


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=== Articles connexes ===
* [[Nazisme]]
* [[Nazisme]]
* [[Communisme]]
* [[Communisme]]
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* [[Willi Münzenberg]]
* [[Willi Münzenberg]]


=== Lien externe ===
=== Liens externes ===
* {{fr}}[http://www.contrepoints.org/Sur-l-antifascisme.html « Sur l'antifascisme »], ''[[Contrepoints]]''
* {{fr}}[https://www.contrepoints.org/2017/10/09/300469-qui-sont-les-antifas Qui sont les antifas ?], ''[[Reason]]''
* {{fr}}[https://www.contrepoints.org/2021/10/25/409543-zemmour-ressuscite-le-petit-theatre-antifasciste Zemmour ressuscite le petit théâtre antifasciste], [[Frédéric Mas]]


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